I. GoYAU, IV
a. FuiEnRiOH, DoeUiiger, t. III, p. i35 Cf. Ami de la Religion, ler décembre i8r>3, p. ôai-ôaS ; Correspondanl, a5 décembre i853, p. ^•ia ; Moutalembfrt, Œuvres, t. V, p. 289-341.
Le
gouvernement
badois procède
à de
nombreuses
arrestations
de prêtres et
de fidèles.
Courageuse
altitude
de Mgr Vicari.
Bismarck
entrave des
négociations
pacifiques
entreprises
entre îMgr Ketteler
et les
divers Etals
persécuteurs
Arrestation
de Mgr Vicari
(19 mai
T'roiestalîon
unanime
(les catholiques
du
}.'rand -duché
de Bade.
Fin
du régime
de la
bureaucratie
dans les Etats
rhénans.
gardé à vue dans sa demeure. Toute communication lui fut interdite avec son clergé. Cet odieux attentat ne fit que redoubler la popularité du vieil cvêque. Sans organisation concertée, les fidèles se mirent en deuil, suspendirent toute fête, toute réjouissance tant que leiir évcque resterait emprisonné. Cette manifestation unanime, silencieuse et persistante, qu'on sentait venir du fond des consciences, inquiéta plus les gouvernants que ne l'eût fait une émeute bruyante et passagère. Les cours de Bade, de Nassau, de liesse et de Wurtemberg revinrent à leurs projets d'apaisement.
Un courrier du roi Guillaume de Wurtemberg d'abord, puis un envoyé du prince-régent de Bade, puis des députés de Nassau et de liesse, se dirigèrent vers Rome en i855. L'exemple du concordat conclu par l'Autriche en cette même année ne fut })as sans influence sur le résultat des négociations. Elles devaient aboutir, en 1857 pour le Wurtemberg, en 1859 et 1860 pour Bade* et pour les autres Etats mis en conflits, à la conclusion de concordats qui, dans leurs grandes lignes, donnèrent satisfaction aux doléances épiscopales de i85i et de i853. La bureaucratie était vaincue ; mais les Eglises catholiques de ces divers Etats allaient voir se dresser devant elles un autre absolutisme, celui des Chambres, celui des ministères, et subir, de ce chef, des persécutions non moins douloureuses *.
Le
catholicisme eu Suisse.
Fondation
du Sondcrbund
En Suisse, de pareilles tentatives d'oppression religieuse se heurtèrent à de pareilles résistances, et le courage de Mgr Vicari eut son pendant en celui de MgrMarilley.
Nous avons vu comment les attaques du parti radical contre l'ancienne constitution fédérale de la Suisse avaient provoqué, en 1846, la formation d'une ligue défensive de la part des sept cantons catholiques et conservateurs de Lucerne, d'Uri^ de Schwytz, d'Unter^Yaldeii, de Zug, de Fribourg et du Valais. Cette ligue avait pris le nom de Sonderbiind, c'est-à-dire d'Alliance séparée.
Le 20 juillet 1847, la Diète fédérale prononça la dissolution du
I. Dans le récit des persécutions de l'Eglise en Allemagne, nous nous sommes beaucoup aidés, le lecteur a pu s'en apercevoir, de l'excellent ouvrage de M. George."' GoiAU, V Allemagne religieuse, le caLholicisme. Nous aurons souvent recours à c<» même ouvrage en reprenant, plus bas, le récit des luttes religieuses en Allemagne.
PIE IX ET LES DIVERS ETATS DE L EUROPE
Sonderbund, et ordonna en même temps que les jésuites, auxquels les radicaux attribuaient l'origine de la résistance, seraient expulsés du canton de Lucerne. L'accusation portée contre la Compagnie de Jésus était injustifiée. Le duc Victor de Broglie devait peu de temps après, tout en se déclarant l'adversaire des jésuites, afBrmer, devant la Chambre des pairs, .après enquête, que « depuis trente ans que ces religieux étaient en Suisse, il avait été absolument impossible, non pas de découvrir, mais même d'inventer, de supposer un fait quelconque dont on pûl se prévaloir pour justifier leur expulsion )) K Le 22Juillet, les sept cantons publièrent une protestation contre les mesures prises par la diète, qui leur parurent violer le pacte fédéral. Les douze cantons, formant la majorité, rép >ndirenl en levant une armée de 5o.ooo hommes commandés par le général Dufour, qui, le lo novembre, fit occuper militairement le canton de Fribourg. Successivement, les sept cantons, envahis par des forces supérieures à celles dont ils pouvaient disposer, capitulèrent. Le 29 novembre, le dernier des cantons insurgés fît sa soumission- Presque partout la victoire des radicaux fut accompagnée d'odieux excès. Le i/i janvier i848, Montalembert, interpellant, à la Chambre des pairs, le gouvernement de Louis-Philippe sur sa non-intervention dans les affaires de Suisse, s'écriait : u N'avez-vous pas vu les autorilés soi-disant régulières frapper tour à tour toutes les congrégations qui restaient debout, les évêques et les curés dépouillés l'un après l'autre... les Filles de saint Vincent de Paul expulsées comme des bctcs fauves, sans pensions, sans indemnité et sans pudeur ?... Estce tout? Non. A l'heure qu'il est, peut-être a t-on voté une Constitution civile du clergé calquée sur là nôtre de 1790... Mais ce n'est pas seulement à la religion catholique qu'on en veut... Le 2^ novembre, un décret a interdit formellement d'exercer, dans le canton de Vaud, un autre culte que le culte soi-disant national. Et savez- vous 011 en est la liberté de la presse dans ce même canton de Vaud ? Elle est sous le coup de l'interdiction de publier même de simples nouvelles contraires aux intérêts nationaux. 0 patrie de la liberté ! * » Une fois de plus, les persécuteurs Je l'Eglise catholique se montraient les [)ires ennemis de la vraie liberté.
La Constitution fédérale du i3 septembre i848, issue de la crise
Expulsion des jésuites
du ca.'iton
de L'ir. rne
Guerre du
Sonderbund (1847).
Eloquent
discours de
Montalembert
sur la guerre
du
Sonderbund
(i4 janvier
iS48}.