‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 177 sur 374 · Correspondant, t. XXt, p · texte numérisé non relu

Correspondant, t. XXt, p

3. Univers au 37 février i848. Cl". Univers des ic, a, 6 et i5 mars.

PIE IX ET l'ÉGLîSE de FRA^tCB 871

découvrir, escorter pieusement le crucifix et les vases sacrés, jusqu'à

réglise Saint-Roch, s'agenouiller pour recevoir la bénédiction du

prêtre, puis se séparer aux cris de : « Vive le Christ ! Vive la liberté !

Vive Pie IX M » Quelques jours plus tard, le président du gouver- Parole*

ncment provisoire, recevant l'archevêque de Paris, Mgr Afîre, lui bienveil^Iante»

disait : « La liberté et la religion sont deux sœurs également inté- représentanu

ressées à bien vivre ensemble ^. » gouver-

. , , I . . nement.

Deux résultats, d'une importance capitale, semblaient acquis :

l'accord de tous les catholiques entre eux, pour une même action, avec le même programme, et l'accord des catholiques avec les masses populaires. Au soir du 24 février, dans les bureaux de Y Uni- Union dei vers. Veuillot, Lacordaire et Falloux s'étaient réconciliés; Veuillot catholiques avait consenti à prendre pour mot d'ordre la liberté de droit com- tous les pariii. mun ; Montalembert, qui, quelques jours auparavant, à propos du Sonderbund, n'avait pas caché, à la Chambre, son aversion pour la démocratie, et Falloux, qui s'était toujours proclamé légitimiste, avaient fait adhésion à la République. Bientôt, sur un mot d'ordre communiqué par Berryer et la Rochejaquelein, les royalistes fidèles à la branche aînée des Bourbons, allaient se rallier, à leur tour, au gouvernement républicain 3. Leur patriotisme ne leur permettait pas de lui créer des difficultés au moment 011 l'ordre social pouvait être menacé ; et leur foi politique s'accommodait plus aisément du gouvernement provisoire acclamé par le peuple le 2^ février que du régime bourgeois inauguré par le fils de Philippe-Egalité. Quant à l'union de l'Eglise et du peuple, le dimanche 27 février, du haut Unîon

de la chaire de Notre-Dame, l'abbé Lacordaire, aux applaudisse- *^* * Eghse , , . ci du peuple.

meuls d une foule immense, la constatait en ces termes : « Grâce à Dieu, nous croyons en Dieu. Si je doutais de votre foi, le peuple n'aurait besoin que d*un regard pour me confondre, lui qui, tout à l'heure, au milieu même de l'enivrement de sa force, après avoir renversé plusieurs générations de rois, portait dans ses mains soumises, et comme associée à son triomphe, l'image du Fils de Dieu fait homme* ». « A ces mots, écrivait le lendemain le Journal des DcbatSy une émotion irrésistible a entraîné tout l'auditoire, et a éclaté en applaudissements que la sainteté du lieu n'a pu contenir.

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