‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 187 sur 374 · I. Univers du 17 mar» i85o · texte numérisé non relu

I. Univers du 17 mar» i85o

2 Cite par l'Ami de la religion, l. GXLVII. p. 44o.

3, Ami de la religion, t C\L\ III, p. 34-

4, Univers du a4 mai i85o. Quelques catholiques n'imitèrent pas cette soumission. Le Moniteur catholique, feuille exaltée, essaya de démonlrtr que le pape désapprouvaitla loi ((//u'ue/'sdu 34 mai i85oel Ami (f« la r<r//<^/ort, t. CXLVIII. p. i55). Lévèque de Chartres, Mgr Glausel de Montai», refusa, seul de 1 épiscopal, à obtempérer à la direction donnée par le pape (Voir sur ce fait Ba.u:»ard, liisl. du card. Pie, t, I,

5, Cité par H. db La.combb, les Débats de la commission de 18U9, p. 34o.

Nouvelle

altitude du parkigodaliflle.

Le plan du prince Louis Napoléon Bouaparte.

Le coup d'Etat

du

a décembre

Restauration

de lempire (i853).

combattre pour la liberté de l'enseignement catholique. Or, le péril socialiste subsistait. La défaite de juin lui avait porté un coup terrible, mais non mortel. Après un moment de stupeur, ses chefs avaient résolu, non [)as de suspendre ou de modérer leur action mais de la transformer. Après la période de la propagande pacifique, dont Saint-Simon avait été le principal inspirateur, après celle de la lutte politique à ciel ouvert, dont Louis Blanc avait été l'organisateur, une troisième période s'ouvrit pour le socialisme, celle de la lutte cachée, de la propagande dans les petites bourgades et dans les campagnes. « Préparons-nous pour i852, et jusque-là, soyons patients » : tel fut le mot d'ordre des socialistes en i85o. L'année i852 avait été prise pour objectif, parce qu'on espérait que les multiples scrutins qui devaient avoir lieu d'ici là fet la confusion qui en résulterait, rendraient facile un violent coup de main sur la société. Mais le prince Louis-Napoléon avait aussi son plan. Entouré de partisans dé\oués à sa personne et à son nom, personnellement ambitieux de reprendre l'œuvre du premier des Napoléons, il était bien décidé, plutôt que de rentrer dans la vie privée, à tenter un coup d'Etat. Pour parvenir à ce but, la tactique était tout indiquée ; surexciter dans la bourgeoisie le sentiment de la peur, en mettant en lumière les dangers de l'anarchie ; gagner le peuple, en se présentant comme le défenseur armé de la démocratie ; s'assurer de la sympathie de l'Eglise, en lui promettant de se faire le défenseur de sa morale et de ses droits. Ce plan fut exécuté. Au début du mois de décembre i85i, l'opinion publique sembla mûre pour accepter un coup d'Etat. Dans la nuit du i*"" au 2 décembre, cinq généraux et douze représentants du peuple furent arrêtés et emprisonnés. Le lendemain, l'Assemblée fut dissoute. Des répressions terribles eurent raison de toutes les résistances qui tentèrent de se produire. Les 20 et 21 décembre, un plébiscite donna plus de sept millions de suffrages au prince-président, qui parcourut alors la France, au milieu d'ovations enthousiastes, habilement préparées. Le 9 octobre i852, à Bordeaux, à l'issue d'un grand banquet, après avoir promis de c( conquérir le peuple à la religion, à la morale et à l'aisance », il prononça la parole célèbre : « L'Empire, c'est la paix ». Le 7 novembre suivant, un sénatus-consulte proclama « la restauration de l'Empire héréditaire eu faveur de Lduis-Napoléon Bonaparte et de sa famille »,

Lue fois de plus, le problème se posait, pour les catholiques, de^

PIE IX ET l'Église de fratige

l'attitude h prendre vis-à-vis du pouvoir nouveau. Ils se divisèrent on plusieurs groupes. Les uns, comme Lacordaire, refusèrent obblinéinent de se rallier à l'Empire. « Sans doute, disait l'orateur de Notre-Dame, le parti démagogique nous préparait une affreuse ruine » ; mais « le despotisme n'a jamais rien sauvé » ^ Il rappelait, d'ailleurs, que « si Napoléon l**" avait rétabli le culte public en France en 1801, il avait, huit ans après, retemi prieonnier le pape qui l'avait sacré empereur » *. Le restaurateur de l'Ordre de Saint- Dominique en France renonça donc à toute vie politique, pour se consacrer uniquement à l'apostolat religieux. Montalembert, suivi par plusieurs de ses amis, avait d'abord adhéré, en i85i, au coup d'Etat du prince-président, parce que, disait-il, « hors de lui, il ne voyait que le gouffre béant du socialisme vainqueur » ^. Mais son adhésion fut de courte durée. L'apparition, en octobre i852, de sa brochure sur les Intérêts catholiques au XIX" siècle marqua sa rupture avec le nouveau gouvernement*. L'Univers, entraînant avec lui la grande majorité du clergé, salua, eu Napoléon III, « le grand homme qui avait rétabli le Vicaire de Jésus-Christ sur son siège » ^, et le P. Ventura, en un livre enthousiaste qui parut avec une pré-^ face élogicuse de Louis Veuillot, vit dans la restauration de l'empire une œuvre de Dieu, qui ferait revivre u les beaux jours des croisades )) ^. Le rédacteur en chef de l'Univers n'avait pas cet optimisme. Il mêlait quelques réserves à ses applaudissements, et fo^ niait le vœu que « la main sage et vaillante qui avait su comprimer la Révolution... ne livrât pas la vérité sainte aux morsures de» impies » '^,

Il faut reconnaître que les premiers actes de l'empereur a^utorisaient la confiance des catholiques. La loi sur l'enseignement était appliquée dans un esprit de bienveillance à Tégard de l'Eglise. Un cuinilé de l'enseignement libre travaillait sans entraves à la fondalion de collèges catholiques ^. De nombreux conseils municipaux remettaient leurs collèges à des supérieurs ecclésiastiques, ou même

1. I,AconDjaiiB, LeU«'« du 3i mars i85a à Mme de Prailly, cilée par FoisaBT, Vie du P. Lacordaire, a vol. in-ia, a» édition, Pari», t. II, p a54.

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