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Pasolimi, Memorie,raccolte da suo JîgUo, p. 6a

2. Sur cette entrevue de Chambéry, voir P de la Gorge, op. cit , t. III, p. 4o6- Aïo, et ViLLEFRANCHE [Pie IX, a' édition, Lyon, 1876, p i88j, qui déclare tenir de témoins bien informés certains détails très importants de l'entretien.

3 La Gorge, t. III, p. 4o8, 4. Ibid., p. 4 10.

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DE LA BULLE IneJ[]ahUis a l'e.nctclique Quanta cura 471

Lamoricière ne pouvait se dissimuler que, malgré ses efforts, l'armement et l'organisation de l'armée qu'il avait à commander se trouvaient dans un état d'infériorité notable. « Je suis, disait-il à son ami Quatrebarbes, dans la position d'un homme qui aurait à se battre à cinquante pas avec un pistolet contre un adversaire armé d'une carabine. * » De plus, se fiant à des déclarations formelles que lui avait fait parvenir le cardinal Antonelli, il avait cru, jusqu'au dernier moment, 1" que le Piémont n'interviendrait pas dans la campagne, 2" que la France s'opposerait à l'invasion, même contre les troupes sardes 2. En conséquence, le général, ne s'attendant qu'à des soulèvements partiels et à une agression de bandes garibaldiennes, avait dispersé ses troupes sur tout le territoire pontifical. L'invasion de l'Etat sur toute la largeur de la frontière piémontaise, le prenait au dépourvu. Une seule lactique était possible : rassembler sur un point toutes les troupes disponibles, et tâcher de percer les lignes piémontaises, pour aller se réfugier à Ancône. Cette ville était, après Rome, à peu près la seule qui pût être efficacement défendue, au moins pendant un certain temps. On y prolongerait la défense jusqu'à l'arrivée des renforts français. Car, fort des assurances que lui avait transmises Antonelli, Lamoricière comptait toujours sur le secours de la France.

Le corps de troupe rassemblé pour réaliser ce plan rencontra l'ennemi, près de Notre-Dame de Lorette, à Castelfidardo, le 17 septembre 18G0. Le choc parut inévitable pour le lendemain.

Les troupes piémontaises occupaient les collines qui descendent du mamelon de Castelfidardo vers la plaine. Leur artillerie menaçait les pentes de tous côtés. Les deux principaux centres de résistance étaient deux fermes, puissamment fortifiées et situées à six cents mètres en arrière l'une de l'autre ^. L'armée était commandée pa.

Anxiétés

de

Lamoricière.

Antonelli le renseigne inexactement

8ur les

dispositions

du

gouvernement

français.

Plaa

stralégiqi.e

de Lamoricière.

Bataille de

('. «-telfidardo

( ^j septembre

I. Sur l'armement et l'organisation de l'armée pontificale, voir dans Eugène \euillot, le PiitmonL dans les Etats de V Eglise, documents et coninientuires, un vol. iu-ia, Paris, 1861, le Rapport du général Lamoricière sur les opérations de l'armée pontificale dans les Marches et lOmlrie, p. 48a-484. Ce rapporta paru en brochure en 1861 à Paris, chez Douniol ; mais celte brochure est rare. Nous le citerons d après la pagination quil occupe dans l'ouvrage d'h^ugène \euillot.

3. Voir des déclaration» formelles faites en ce sens dans Lamoricière, Mapport..., p /»8a, 486, 488, 4y3. Le duc de (îramont t'crivait au consul d'Aiicôue : « L'empereur a écrit que, si les troupes sardes péi ètreul sur le territoire ponliHcal. il sera forcé de s'y o^)pu» r » {lUd., p. 493). Comment la perspicacité dAntonelli s'esteile trouvée en défaut dans de si graves circonstances ;

3. Voir une description détaillée du champ de bataille dans Lamoricière, Iiapport, p. 497-^98.

^72 HISTOIRE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISB

le général Cialdini, qui disposait de 4Ô.000 hommes et de nombreux canons rayes. L'armée pontificale comptait 5. 600 hommes tout au plus, et ne disposait que d'une artillerie d*ancien modèle. A quatre heures du matin, les soldats du pape, avec leurs deux généraux en tête, Lamoricière et Pimodan, se préparèrent à la bataille en assistant à la messe dans la sainte chapelle de Lorette. A huit heures, Pimodan s'élança sur les deux fermes, suivant la consigne qu'il avait reçue. La première, quoique chaudement défendue, fut enlevée ; mais les troupes sardes eurent le temps de se masser fortement autour de la seconde. Arrivée à cinquante pas de son objectif, la troupe d'attaque fut décimée par une fusillade très nourrie. La supériorité du nombre et de la position était tellement écrasante du côté des Piémontais, que l'issue du combat ne put alors faire de doute. Mais les volontaires pontificaux voulurent du moins, « en perdant la bataille, sauver l'honneur ». On les vit, après un mouvement en arrière, faire tout à coup volte-face, attendre l'ennemi à quinze pas, décharger sur lui un feu bien dirigé, puis charger à la baïonnette avec un tel élan, que l'adversaire, déconcerté de tant d'audace, recula à son tour de deux crnts j)as. La mort de Pimodan décida de l'issue du combat. Lamoricière, toujours calme au milieu du désordre inévitable qui suivit cette perte, essaya de diriger la retraite, devenue inévitable ; puis, croyant tout perdu, il résolut d'exécuter, avec quarant#-cinq chevaux et une centaine de fantassins seulemeat, le projet qu il avait voulu réaliser avec toute son armée. Il traversa les lignes ennemies, étonnées de sou audace, et parvint à Ancône à cinq heures du soir, laissant la colline de Gastelfidardo et les champs environnants couverts de blessés *.

Siège L'arrivée de Lamoricière et de sa petite troupe portait à 4- 200 le

(18-20 septern- ^^f^^^^'® ^^^ soldats valides, capables de défendre la ville. G était peu bre 1860) pour une place dont les ouvrages de défense avaient sept kilomètres de développement et qui se trouva bientôt assaillie, du côté de la terre par l'armée de Cialdini, du côté de la mer par une flotte de onze gros navires portant plus de 4oo pièces d'artillerie. C'était

I. A côté du général de Pimodan, étaient tombés pour la défense du pape : Arthur de Chalus, Joseph Guérin, Félix de Montravel, Alfred de la Barre de Nanteuil, Alphonse Ménard, tant d'autres, dont les oraisons funèbres de Mgr Pie et de Mgr Dupanloupont ce' ri ré l'héroïsme. Voir Mgr Pie, Œuvres, t. IV, p. H-']0 ; DuPANLOLP, Œuvres choisies, t. I, p. 181-226 ; Veuillot, op. cit., p. i46et» ^ f» comte de Ségur, les Martyrs de Castelfidardo, un vol. in- 12, Paris, 1860.

DE LA BULLE IneffabiHs A l'ewctclique Quanta cura 473

toujours le combat de !'« homme qui se bat, à cinquante pas, avec un pistolet, contre un adversaire armé d'une carabine ».

Le i8, le feu fut ouvert par les canons de la flotte ; le 22, le blocus du port fut réalisé. Lamoricière attendait avec anxiété l'arrivée de l'armée fran(;aisc. 'x Si Goyon n'a pas perdu de temps, disait-il, il doit être en marclie *. 0 La «.^arnison perdait chaque jour de 20 à 80 hommes. Le 28, les frégates piémonlaises commencèrent un combat à outrance. Un grand nombre de canonnier» furent tués ; beaucoup de pièces furent démontées ; les murs s'écroulaient, et leur chute agrandissait les embrasures. Une brèche de 5oo mètres fut ouverte au corps de la place, offrant à l'ennemi la facihté de débarquer sur le quai et de prendre la ville d'assaub. Lamoricière fit arborer le drapeau blanc sur la citadelle ^. La capitulation fut signée le 29 à 2 bruies du soir. La petite armée pontificale n'existait plus. Les Marches et l'Ombrie furent occupées par l'armée piémontaise,

A peu de temps de là, le i5 février 1861, parut une brochure intitulée : La France, Rome et l'Italie. Elle avait pour auteur Arthur de la Guéronnière, dont la plume avait déjà écrit deux brochures retentissantes: Napoléon III et I Italie, le Pape et le Congrès. On osait y soutenir que l'auteur responsable des récentes catastrophes n'était pas le comte de Cavour, mais le pape, qui, par son entêtement à ne pas obtempérer aux désirs de son peuple et aux invitations des puissances, avait causé tout le mal. L*opinion publique vit, dans cette brochure, œuvre d'un homme qui s'était fait plusieurs fois l'interprète de Napoléon III, une nouvelle manifestation de la pensée impériale ^. On rapprocha de l'étrange assertion de cet écrit la singulière inertie des troupes que l'empereur avait destinées à la défense delà papauté. Dans une lettre pastorale datée du 22 février, Mgr Pie, évêque de Poitiers, écrivit ces paroles, où tout le monde vit une allusion à l'attitude de Napoléon III: « Pilate pouvait sauver le Christ, et sans Pilate on ne pouvait mettre le Christ à mort... Lave tes mains, ô Pilate ; déclare-toi innocent de la mort du Christ *. »

Apparilion de la bro< bnra

La Fra.i e.

Rome et r Italie

i ib février

Protestations

de Mgr Pic :

C Lare tes

mains,

ô Pilate î »

(a 3 février

1. Le général de Go)on était, on le sait déjà, le chef des troupes françaises destinées à protéger l'Etat pontifical.

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