JI
HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'rGMSE
Première étape
de
la campagne
entreprise
pour la
prolestantisa-
tion de TA île magne :
« conquête iî l l'ectuelle »
de la Bavière.
Arrivée aux affaires
d'Otto de Bismarck
Municli n'hésitaient pas à écrire que, partout où il y avait occasion de léser ou de maltraiter l'Eglise, « on devait suspecter l'influence prussienne, l'intérêt prussien, les pensées d'hégémonie prussienne »*.
Ce serait une erreur de croire que l'exclusion définitive de l'influence catholique cq Allemagne, au profit de l'influence protestante, date de l'écrasement de l'Autriche par la Prusse en 1866. Le Sadowa militaire fut précédé d'un Sadovva intellectuel. « Entre son accablement àOImuetzetson triomphe à Sadowa, écrit l'historien de V Allemagne religieuse, la Prusse gagna sur l'Autriche, progressivement, insensiblement, sourdement, une première victoire, d'abord inaperçue des états-majors et même de beaucoup de diplomates. Cette victoire, obtenue sur les bords de l'Isar, fut la conquête morale, non plus du peuple bavarois, mais de l'intelligence bavaroise, et la formation à Munich d'un parti f< libéral-national » nettement hostile au catholicisme et nettement hostile à l'Autriche. Ce fut là le résultat du règne de Max. Des légendes même coururent, suivant lesquelles le roi, personnellement, aurait failli donner un bruyant exemple : si Dahlmann, son ancien professeur à Gœttingue, ne l'en eût dissuadé, il se serait fait protestant. Il aurait brigué, par surcroît, l'initiation maçonnique, sans les conseils du ministre Sfordten, qui la jugeait inopportune. Enchaîné a la religion catholique par sa dignité royale, par les précédents de sa maison, par les susceptibilités de son peuple, Max prit sa revanche en s'entoufant de conseillers qui tous appartenaient au protestantisme 2. » Un de ces conseillers fut le célèbre historien Henri de Sybel, qu'un écrivain dépourvu de toute sympathie envers le catholicisme n'a pas craint d'appeler « un Homais du patriotisme » ^. « Etre ultramontain et patriote allemand, écrivait Sybel en 1847» ^^^^ deux choses qui s'excluent*. »
En cette même année 1847, l'arrivée aux affaires de celui qui devait être le prince de Bismarck faisait entrer la question de l hégémonie prussienne en Allemagne dans la voie des réalisations pratiques.
Olhon-Edouard-Léopold de Bismarck-Schœnhausen était né à Schœnhausen, dans la Vieille -Marche de Brandebourg, en i8i5. A
intervention du roi de Prusse en faveur des catholiques de Bade, Pfuelf, Ketleler^ t. I, p. aSa, note i ; Goyau, V Allemagne religieuse, ù catholicisme^ t. IV, p. 28.