‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 16 sur 374 · Mercury de France, octobre 181 7, p. bg · texte numérisé non relu

Mercury de France, octobre 181 7, p. bg

Influence désastreuse

de 1 éducation universitaire

* celîe époque.

Timides

palliL^fs

apportés

par le

gouvernement

Je la Kestauration.

Mgr Frays-

sinous

est nommé

Grand Maître

de l'Université.

éloquent : « On veut que la raison individuelle soit indépendante de toute loi, indépendante de Dieu même, et on attribue au gouvernement le droit d'asservir la raison de la société entière en s'emparant de l'instruction * ! » Défait, les élèves de l'Université subissaient alors, de la part de leurs maîtres, la plupart gagnés à l'impiété, une influence généralement fâcheuse, parfois détestable.

Lacordaire a raconté dans ses Mémoires combien sa mère maudissait r Université, qui avait ravi la foi à ses fils ^. « Combien, dit un éminent historien de cette époque, n'avons-nous pas connu de vieillards qui ne pouvaient se reporter à leurs souvenirs de collège sans en parler avec dégoût et indignation s. »

Le gouvernement de la Restauration eut recours à de timides palliatifs. Non seulement il ferma les yeux sur la rentrée des jésuites dans les petits séminaires, mais il permit à ces établissements de recevoir tous les élèves qui s'y présentaient en vue d'entrer plus tard dans les carrières laïques. Ces maisons devenaient ainsi de véritables collèges. Il laissa aussi se former des pensions religieuses, qui devaient conduire leurs élèves aux collèges royaux, mais qui éludaient cette obligation par divers artifices*. Une ordonnance royale du 27 février 182 1 alla plus loin. Elle régla : i** que l'évêque, pour ce qui concerne la religion, aurait le droit de surveillance sur tous les collèges de son diocèse (art. 11 4) *» 2° que les maisons particulières qui avaient mérité la confiance des familles pourraient être élevées au rang de collèges « de plein exercice » (art. 21, 22, 23) ; 3° que les curés ou desservants pourraient se charger de former deux ou trois jeunes gens pour les petits séminaires. Enfin, le i*"" juin 1822, Mgr Frayssinous, évêque d'Hermopolis, fut nommé Grand Maître de l'Université et président du conseil royal de l'Instruction publique. Le savant et pieux prélat, que ses Conférences de Saint-Sulpice venaient de rendre célèbre, paraissait bien être l'homme de France le plus qualifié pour « sauver l'institution en l'abritant à l'ombre d'un grand nom ^ ». Mais il ne se dissimula pas les insurmontables difiicultés de sa tâche.

I, Conservateur, t. 1, p. 687.

a. « Un nuage de tristesse traversait le cœur de celte femme bénie, lorsqu'elle venait à songer qu'elle navait plus autour d'elle un seul chrétien, et qu'aucun de ses enfants ne pouvait Taccompagner aux mystères sacrés de sa religion ».

3. Thureau-Dangin, les Libéraux et la liberté sous la Restauration, dans le Correspondant du ab mars 1876, p. gSS.

4. Chabot et Gharléty, Hist. de l'ens. second, dans le RIxône, 1901 ; Blrhichos, op. cit., t. l'\ p. 79 et s. ; 222-3o5.

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