Ibid., p. a
UeiiaÎMance <les missions «l'Extrême- Orient sous (ir«5goire XVI.
CatiseB
de celle
renaissance.
Mgr Bonnaud
dans
les Indes.
salves en l'honneur de l'idole infâme *. Si l'on ajoute à ces faits le scandale produit sur les indigènes par la mauvaise conduite de la plupart des Européens, on est obligé de reconnaître, avec un écrivain protestant, que cette conduite était faite pour porter les indigènes au mépris de la religion du Christ *.
Dieu cependant veillait sur les régions évangélisées par les François-Xavier, les Britto, les François Laynez, et leurs héroïques compagnons ; et le pontificat de Grégoire XVI devait être marqué par un remarquable développement de l'apostolat catholique dans les Indes.
Bien des causes favorisèrent ce développement. Le mouvement catholique qui se manifestait en i83o dans la jeunesse suscita un certain nombre de vocations apostoliques ; et la Congrégation des Missions étrangères, réorganisée en 1826, vit ses membres se multiplier. L'Œuvre de la Propagation de la Foi, fondée à Lyon en 1822, fournissait aux missionnaires des secours pécuniaires de plus en plus abondants. Les communications par mer devenaient plus faciles. Depuis la construction, en 181 4, du premier steamer à roues, l'art de la navigation s'était développé. Dès 1824, le Sirus faisait en dix-sept jours le trajet de Londres à New-York. D'autre part, les longs travaux, en apparence stériles, des missionnaires catholiques avaient porté leurs fruits. L'infatigable dévouement de ces hommes de Dieu, et des œuvres scientifiques comme celles de l'abbé Dubois 2, avaient contribué à faire considérer les missionnaires non plus comme des parias, mais comme des hommes de haute valeur morale et intellecluelie, et, par ce résultat d'une importance énorme, avaient préparé les esprits à accepter la prédication de l'Evangile. Le zèle exceptionnellement éclairé d'un missionnaire, Mgr Bonnaud, de la Société des Missions étrangères, sut mettre à profit, avec la grâce de Dieu, tous ces éléments de succès ^. Missionnaire aux Indes depuis 1824, nommé coadjuteur de l'évêque de Pondichéry en i833, puis vicaire apostolique des Indes en i836, Mgr Bonnaud révéla, dans ces diverses missions, les plus hautes qualités du missionnaire et de l'administrateur : la prudence unie à la fermeté,
I. Voir le Times du i4 octobre i863. Cf. Marshall, t. I, p. 245. a. CoLiH Maciensib, op. cit., t. I, p. 333.