CHAPITRE II
LÉON XII (1823-1829
Siluation troublée du monde po!t[i ;iie et rcligii'n en i8a3.
Le congrès
de Vienne
porte-t-il
quelque
responsabilité
de cette
situation P
Au lendemain du congrès de Vienne, où les souverains alliés avaient prétendu faire une œuvre de pacification politique, sociale et religieuse, le comte Joseph de Maistre écrivait : « Il y a encore ' beaucoup d'éléments incendiaires en Europe ^ » Cette assertion, émise le 11 avril 181 5, était plus vraie encore en 1823. Nous avons vu comment, aux causes de troubles politiques, apportées par le fait même d'une « adjudication de souverainetés pour de simples raisons de convenance » ^, étaient venues se joindre des causes de troubles sociaux et religieux, dont les partis extrêmes du socialisme, les sociétés secrètes, la presse, et ces mouvements complexes, équivoques, qui se produisaient, dans tous les domaines, sous les noms de romantisme et de libéralisme, étaient les plus apparentes manifestations.
Joseph de Maistre n'était pas loin de penser que le célèbre congrès portait la responsabilité de tous ces troubles ^. Ce qui est certain au moins, c'est que cette « fédération de couronnes», qui venait de remanier à son gré les nations de l'Europe, avait suscité aussitôt contre elle une réaction qui, sous le nom de libéralisme et de nationalisme chez les peuples, de « zélantisme » à la cour romaine, n'avait pas désarmé. Le a parti des couronnes » et le parti des Zelanti allaient partager le conclave au moment de l'élection du successeur de Pie VIL
1. J. DB Majstrb, Lettres et opuscules, 2 vol. in-ia, Paris, a« édit., i853, t« I, p. SaD.