‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 159 sur 374 · I. P0U6BO», op. eii.y i. I, p · texte numérisé non relu

I. P0U6BO», op. eii.y i. I, p

par un

enthousiasme

universel.

PIE IX ET LES ÉTATS PO?fTIFICAUX 337

se couvrait d'une teinte religieuse et chrétienne, ne se défendaient

pas d'acclamer un pape qui jadis avait accueilli leurs frères de Spo- il est tccuellK

lèle avec des paroles de bonté et de paix. Quelques-uns ajoutaient

que, par les traditions de sa famille et par ses sentiments personnels.

Pie IK n'était point hostile aux tendances libérales ; qu'un de ses

frères s'était trouvé compromis dans les insurrections de i83i * ; que,

tout au moins, il n'était « ni moine ni étranger », et que, né sur le

territoire qu'il allait gouverner, il saurait prendre en main la cause

de l'indépendance nationale *. Le résultat de toutes ces impressions,

de tous ces souvenirs, de tous ces raisonnements, fut un enthou-

sia?me général. « Rien peut-être, écrit Louis Veuillot, n'égala jamais

l'bosanna des premiers jours de ce règne. Le monde eut comme un

éblouissement de tendresse ^. »

Ce qui paraît incontestable, c'est que le nouveau pape, sans avoir jamais fait jusque-là œuvre politique, se rattachait nettement, par ses personnelles sympathies autant que par ses antécédents de famille, à ce qu'on appelait alors l'école nationale. Entre l'école révolutionnaire, qui, pour arriver à son but, l'affranchissement de l'Italie, était décidée à passer sur toutes les lois et sur tous les devoirs, à sacrifier le pouvoir temporel des papes et à réaliser l'unification de l'Italie par la démocratie, et l'école conservatrice, baptisée du surnom d'allemande ou tedesca, qui cherchait le mot d'ordre en Autriche, se prononçait pour le statu quo de tout ce qui avait été réglé {)ar les traités de Vienne, et se flattait d'arrêter tout mouvement contraire par la force des armes, une troisième école s'était formée en Italie, dont les racines étaient profondes parmi le peuple. On l'appelait généralement l'école nationale. Elle prétendait rejeter la tutelle des étrangers et réclamer l'autonomie de l'Italie, en respectant les droits de l'Eglise, et sans entraver en rien l'exercice des pouvoirs établis. « Autant, dit un historien, Pie IX s'écartait de l'école révolutionnaire, autant l'éducation qu'il avait reçue et ses aspirations

Trois partis politique!

en Italie.

Le parti révolutionnaire.

Le parti conservateur^

Le parti national.

I. Lettre de l'ambassadeur de France, Rossi, au ministre des affaires étrangères, Guizot, à la date du 17 juin i846. (Guizot, Mémoires, t. Mil, p. 34i-342.; — <k In casa dei Mastaï, avait dit un jour Grégoire XVI, tutti sono liberuli, Jino algalto. Chez les Mastaï, tout le monde est libéral, jusqu'au chat de la maison. » L'authenticité de celte parole a été contestée (L. Velillot, Pie IX, Grandes figures catholiques, p. 2()) mais J.-B. de Rossi l'a maintes fois attestée, déclarant tenir le propos d« ton père, familier de Grégoire XVI.

Page 1