‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 17 sur 374 · Hbnrion, Vie de Mgr Frayssinous, t. II, p · texte numérisé non relu

Hbnrion, Vie de Mgr Frayssinous, t. II, p

ÉTAT POLITIQUE, SOCIAL ET REMOfEUX DU MONDE CHRETIEN 53

A des amis, qui le félicitaient, il répondit avec tristesse : « La Proyidence a voulu me cliâlier, en m'accablant d'un fardeau au-dessus de mes forces ; je ne pourrai faire le bien qu'on attend de moi. » Effectivement, l'influence du nouveau Grand Maître devait se borner à su])primer un certain nombre de scandales. L'esprit irréligieux de l'Université subsistait dans son ensemble. Le jeune Montalembert, élève au collège de Sainte-Barbe, devait y rencontrer cent vingt incrédules, et compter trente élèves de sa classe qui affectaient de ne pas croire à la divinité de Jésus-Christ. Mais la presse catholique commençait à soulever l'opinion publique. Une lettre ouverte de La Mennais au Grand Maître, publiée dans le Drapeau blanc, et révélant de nombreux scandales dans les établissements de l'Université, eut un retentissement immense *. C'était le début de la campagne qui, menée, avec des intermittences, jusqu'en i85o, devait aboutir à la seule réforme efBcace, à la liberté de l'enseignement.

Le fait qu'un tel mouvement d'opinion fût possible en iSaS, était déjà un signe que le voltairianisme n'avait pas complètement desséché les âmes. Le succès que venait d'obtenir V Essai sur F indifférence était un autre signe^. 1828, c'était le moment où JoufTroy, réunissant quelques élèves d'élite dans son modeste appartement de la rue du Four, « leur parlait du beau, du bien moral, de l'immortalité de l'àmeou de quelque autre de ces vérités, alors presque nouvelles, du christianisme ^ » ; où Vigny, Soumet, Victor Hugo, Nodier formaient, dans le fameux salon de l'Arsenal, ce premier Cénacle, qui devait créer le mouvement romantique *. Royer-Collard venait de signaler aux vieux partis l'avènement d'une < nation nouvelle », et Guizot avait parlé de « cette jeune génération, l'espoir de la France, que la Révolution et Bonaparte n'avaient ni brisée ni pervertie ^. » Un enthousiasme mal réglé devait, bien souvent, entraîner cette génération nouvelle vers le rêve infécond, vers Tutopie ruineuse, vers l'action désordonnée ; mais sous ses folles ambitions, sous son libéralisme équivoque, un souffle chrétien, que beaucoup d'entre eux

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I. LAMinifAis, Œuvres complètes, t. "VIIÎ, p. 355. Le Drapeau blanc fut poursuivi et condamné. Voir son procès dnns la Gazette des tribunaux de 1828. Voir aussi le Journal des Débats du 3 septembre i8a3.

a Sur le succès de VEssai sur V indifférence, voir Boutard, Lamennais, t. I'*', p. i54-i56, et Lacordaire, Consid. philos sur le syst. de M. de La Mennais, ch. i.

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