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PIE IX ET l'église de FRANCE 3 69

pagne ouverte en 18/I7 ne souleva pas l'enthousiasme dont les catholiques de France avaient donné en 18U le magnifique spectacle ; et Montalcmhert, dans une lettre de cette époque, railla avec amertume ces catholiques français, lourdement engourdis, qui « cntr'ouvraient un moment leur paupière, quand un fait par trop significatif faisait assez de ]3ruit pour troubler leur paix, et, làdessus, se retournaient sur le flanc, se cachaient la tête sous n'im- ])orte quel voile grossier, pour fuir la lumière importune^ ». 11 il Mut la grande secousse de i848 pour les faire se lever de nouveau, unis et frémissants, pour la défense des libertés religieuses.

Il ne nous appartient pas de nous appesantir sur les causes loin- ^* Révolution taines et prochaines de la révolution de i848 et sur les divers inci- causes

dcnls de cet important événement politique. Le caractère instable lointaines

. . . . . et prochaines,

de la monarchie de Juillet, qui, pour faire un compromis entre le

principe de l'hérédité et celui de la souveraineté nalionale, ne s'était assuré d'appui solide ni dans l'aristocratie ni dans le peuple ; la coalition de tous ceux qu'elle excluait du droit de suffrage pour insuffisance de capitaux, coalition qui unissait aux travailleurs de la ville et des champs nombre d'hommes de lettres et d'artistes ; le mécontentement de ceux en qui vivait le souvenir des gloires de l'Empire et qui rougissaient de voir la France pratiquer la politique de « la paix à tout prix » ; les griefs de l'Eglise, jetée comme malgré elle dans l'opposition par des tracasseries empreintes d'esprit voltairien et par le refus obstiné d'une loi sur la liberté d'enseignement ; plus profondément encore, un mouvement d'idées, d'aspirations d'un caractère plus social que politique, et dont les écoles socialistes d'une part, l'école de ï Avenir de l'autre, avaient été les principales manifestations : telles furent les causes de la révolution qui, en trois jours, transforma le gouvernement français de monarchie en république et eut son retentissement dans l'Europe entière.

Tandis que les républicains se montraient, suivant l'expression de Accueil fait Sainte-Beuve, « surpris et comme épouvantés de leur propre caKoliques su,ccès », les catholiques ne tremblèrent pas, témoignèrent au con- à la nouvelle

République.

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