I. Chahtrel, AnnaleSy p
Ilist. gén. de l'Eglise. -- Vlll sS
HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉOMSB
M '.moire
diplomatique
du cardinal
Antonelli
(i8 février
Le cardinal
Antonelli,
secrétaire
d'Etat.
tretenîr sur l'attitude du pape était définitivement dissipée. Les représentants des puissances européennes, à l'exception de l'ambassadeur des Etats Sardes, quittèrent aussitôt Rome, et rejoignirent Pie IX à. Gaëte ^ Mais le parti qui s'était emparé du pouvoir ne reconnut pas l'autorité de la commission instituée par le pape. Elle ne put fonctionner. Mamiani lui-même, débordé par l'élément exalté et indiscipliné des sociétés secrètes, dut leur laisser la place libre. Quant à Pie IX, du fond de son exil, il ne laissa passer aucun attentat contre les droits du Saint-Siège sans renouveler ses protestations. Le 17 décembre, il déclara nulle la junte d'Etat convoquée à Rome par le pouvoir usurpateur*; le i" janvier 1849, '^ rappela le canon du concile de Trente qui prononce l'excommunication contre les violateurs des droits de l'Eglise ^ ; le i4 février, en présence du Sacré-Collège et du corps diplomatique, il dénonça la nullité de tous les actes accomplis à Rome par le parti révolutionnaire et protesta particulièrement contre l'établissement de la République romaine, qui venait d'être proclamée *. Le i«8 février, un mémoire diplomatique du cardinal Antonelli, secrétaire d'Etat, mit les puissances de l'Europe au courant des événements qui s'étaient accomplis à Rome depuis le mois de novembre précédent, et les supplia, au noin du Saint-Père, de « concourir, par leur intervention morale, à le rétablir sur son siège et dans la capitale de ses domaines, garantis par tous les traités qui forment la base du droit public européen » ^.
Cet important mémoire était le premier acte diplomatique d'un homme d'Etat qui devait jouer un rôle considérable dans la politique européenne. Jacques Antonelli, né en 1806, avait, sous le pontificat de Grégoire XVI, géré le sous-secrétariat d'Etat au ministère de l'intérieur, puis la trésorerie de la Chambre apostolique. Pie IX, appréciant sa souplesse, son tact, son expérience consommée dans les affaires administratives et politiques, le fit entrer dans le Sacré- Collège dès le début de son règne, et le nomma même, au mois de mars 18/48, président du conseil des ministres non responsable devant le parlement. Rossi, pendant son court ministère, avait paru le maintenir au second plan ; mais, pendant son exil de Gaëte, Pie IX
1. Card, Mathieu, la Souveraineté pontificale justifiée par l'histoire, p. 629.