‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 200 sur 374 · G. GoYAU, op. cit., p. i · texte numérisé non relu

G. GoYAU, op. cit., p. i

5. Une lettre de l'impératrice Marie-Thérèse à sa fille, la reine de France, en 1778, et citée en 1868 dans un procès de presse fait à Darmstadt au joumai Hessische Vollcsblaetter, ferait même remonter ce projet de dictature prussienne sur toute l'Allemagne à Frédéric II, le chef et propagateur des loges maçonuiques en

Attache de la francmaçonnerie

avec la bureaucratie prussienne.

Plan de lord Ptiloierston.

le comte de B., il ajoute : u'U a trouvé le moyen de se faire recevoir dans toutes les sociétés secrètes de l'Italie et de l'Allemagne, et il prétend que ces sociétés minent le terrain sur lequel repose l'ordre iocial actuel. A l'entendre, les carbonari parviendront à leur but, qui est de réunir toute l'Italie en une seule puissance. Ce désir d'union est aussi un des grands buts de la Société teutonique en Allemagne. Les nombres mystérieux de 87 et 38, qu'elle a adoptés, signifient que sur les trente-huit princes quise partagent l'Allemagne, il n'en faut conserver qu'un, qui établira le régime constitutionnel et qui fondera la liberté. Quel est ce prince, qui doit succéder à tant d'autres, et ne faire qu'un Etat de tant d'Etats? Il n'est connu que des seuls adeptes du grand cercle directeur ^ . »

Le secret ne devait pas être bien difficile à pénétrer pour quiconque connaissait tant soit peu l'organisation des sociétés secrètes à cette époque. Frédéric-Guillaume III et ses ministres s'étaient engagés à fond dans le Tagendbund, dont les tendances patriotiques étaient si singulièrement mélangées d'idées maçonniques ; et, « depuis 182 1, toute la maçonnerie allemande convergeait vers Berlin ; elle était devenue comme une branche de l'administration, conduite à un but déterminé avec la raideur de main propre à la bureaucratie prussienne ^. »

En 1848, l'union de l'Allemagne fut sur le point de se réaliser. La création d'un empire prussien, qui séparât la France de la Russie, était l'objecLif de lord Palmerston. Le journal maçonnique le Globe, dans son numéro du 18 août 18/19, exposa le programme de l'homme d'Etat anglais : démolition de a l'échafaudage arbitraire et artificiel dressé par le congrès de Vienne », et reconstitution politique de l'Europe par « l'érection d'un royaume allemand vigoureux»

Allemagne, le grand correspondant des maçons de France : « Tout le monde sait en Europe jusqu'à quel point on peut compter sur le roi de Prusse et quel cas on doit faire de sa parole. La France a pu s'en apercevoir dans diverses circonstances. Et voilà cependant le souverain qui a la prétention de s'ériger en protecteur et en dictateur de r Allemagne. Ce qui est plus extraordinaire encore, c'est que les puissances ne songent pas à s'unir pour prévenir un tel malheur, dont toutes, tôt ou tard, auront à subir les conséquences funestes. Ce que je viens d'avancer concerne toutes les puissances de l'Europe L'avenir ne m'apparaît pas sous un jour riant... Si l'on continue à laisser gagner du terrain à ce principe prussien, qu'auront à espérer ceux qui nous succéderont un jour ? » (Cité par Deschamps, les Sociétés secrètes et la société, t. 11, p. 898.)

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