‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 162 sur 374 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

si loin de Tadopler, que, dans sa première encyclique, datée du 9 novembre 1846, on peut remarquer, en germe, la réprobation des principales erreurs que devaient condamner plus tard l'encyclique Quanta cura, le Syllabus et les deux Constitutions du concile du Vatican. Pie IX y dénonce, en termes des plus énergiques, « cet épouvantable système d'indiiïérence qui ôte toute distinction entre la vertu et le vice, la vérité et l'erreur » ; il y démasque « ces sectes secrètes, sorties du sein des ténèbres, pour la ruine de la religion et des Etats » ; il y flétrit « l'exécrable doctrine du communisme, qui ne pourrait s'établir que par la ruine des droits et des vrais intérêts de tous » ; il y condamne la théorie du progrès absolu dans l'humanité, « qui devient sacrilège quand on veut l'introduire dans la religion catholique, comme si celte religion était l'œuvre des hommes et non l'œuvre de Dieu » ; il y proclame enfin « l'existence d'une autorité vivante et infaillible dans l'Eglise, que le Seigneur Christ a bâtie sur Pierre, chef, prince et pasteur » *.

De son

prétendu

libéralisra*

religieux.

Sa premier*

encyclique

(9 novembre

Les sectaires, qui avaient escompté, sinon la complicité inconsciente, du moins le silence timide de Pie IX, pour exécuter leurs desseins, feignirent d'ignorer ces sages restrictions et ces déclarations opportunes. Il fut bientôt évident que les améliorations de l'Etal romain, qu'ils applaudissaient avec frénésie, comptaient peu dans leurs préoccupations. « On reconnut bientôt, écrit Guizot, et le pape reconnut bientôt lui-même qu'il était en présence d'intérêts et de problèmes bien plus vastes... L'idée de l'unité nationale, monarchique ou républicaine, apparaissait et montait sur l'horizon. A peine entré dans la carrière des réformes romaines. Pie IX voyait s'ouvrir devant lui la perspective des guerres et des révolutions italiennes*. » Il y avait plus encore. « Les sociétés secrètes, profitant de la fausse situation faite au pontife, s'emparèrent de l'espèce d'ivresse qui régnait partout. A Rome et dans les provinces pontificales, les émissaires les plus habiles des Ventes et des^ Loges furent mis en campagne. Ils parvinrent à s'insinuer dans toutes réunions et dans toute*

Vrais dètiemi

des sectaires

révolulion-

ntiret.

Ils cherchent

à compromettre le nouveau pape dam leurs menée*.

pEnzraGBB-BA.KifWA.RT, p. 1 634" 1689 ' Chaiitrbl, Annales ecii^siasliques, t. I, p. 3-3.

a. Glizot, Mémoires, t. VIII, p. 35a.

Ui

Imjuiétude

des cours

de l'Europe.

L' < émeute

permanente

des OYations )> .

les classes de la société. Ils agirent sur le clergé, la noblesse, la bourgeoisie, le petit peuple. Ils créèrent un« opinion factice par leurs discours hardis, leurs feuilles quotidiennes, leurs livres, leurs brochures et leurs fêtes populaires ^ Ils s'ingénièrent, par la voie de la presse, à faire passer Pie IX, par toute l'Europe, pour l'auteur des manœuvres odieuses dont seuls ils étaient les artisans. C'est ainsi qu'ils firent de lui l'adversaire déclaré des jésuites et du Sonderbund, et l'implacable ennemi de l'Autriche -. » Le parti national libéral affectait aussi de regarder comme un de ses chefs le pape Pie IX,. qui avait, disait-on, « trouvé du génie dans sa conscience ^ ».

Les cours de l'Europe s'émurent. L'ambassadeur de France à Rome, Rossi, écrivait à son gouvernement : « La popularité du pape est presque entière ; je crains seulement qu'il n'en abuse, croyant pouvoir s'y endormir comme sur un lit de roses* ». Et le ministre Guizot lui répondait, en exprimant le vœu que Pie IX sût « reconnaître, d'un œil pénétrant, la limite qui sépare, en fait de changement et de progrès, le nécessaire du chimérique, le praticable de l'impossible, le salutaire du périlleux ^ ». La cour de Vienne, qui se croyait plus directement menacée, déclarait, par la plume de Metternich, qu' « elle regardait comme étant en révolution tout Etat dans lequel le pouvoir avait, de fait, passé d'entre les mains de l'autorité légale dans celles d'un autre pouvoir ; or elle ne mettait pas en doute que ce déplacement n'eût eu lieu dans l'Etat romain s. »

Ces appréhensions n'étaient pas sans quelques fondements. Si le peuple manifestait au pontife une sincère reconnaissance pour ses bienfaisantes réformes, les sectaires en abusaient. Des amnistiés rentraient en triomphateurs. Des journalistes se servaient des franchises qui venaient de leur être accordées, pour demander à grands cris de chimériques innovations. Les uns et les autres profitaient de la liberté de la rue pour organiser, comme on Ta dit, u Fenthousiasme populaire en une émeute permanente^^l'émeute des ovations*^ ». « La sédition, portant des fleurs, écrit Veuillot, se jetait à genoux devant le

I. Deschaups, les Sociétés secrètes et la société, t. II, p. a85» a. Van Duerm, op. cit., p. 173-174.

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