I. CuANTREL, Annales, p. Gij
Sens et portée
de cette
définition.
La première
idée
de l'encycliquo
Quanta cura et du SjUabus,
Blenlieureuse Vierge Marie avait été préservée de toute tache du péché originel dès le premier instant de sa conception j>, et déclara « séparé de l'unité de l'Eglise» quiconque « oserait avoir une croyance contraire à cette définition * ». En réalité, au fond de ce grand acte, il y avait autre chose que la confirmation d'une dévotion traditionnelle de TEglise. En déclarant qu€, seule, la Mère de Dieu avait été affranchie de la souillure originelle, le pontife affirmait, une fois de plus, contre l'orgueil du siècle, l'existence, trop généralement oubliée, d'une déchéance universelle de l'humanité. En proclamant que le Fils de Dieu, en s'incarnant, n'avait pu emprunter qu'une chair toute pure, il maintenait très haut, même dans sa nature humaine, la dignité de l'Homme-Dieu. En offrant aux hommages des hommes une créature absolument pure, bien que pétrie du même limon que nous, il rappelait à tous la merveilleuse puissance de la grâce divine. Enfin Pie IX, en imposant à tous les fidèles, sous peine d'anathème, en vertu de son autorité propre, le dogme nouveau, affirmait son autorité souveraine dans l'ordre de l'enseignement et prr'ludait à la proclamation de l'infaillibilé pontificale. A partir de ce moment, les préoccupations d'ordre extérieur, les conflits avec les puissances se rencontreront souvent dans la vie de Pie IX ; mais le souci de la restauration de la vérité doctrinale et de l'autorité disciplinaire dominera toutes ses autres sollicitudes.
La Bulle proclamant le dogme de 'Immaculée Conception était à peine publiée, que le pape invita la commission formée pour la préparation de ladite Bulle, à commencer des études relatives à la condamnation des principales erreurs modernes 2.
L'idée de réunir en une sorte de tableau les erreurs du temps et d'infliger à chacune d'elles la condamnation convenable paraît avoir été émise pour la première fois en 1849, ^" concile provincial de Spolète, par l'archevêque de Pérouse, Joachim Pecci ^. Trois ans .plus tard, au mois de mai 1862, le cardinal Fornari avait, sur l'ordre de Pie IX, secrètement communiqué aux membres les plus en
1 . Denzinger-Bannwart, n. i6/ji , Voir le texte complet de la bulle du 8 décembre iSbh, dite bu^le Inejjabilis^ dans les Acta Pu IX.
2. « Nous savons, dit le P. Schrader. et il est prouvé que b commission établie pour étudier la question de l'Immaculée Conception de la Vierge, fut, son travail terminé, transformée en commission chargée de rechercher les erreurs de notre temps. » (R. P. Schrader, S. J.,De theologia generatim, p iS-;.)
3. « Sinquîi errores... veluti sub uno oculorum intuitu.., nominatim recenseantur » {Collectio lacensis, VI, p. 7/i3).
DE LA BULLE IneJJablUs A L*ENGTCLiQUE Quanta cura ^45
vue de l'épiscopat et à quelques laïques émineuts un projet de recueil ou syllahaSy contetiant vingt-huit propositions et répondant aux désirs du concile de Spolète ^. Examiner les réponses faites à la lettre du cardinal Fornari et approfondir davantage cette importante question de la condamnation des erreurs modernes : lelle était la tâche dévolue à la commission pontificale. Le projet de Pie IX devait aboutir, en i8G4, à la promulgation de l'encyclique Quanta cura et du Sjllubus,
Pendant ces dix ans d'intervalle, les erreurs modernes vont peu à V"« général»
sur le
peu se démasquer. La politique d'opposition au Saint-Siège, dirigée mouvement
par Gavour, aboutira à l'invasion des Etats pontificaux par les troupes anUcathohque
de Garibaldi ; et le rationahsme nébuleux de la philosophie aile- 1354 à i864. mande, à la Vie de Jésus d'Ernest Renan.
La politique de Gavour avait inauguré une nouvelle forme de L* ^^^^^
contre
l'opposition des Etats à l'égard du Saint-Siège. Jusque-là, les papes \q Saint-Siège avaient eu à lutter, soit contre des puissances nettement hostiles à ^*"^