‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 174 sur 374 · Ibid., p. 3i3-3i · texte numérisé non relu

Ibid., p. 3i3-3i

HISTOIRE GÉNÉRALE DB l'ÉGLISE

L'attitude de V Univers.

Deux centres

d'action

Catholique

se dessinent.

Le projet de Salvandj

sur l'enseignement

Il refait l'union

entre lés catholiques

mais ne provoque

pas

une camj^agne

très aclive.

parla avec estime du comte de Montalembert, « ce vrai champion de la bonne cause », dont « le nom seul, ajouta-t-il, est un éloge* »» Louis Veuillot, de son côté, raillait, dans ï Univers, « la manie de tracer au souverain pontife la marche qu'il doit suivre pour procurer la paix* ». Sans doute, en parlant ainsi, le polémiste catholique avait surtout en vue le ConstiluLionnel et le Siècle, prêts à louer « la sagesse et la piété du pape, s'il avait assez d esprit pour accepter la dédicace du Juif errant ^ » ; mais il avait aussi un mot de défiance pour « ces hommes estimables, dont personne plus que lui n'honorait le courage et les bonnes intentions » ; et il terminait son vigoureux article eu disant : « Pie IX appliquera aux temps nouveaux les vérités anciennes, et le monde fera un pas dans le salut*». Bref, deux centres d'action catholique se dessinaient : 1 un, dans le Comité de défense des libertés religieuses, où Montalembert et Dupanloup inclinaient vers une politique de transaction ; l'autre, dans ï Univers, où Veuillot poussait à une tactique d'intransigeance.

La divergence des tendances se manifesta à propos d'une brochure de l'abbé Dupanloup, De l'état actuel de la question, où Veuillot crut reconnaître nn blâme de son attitude dans une phrase de l'auteur sur « les partis extrêmes ^ ». Un projet de loi hybride de Salvaudy sur la liberté d'enseignement, dans laquelle le ministre, suivant ses propres expressions, avait cru devoir, u pour être utile aux bons principes, ménager les mauvais <^ », refit l'union, un moment compromise. Louis Veuillot écrivit : « M. de Salvandy aurait pu nous diviser ; il nous rassemble, c'est le premier service qu'il nous rend. » Un vaste pétitionnement fut aussitôt organisé, pour la défense de la liberté d'enseignement, qui réunit en peu de temps 125.000 signatures. Mais, soit que la divergence profonde de tendances dont nous venons de parler persistât dans l'action commune et la paralysât dans ses mouvements, soit que la politique relativement bienveillante du gouvernement eût endormi le zèle de l'épiscopat, soit que les équivoques habilement entretenues sur le prétendu libéralisme de Pie IX eussent donné le change à l'opinioû, la cam-

I. Lecanubt Montalembert, II, p. 3 1 6-3 17, a. Univers du 34 juin i846.

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