‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 192 sur 374 · Quinet. le Livre de Vexilé p ^tS · texte numérisé non relu

Quinet. le Livre de Vexilé p ^tS

6. En 1854 Barni avait traduit en français la plupart des ouvrages de K ni.

7. A de Broglie, dans le Correspondant de janvier i856 ; A. de Falloix, dani le Correspondant d'avril et mai i856.

Sgo

HISTOIUE GENEllALE DE L ÉGLISE

L* Univers.

Publications diverses.

Fondation de l'Oratoire

rimmaculée-

ConceptioQ

la plume de Montalembert, d'Ozanam, de Charles Lenormant, de Franz de Champagny, de Foisset, de Gratry, d'Augustin Gochin, des abbés Freppel et Sisson, des Pères Chaslel et Daniel, delà Compagnie de Jésus, poursuivait une œuvre d'apologétique historique, littéraire, philosophique et théologique, en mettant en évidence les bienfaits de l'Eglise dans les différents ordres de la pensée et de l'action ; et, dans V Univers, Louis Veuillot, Eugène Veuiliot, Coquille, Aubineau, Melchior du Lac, ne laissaient passer aucune calomnie, aucune erreur de la presse incrédule ou mondaine, de la tribune ou des théâtres, sans la relever avec une vivacité d'allures, une promptitude de riposte, souvent un éclat de talent qui, plus d'une fois, brisèrent les assauts les plus violents de l'impiété. « Pourquoi, écrivait Louis Veuillot, la vérité n'aurait-elle pas des escadrons légers, des soldats exercés aux combats de broussailles * ? »

Au reste, le rédacteur en chef de V Univers ne s'était pas borné à cette guerre de tirailleurs. En i85/4, il avait déjà publié les Pèlerinages de Suisse, Pierre Saintive, les Nattes, VHonnête Femme, les Français en Algérie, où la puissance de la civilisation chrétienne était mise en face des mœurs arabes, et les Libres Penseurs, dont Jules Lemaitre a écrit que « c'est un de nos plus beaux livres de satire sociale ^ ». D'autre part, Ozanam avait fait paraître ses belles études sur la Civilisation chrétienne et sur les Poètes franciscains ; Gratry, ses travaux sur la Sophistique contemporaine et sa Thêodicée ; Montalembert, des fragments de ses Moines d'Occident ; Pitra, son Spicilège de Solesmes ; Blanc de Saint-Bonnet, ses méditations philosophiques sur la Restauration française et sur la Douleur ; Ginoulhiac, son Histoire des dogmes chrétiens pendant les tirais premiers siècles ; Migne, la plus grande partie de sa Patrologie ; l'abbé de Ségur, ses Réponses aux objections les plus familières contre la religion. Par toutes ces publications, une apologétique, traditionnelle par ses principes, nouvelle par sa forme et par son adaptation aux tendances intellectuelles du temps, se faisait jour.

En 1862 deux prêtres pleins de zèle, labbé Gratry, ancien aumônier de l'Ecole normale supérieure, et l'abbé Pététot, curé de Saint- Roch à Paris, avaient résolu de donner une impulsion nouvelle et une organisation à ce mouvement, en fondant ce que Gratry appe-

I E. TA.VERr(iER, Louis Veuillot, p. 9^.

a. J. Lemaitrb, les Contemporains, 6* série, p. 3a.

PIE IX ET l'Église de frange Sgi

lait « un atelier d'apologétique * ». Pour mener à bien leur projet, ,.

le meilleur instrument leur parut être l'association, telle que l'avait |,

conçue saint Philippe de Néri : petits groupes de prêtres, réunis en '

commun, sans vœux, très libres dans leurs travaux, mais s'encou- ,

rageant et s'aidant entre eux 2. Telle fut l'origine de l'Oratoire de ]

rimmaculée-Gonception. Le premier groupe oratorien, qui comprenait, avec le P. Pélétot, supérieur, et le P. Gralry, les Pères de * Yalroger, Gambier, Lescœur et Adolphe Perraud, se réunit d'abord, en novembre 1862, au n° 21 de la rue de Calais, puis se transporta au n" II de la rue du Regard, où, pendant plusieurs années, les homélies du P. Gratry attirèrent un auditoire d'élite. « Guizot y coudoyait le duc de Broglie ; Vitet s'y rencontrait avec Berryer ; Montalembert y était assidu ^. » « Dieu, disait Gratry, inspire aux Lc rêve siens, en ce siècle, l'idée d'une science d'ensemble. Rattacher tout à ^" P- Gratry. Jésus-Christ, les lettres, les sciences, les arts, la philosophie et l'histoire, le droit et les lois : c'est une pensée qui fermente dans l'Eglise *. » Ce grand idéal ne put se réaliser ; et Gratry, découragé, parlait, vingt ans plus tard, de ce qu'il appelait « l'avortement de son projet ^ » ; mais l'Oratoire avait communicjué un grand élan à un mouvement qui devait se continuer pendant tout le cours du XIX® siècle et auquel le pape Léon XIII devait donner les encouragements les plus solennels.

Pendant qu'à Paris des prêtres éminents entreprenaient de fonder l^

un foyer de science chrétienne, un humble village du diocèse de Bienheureux Belley devenait, par l'éminente sainteté de son pasteur, un foyer de vianney

grâces surnaturelles C'est en i85/i que le curé d'Ars, Jean-Baptiste curé d'Ars

V • • * ^ i- f • 1 • A . 1 A, fw (1786-1859).

Yianney, impuissant a satisfaire par lui-même et par le prêtre zèle

qui s'était fait son collaborateur depuis dix ans, aux besoins spirituels des nombreux pèlerins qui affluaient vers lui, s'était adjoint un groupe de missionnaires. Le saint prêtre qui attirait ainsi les foules, était né le 8 mai 1786, au village de Dardilly, dans le département du Rhône. Sa première enfance avait été occupée aux tra- Ses origines, vaux des champs. Sa première instruction religieuse lui avait été donnée en cachette pendant la persécution révolutionnaire. 11 avait

1. Chauvin, le P. Gratry, un vol. in-ia, Paris, 1901, p. 189. a Ibid.. p. il\0.

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