Moiiileur du 19 janvier i85o, p. 209, col
3. Ibid., p. 21J, col. 2 ; Lagra.nge, Vie de Mgr Dupanloup, t. I, p. 5i5.
4. Voir le texte de la loi dans Rivière, Hélie et Paul Pont, Lois usuelles, p. 3o4 et s. Cette loi a été modifiée par plusieurs lois suivantes, notamment celles du 9 mars i852, du i4 juin i854, du 3o octobre 1866, du 10 avril 1867, du 27 février 1880, du II décembre 1880, du 7 juin 1881, du 28 mars 1882, du 3o octobre
PIE IX ET L ÉGLISÏ DE FHANCE
pés. Puisse cette éventualité se réaliser. Notre amour-propre ne peut pas recevoir de blessures quand l'intérêt de l'Eglise est sauvé K » De son côté, la presse hostile à l'Eglise manifesta avec véhémence son irritation. « A l'heure qu'il est, lisait-on dans le National, les congrégations sont deux fois maîtresses de l'enseignement en France ; car la loi vient de leur livrer tout ensemble l'enseignement libre et l'enseignement public*. »
Que devaient faire les catholiques ? On consulta Rome. Par une lettre adressée le i5 mai i85o à tous les évêquesde France, le nonce apostolique répondit, au nom du Saint-Père, qu'il fallait accepter la loi. « Sa Sainteté, dit-il, ne peut oublier que l'Eglise sait, dans l'intérêt de la société chrétienne, supporter quelque sacrifice compatible avec son existence et ses devoirs ^. » La soumission de l'Univers fut prompte et entière. « Plus notre opposition a été vive, écrivit Louis Veuillot, plus il importe qu'aucun nuage ne puisse s'élever sur l'intégrité et la sincérité de notre soumission aux directions du Vicaire de Jésus-Christ *. »
La suite des événements donna raison aux partisans de la loi. Elle fut le point de départ d'un merveilleux développement de l'enseignement catholique. De i85o à i852, 267 établissements catholiques d'instruction secondaire furent fondés. En i854, on en comptait déjà 108 1. « La loi de i85o, a écrit excellemment un écrivain catholique et royaliste, François Poujoulat, a été une loi de transaction ; mais elle a été en même temps une loi de salut ^. »
Le pape demande aux calboliqncs de l'accepter.
Soumissioa de l'Univers,
'Bienfaits de
U loi de i8jo
sur l'ensei-
gaemeut.
YI
La préoccupation du salut social, le désir de défendre la société contre les doctrines dissolvantes du socialisme, avaient été pour beaucoup dans l'évolution qui avait décidé Thiers et ses amis à
Le péril socialiste.