Ilisi.gén. de l'Eglise, t. VU, p. 447-U
4. Sur Mgr Bonnaud, voir Launa-y, /i/s^ de la Société des Missions élrangir es, t. 111, p. 19.
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une intelligence très perspicace servie par une activité très souple.
Une de ses premières préoccupations fut de publier plusieurs Ses^ourrage* ouvrages d'exposition et d'apologie de la foi catholique, capables de logétique. détruire les préjugés des Hindous à son endroit. Le principal de ses ouvrages fut un exposé du catholicisme sous forme d'une histoire de l'humanité. 11 résumait l'Ancien Testament, les Évangiles, l'histoire de l'Eglise, en notant soigneusement l'apparition des hérésies, et surtout de l'hérésie protestante, qu'il réfutait, chemin faisant, en quelques pages brèves et décisives. L'ouvrage se terminait par le tableau de la doctrine et de la vie chrétiennes, telles que les professe et les pratique l'Eglise du xix' siècle, avec ses fêtes, ses sacrements, ses œuvres de piété et de charité, défendues contre les objections que lui opposent ses adversaires. La seconde préoccupation du grand mis- ^^* ^5°"^'*. sionnaire fut la formation d'un clergé indigène. Il fonda à Pondi- ^n clergé chéry un grand et un petit séminaire, séparant nettement le pre- mtligènc. mier du second, et déchargeant les professeurs de l'un et de l'autre établissement de tout service étranger à leurs fonctions. Les séminaristes commençaient par être complètement séparés du monde, pour se donner tout entiers à la formation d'une vie intérieure solide ; mais, avant d'être appelés aux ordres majeurs, ils étaient chargés d'accompagner et d'aider les prêtres dans leurs courses apostoliques.
La réunion de plusieurs synodes, où furent convoqués tous les Sesrèglemei;i» ' . . , ,. .1- r • i- 1 • 1 11' • 1 SYnodaux.
missionnaires séculiers et réguliers, tut aussi i objet des sollicitudes du zélé prélat. Le plus important de ces synodes fut celui de i844. qui se tint à Pondichéry et fut pour les Indes ce que le syiK)de de Se-Tchuen avait été pour la Chine * . Enfin l'éducation de la jeunesse fut l'objet des soins particuliers de Mgr Bonuaud, qui fonda plusieurs écoles, dirigea lui-même, à la demande du gouvernement fiançais, le séminaire colonial 2, et inaugura en 18^6, à l'encontre des préjugés les plus vivaces des populations de l'Inde 3, des collèges de jeunes filles, confiés à une congrégation de Religieuses.
11 est facile de suivre, d'après les Annales de la Propagation de la P'^^grès du Foi, les progrès de la mission des Indes depuis 1820. Vers 1821, dans les Indci. un missionnaire écrivait : « Je suis étonné de la foi des chrétiens que
I. Launat, op. cit., t. UI, p. i/ia-147. Cf. Hist. gén. de lEcjlise^ t. VII, p. ^49- 45o.
a. Le séminaire colonial est confié, depuis 1879, aux Pèresdu Saint-Esprit, 3. Dijiiois, Mirurs rfes peuples de llnde^ î vol. in-S", Paris, iS?5, l, l, p. ^76
3l8 HISTOIRE GÉNÉRALE DE L*ÉGLISB
je rencontre ^ » En 1829, le P. BonnaucI, depuis évêque, faisait une constatation pareille 2. En i838, le P. Garnier, jésuite, relatait que, malgré beaucoup d'ignorance et bien des pratiques superstitieuses, « les chrétiens des Indes étaient bien disposés, disant en commun les prières du matin et du soir, accompagnant cette dernière d'une lecture spirituelle, et s'approchant des sacrements à l'arrivée du missionnaire» 3. En 18^9, le P. Louis de Saint-Cyr constatait que « dans un certain rayon autour de la résidence des missionnaires, presque tous les villages étaient chrétiens * » ; et, Tannée suivante, Mgr Borghi, vicaire apostolique d'Agra, disait : « Bien qu'environnée par les sectes, notre Eglise progresse, au milieu d'elles, d'un pas lent et ferme ^. »
Les missions de l'Inde furent toutefois pour le souverain pontife
une cause de tristesse ; et cette tristesse fut d'autant plus grande,
que la responsabilité pouvait en être attribuée aux agissements d'une
puissance catholique, le Portugal.
liSecliisme Pour combler les vides qui s'étaient produits dans le clergé de
di» Goa. leurs colonies, en particulier dans le diocèse de Goa, les Portugais
avaient fait ordonner, sans préparation sacerdotale suffisante, des
prêtres indigènes ou métis, dont la conduite peu édifiante avait donné
au clergé « goanais » une fâcheuse réputation et pouvait discréditer
gravement la religion catholique. En prenant possession du Siège
apostolique, Grégoire XVI, déjà mis au courant de la situation par
la charge de préfet de la Propagande qu'il venait de remplir, pensa
Mesures prises q^Je la première mesure à prendre pour rendre leur ancien lustre aux
P*'" missions d'Extrême-Orient, était de mettre fin aux scandales que le
Grégoire XVI 1 t. 1 • * i ti
pour restaurer gouvernement de Lisbonne ne savait pas empêcher, il commença la discipline donc à instituer dans l'Inde des vicariats apostoliques, et les confia rlans à diverses sociétés de missionnaires. Ainsi furent établis, en i834 et
les colonies i835, les vicariats de Geylan, de Sirdhana, de Bengale, et, en i836, u^ais s. ^^^^^ ^^ Madras et de Pondichéry. Le gouvernement portugais protesta. Le pape répondit à cette protestation par la bulle Multa prae*