Sainte Beuve, Portraits contemporains, t, II, p
3. A. Vinet, Essais de philosophie morale et religieuse, ip. 3i3.
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remplacés dans l'Eglise qu'ils abandonnaient. Ils fondèrent alors à Lausanne une « Eglise libre », qui eut son école spéciale de théologie. Mais cette via média n'était pas plus tenable que celle que Newman avait tentée en Angleterre. Dans l'espace de vingt ans, elle ne recruta pas plus de trois nnille membres, et eut souvent à essuyer les hostilités du gouvernement et les railleries du peuple. Alexandre Vinct mourut en 18/17, à l'âge de cinquante ans. Ses disciples, ridiculisés par leurs adversaires sous le nom de « mômiers » (de rnômerie, grimace, dissimulation), finirent par accepter cette dénomination.
Nous venons d écrire le nom de Newman et de faire allusion au ^•.
,,„„,^,. ,. , . ,. , catholicisme
mouvement d Oxtord. Le dernier, bien plus puissant et bien plus en Angleterre.
profond que celui que Vinet avait créé en Suisse, se développait désormais en Angleterre comme par deux courants. Bon nombre de « tractariens », suivant les traces de Newman, se dirigeaient vers le catholicisme ; d^autres, sous la conduite de Pusey. travaillaient ardemment à vivifier l'Eglise anglicane par des emprunts faits à l'Eglise romaine, espérant que leur œuvre aboutirait quelque jour à l'union des deux Eglises, mais se refusant obstinément à toute démarche individuelle vers le catholicisme,
Dans son travail d'apostolat, Newman était puissamment aidé par Fondation Wiseman, et allait bientôt recevoir l'aide, non moins précieuse, de de 1 Oratoire
^ *■ de
Manning. En 18/47, ^ ^^ suite d'un voyage à Rome, et sur les con- Birmingham seils de Pie IX, il établissait en Angleterre, sous le nom d'Oratoire, {^°^l)' et en s'inspirant des règles données par saint Philippe de Néri, une Congrégation de prélres et de clercs, qui, en août i848, comptiut plus de quarante membres. On y remarquait deux convertis desliiiés à exercer une grande action sur le développement de la piété en Angleterre, Faber et Dalgairns*.
Pentlanl que, sous la direction de Newman, un noyau de convertis
I. Les deux principaux ouvrages qui assignent à Dalgairns une place honorable parmi les auteurs spirituels, sont: La Dévotion au Sacré Cceur de Jésus, trad. franc, par Poulide, un vol. in i3, ae édition, Paris, 1868, et la Sainte communion, trad, françaiiie de Godard, a vol. in-i3, Pari?, i863.
Wisemaa se foiiiiait, à l'Oraloire de Birmingham*, aux vertus religieuses et à
diivient vicaire i • i • • »• tn' , i . » ^
apostolique ^^ science eeclcsiastique, Wiseman succédait, en août 1847, ^ de Londres Mgr Giiiïith comme provicaire du district de Londres, puis, deux (ao i 1 47). ans plus tard, était nommé, en titre, vicaire apostolique. Il devenait ainsi le personnage le plus considérable de l'Eglise catholique d'Angleterre.
Une des premières préoccupations du nouveau vicaire apostolique de Londres fut de propager en Angleterre la vie religieuse. En deux ans, il fonda dix communautés dans son district 2, et il eut lo bonheur de voir plusieurs convertis entrer dans les ordres religieux, Coffin entra chez les rédemploristes ; Tickell, Edouard Purbrick et Albany Chrislie, chez les jésuites; Lockhart, chez les rosminiens.
Le plus grand événement de son vicariat fut le rétablissement de la hiérarchie épiscopale en Angleterre.
Rôiablissemeni Depuis le schisme d'Henri VIII, les catholiques anglais étaient delà soumis au régime des pays de mission, c'est-à-dire erouvernés au
hiérarchie . . , . . ,. . ,
catholique spuituel par des vicaires apostoliques relevant immédiatement du en Angleterre. Saint-Siège. Le nombre de ces vicaires avait été d'abord de quatre, puis de huit. Le réveil catholique qui s'était produit en Angleterre, d'abord à la suite du bill d'émancipation de 1828, puis par la conveision de Newman et de ses compagnons, enOn par les œuvres apostoliques de Wiseman, donna lieu de penser qu'il était temps de rétablir dans la Grande-Bretagne le régime ordinaire des pays chrétieus, comprenant des circonscriptions diocésaines, gouvernées par des évêques dépendant d'un métropolitain. Des négociations avaient été entamées à cet effet en 1847 ; mais, entravées par les troubles politiques dont Rome fut le théâtre en i848 et par l'exil du pape à Gaëte, elles n'aboutirent à une solution qu'à l'automne de i85o. Bref de Pie IX Le 29 septembre de cette année, un Bref de Pie IX déclara rétablie promulguant q^ Angleterre la hiérarchie ecclésiastique. Elle comprendrait douze rétablissement évêques et un archevêque. Wiseman recevait ce dernier titre, attaché 2(j septembre ^ l'Egîise de Westminster. Le lendemain 3o, le nouvel archevêque de Westminster fut nommé cardinal. Le 7 octobre, Wiseman communiqua ces nouvelles aux catholiques d'Angleterre par un mande-
1. Le bref pontifical fixa à Birmingham le siège de la Congrégation. Plus tard une seconde maison fut fondée à Londres, d'abord sous la dépendance de celle de Birmingham, puis indépendante.
2. W. Ward, le Cardinal Wiseman, trad. Cardon, a vol. in-i2, Paris, 1900, t. I, p. 5io.
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meut dans lequel son âme, toute à la joie, s'épanchait en un véritable chant de triomphe, u Le grand œuvre est accompli, s'écriait-il. L'Angleterre catholique a retrouvé son orbite dans le firmament religieux ». Mais, par le fait d'une interprétation que l'archevêque n'avait aucunement prévue, ce.t événement lut très défavorablement Emotion