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Lettre à Antoine de Latour

PIË IX ET LES DIVERS ETATS DE l'eUROPE UO'J

témérités, lui attiraient, le i4 janvier i852, la mise à l'Index par le Saint-Office de tous ses écrits.

Quant à l'ensemble du clergé séculier et régulier, l'épreuve qu'il A"'}"^*, venait de traverser et la perspective d'épreuves plus grandes encore, séculier n'avaient fait que resserrer les liens de charité qui faisaient de lui, et régulier, comme aux premiers jours de l'Eglise, cor unarn et anima una ; et ces sentiments étaient noblement exprimés dans la lettre que tous les supérieurs d'ordres religieux ayant des maisons dans les Etats sardes, avaient envoyée de Rome à tous les archevêques et évêqucs du royaume. « Dans nos tribulations, disaient-ils, vous vous êtes fait le bouclier des lois portées par l'Eglise pour assurer, sous l'abri des cloîtres, les vocations monastiques. »

Cette union du corps monastique et de l'épiscopat sous l'autorité Ruprême du pape allait devenir plus que jamais nécessaire pour faire face aux persécutions que les événements de i85o à i855 faisaient présager.

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Pie IX voyait avec tristesse ce mouvement national italien, qu'il Le Saint-Siège . 1 . . n • n et l'Autriche.

avait espère naguère dominer par sa paternelle mlluence, se poursuivre dans les voies de la révolution et de l'impiété. Mais la puissance qui s'opposait à ce mouvement, l'empire d'Autriche, protecteur-né de l'Eglise et du Saint Siège, ne lui ménageait pas, de son côté, les sujets de plainte.

Sans doute, l'Autriche, par sa constitution de i848 et par son concordat de i855, semblait vouloir abandonner définitivement les traditions joséphistes d(3 sa bureaucratie ; mais ces mesures législatives ne modifiaient pas sensiblement les dispositions foncières de la cour de Vienne et de l'administration autrichienne ; et, de ce côté, le pape trouvait encore de graves sujets de préoccupation.

La révolution de i848 avait eu son contre-coup en Autriche, et, comme en France, les conséquences en avaient d'abord été heureuses pour l'Eglise catholique.

A vrai dire, les émeutes révolutionnaires qui éclatèrent à Vienne Caractère et dans les provinces autrichiennes, au printemps de 18^8, eurent u Révolutio» moins pour cause la revendication de droits politiques en faveur des de i84S sujets de rempire, que la réclamation de l'indépendance des diverses

HISTOIRE GENERALE DE L i:nT,»«SE

La

Constitution

««tnVlifcnne

du 20 avril

Ses heureux

résultats

au point de

▼ue religieux.

nationalités, slave, hongroise, croate, albanaise, bohémienne, qui formaient l'amalgame de l'Elat. Mais le mouvement, au moins dans ses débuts, ne fut pas moins favorable à la cause des libertés politiques, civiles et religieuses, qu'à celle des autonomies nationales. Le lo avril i8/|8, l'empereur Ferdinand accordait à la Hongrie une Assemblée siégeant à Pesth, capitale nationale, l'usage officiel de la langue magyare, un suffrage élargi et, en principe, universel, l'abolilion des rapports féodaux, l'égalité devant l'impôt. Le 25 avril, le souverain promulguait à Vienne une Constitution copiée surle réirime belge, établissant un parlement de deux Chambres, un suffrage indirect et censitaire ^. La tyrannie de la vieille bureaucratie autrichienne semblait abolie à jamais.

Cette même Constitution du 26 avril i848 supprima l'autocratie ecclésiastique de l'Etat, jusque-là liée à la bureaucratie. Elle garantit la liberté de la foi comme le libre exercice du culte ; et ce principe de l'autonomie religieuse survécut à la Constitution ellemême. En effet, il fut maintenu, même après la révocation de cette Constitution par la déclaration ministérielle du 17 mai de la même année. François-Joseph, succédant à son oncle Ferdinand, le 2 décembre 1848, n'y porta aucune atteinte. Au début de l'année suivante, le ministère Schw^arzenberg invita tous les évêques dépendant de la couronne à se réunir à Vienne, pour entendre leurs propositions concernant les rapports futurs de l'Eglise et de l'Etat. Le 29 avril, vingt-neuf évêques, auxquels six autres vinrent bientôt se joindre, commencèrent leurs délibérations, et, le i5 juin, ils en transmirent le résultat au ministère. Par ordonnances des 18 et 20 avril i85o, le placet fut aboli, les relations avec Rome furent déclarées libres, ainsi que le plein exercice de l'autorité disciplinaire et du culte ; le contrôle légitime des évêques sur le haut enseignement fut garanti 2. Le joséphisme, semblait-il, avait vécu.

La chute de Metternich n'avait pas été étrangère à cette émancipation de l'Eglise catholique. L'on put croire que c'en était fini de cette politique à double face, qui, secrètement, en vertu des traditions joséphistes, chicanait l'action de l'Eglise, et qui, publiquement, luttait contre la Révolution^. Le cardinal Schwarzenberg,

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