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Chauvin, op. cit., p

30 2 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLTSE

fait sa première communion dans une grange, dont la pauvreté lui avait rap})elé le dénuement de l'étable de Bethléem. Ses progrès dans l'étude des sciences humaines et même dans celle des sciences ecclésiastiques, avaient été difiîciles. Mais une foi sans bornes, une angélique piété, un zèle ardent pour la gloire de Dieu et le bien des âmes, l'avaient désigné pour le sacerdoce ; et, depuis sa nomination à la petite cure d*Ars, la renommée de sa sainteté n'avait fait que s'accroître. Des traits merveilleux de charité, des grâces obtenues

Sa sainteté, par ses prières, les lumières que cet humble prêtre projetait sur les âmes qui se confiaient à lui au tribunal de la pénitence ou même qui l'entendaient prêcher dans son église, avaient répandu bien au loin sa réputation de sainteté. De i848 à 1862, alors que tant d'âmes, remuées par les grands événements de cette époque et par la renaissance d'un mouvement catholique parmi les classes cultivées, se tournaient instinctivement vers la religion, des pèlerinages s'étaient organisés, de toutes les provinces de France, et même de

Ses miracles, l'étranger, vers le saint curé d'Ars ; et beaucoup d'âmes avaient trouvé auprès de lui, les unes la foi, les autres des lumières toutes divines ou même des guérisons corporelles, instantanément obtenues, La parole de ce prêtre était simple et sans apprêts, mais elle avait au suprême degré cette qualité distinctive de la parole sacerdotale : Son éloquence l'onction. « Nous sommes en ce monde, disàit-il, mais nous ne

apos 0 ique. gommes pas de ce monde, puisque nous disons chaque jour : Notre Père, qui êtes aux cieux )>. Il avait, en parlant des choses surnaturelles, du ciel, de l'enfer, de l'Eucharistie, du sacerdoce, du péché, des paroles dune pénétration merveilleuse. « Dans le ciel, disait il, on sera nourri du souffle de Dieu. Le ciel se fondait dans l'âme des saints. C'était comme un écoulement du ciel, dans lequel ils se baignaient... Les damnés seront enveloppés de la colère de Dieu. Ils auront perdu le pouvoir d'aimer. Si un damné pouvait dire une seule fois : Mon Dieu, je vous aime, il n'y aurait plus d'enfer pour lui... Quand nous sommes devant le Saint-Sacrement, fermons nos yeux et ouvrons notre cœur ; le bon Dieu ouvrira le sien... Oh 1 que le prêtre est quelque chose de grand ! Si on le comprenait sur la terre, on mourrait, non de frayeur, mais d'amour... Offenser le bon Dieu, qui ne nous veut que du bien 1 Contenter le démon, qui ne nous veut que du mal 1 Quelle folie I Si vous voyiez un homme dresser un grand bûcher, entasser des fagots les uns sur les autres, et que, lui demandant ce qu'il fait, il répondit : Je prépare le feu

PIE IX ET l'ÉGUSE de frange SqS

qui doit me brûler, que penseriez-vous ? Eh bien 1 en commettant le péché, c'est ainsi que nous faisons *. »

Les écrits des savants dissipaient les sophismes de l'impiété, vengeaient TEglise des calomnies portées contre elle, préparaient les voies à la conversion ; mais de telles paroles, comme celles dont parle l'apôtre saint Paul, « pénétraient jusque dans les jointures et les moelles, jugeant les sentiments et les pensées des cœurs* ».

I. Voir A. MoNNiN, Vie du curé d'An, a vol, in-12, Paris ; Vunney, le Bienhe'J' reux J.-B. Vianney ; Monîjiit, Esprit du curé d'Ars^ un vol. in-ia, Paris. — J.-B, Vianney a élc béatifié par Pie X en 1904.

a. Ilebr., IV, la.

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