Moniteur du 16 janvier 1800, p. 170, col. i
PIE IX ET l/ÉGLl»E DE FRANCE 38 1
meillcîur étail la suprême certitude de sa raison, comme elle était la suprême joie de son âme » ; mais il ajouta qu'il ne voulait pas de l'enseignement de l'Eglise, ou plutôt qu'il voulait l'Eglise chez elle, et non pas à l'école. « Je m'adresse au parti clérical, ajoutat il, etje lui dis : Celte loi est votre loi Je me défie devons. Instruire, c'est construire. Je me défie de ce que vous construisez. Je ne veux pas vous confier l'avenir de la France, parce que vous le confier, ce serait vous le livrer^. » Puis il évoqua les souvenirs des prétendus martyrs de l'intolérance cléricale : Gampanella, Harvey, Galilée, Molière et Pascal ^,
Du côté droit de la Chambre, le projet fut combattu par l'abbé de Cazalès et par M. d'Olivier. Le premier protesta contre le projet de loi en général, parce qu'il avait été présenté sans consultation préalable de l'épiscopat et du pape ^, et tout particulièrement contre l'introduction des évêques dans les conseils, a côté des rabbins et des pasteurs protestants. M. d'Olivier insista sur ce dernier point : « Par l'introduction officielle, dans vos Conseils, des ministres de tous les cultes, s'écria-t-il, vous consacreriez l' indifférence religieuse. Mais de l'indifférence au scepticisme il n'y a qu'un pas, et du scepticisme à la négation de toute croyance il n'y a pas loin. Or, c'est cette négation qui nous a conduits au bord de l'abîme *. »
Les principaux défenseurs du projet furent Vatimesnil, Montaleuibert et Thiers. Vatimesnil s'attacha à dissiper les craintes des catholiques, dont l'abbé de Cazalès s'était fait l'interprète. Il montra l'Eglise, à travers l'histoire, ne refusant jamais de négocier avec l'Etat pour la conclusion de concordats et d'arrangements de toutes sortes. « Si l'Eglise, dit-il, avait craint de se compromettre en 1801, nos temples seraient encore fermés ^. » Moutalembert s'a- Discours dressa successivement aux deux partis, qu'il voulait con\aincre : aux Montalembcrt. libéraux conservateurs, à qui il montra l'action de l'Eglise sur la jeunesse comme un moyen puissant de défense contre les forces révolutionnaires ; puis, aux catholiques d'extrême-droite, à qui il essaya de montrer la légitimité et les avantages d'une collaboration a. ec les hommes du centre gauche, u Messieurs, s'écria-t-il, j'ai
I. Moniteur du i5 janvier i85o, p. 172, col. 2. 2 Ibid , col. 3.