I. CuÀ>tTusL, Annales eceUsiaMiques, p
Agitation «ocialiste.
Intervention
de Frédéric
Ozanam.
c Passons
aux barbares. »
présentèrent. En trois mois, l'entreprise devait coûter sept millions*. Dans le club de la /?6'uo/u//o/i organisé par Barbes, dans celui delà Société centrale républicaine dirigé par Blanqui, dans celui des Amis du peuple présidé par Raspail, les esprits s'agitaient. Des feuilles socialistes, V Atelier, \ePopulaire, h Réforme, \e Représentant du peuple, faisaient entendre des réclamations quotidiennes. Au mois de mars, sous prétexte de répondre à une manifestation des gardes nationaux, en réalité pour trouver le temps de préparer une campagneélectorale, une c'»ntre-manifestation de cent mille ouvriers se porta vers l'Hôtel de "^'ille, demandant l'ajournement des élections, fixées par le gouvernement au 9 avril. Elles eurent lieu le 23 du même mois, et ne rlonn^rent pas aux socialistes le succès qu'ils escomptaient. Ceux-ci, une fois de plus, eurent recours à lémeute. Un soulèvement de Polonais dans la duché de Posen en fut l'occasion. Le i5 mai, une foule houleuse, aux cris de : Vive la Pologne I envahit la salle des séances de l'Assemblée, et proclama un gouvernement provisoire composé de Louis Blanc, Raspail, Barbes, Blanqui et de quelques autres chefs du parti ouvrier. Le général Ghangarnier, accouru avec la garde mobile, dispersa l'émeute ; mais cette journée était le prélude d'une insurrection plus sérieuse.
Les catholiques n'étaient pas restés indifférents à cette agitation sociale. Un fervent chrétien, qui, jusque-là, avait semblé absorbé par des préoccupations d'œuvres charitables et de travaux historiques, Frédéric Ozanam, avait pris l'initiative d'un mouvement social catholique. Déjà, dans un article publié par le Correspondant du 10 février 18:^8, Ozanam, comparant l'avènement de la démocratie au XIX* siècle avec la pénétration du monde barbare dans la société gréco-romaine, et l'attitude du pape Pie IX avec celle des papes du VI* et du IX* siècle, avait écrit : « Sacrifions nos répugnances et nos ressentiments, pour nous tourner vers cette démocratie, vers ce peuple qui ne nous connaît pas... Passons aux Barbares, et suivons Pie IX 2. »
Après la révolution de i848, Ozanam songea à propager ses idées par la voie d'un journal. Fonder un journal, à cette époque, n'était pas chose très difficile. Il ne s'agissait que de réunir quelques amis, et d aller trouver un imprimeur : avec de l'argent, sans doute ; mais