‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 24 sur 374 · Artaud, op. cit., p. ii · texte numérisé non relu

Artaud, op. cit., p. ii

HISTOIRE GÉNÉRALE DK l'ÉGLISE

II se dégage de la sujétion de la (( Congrégation d'Etat»,

qu'on

voudrait

lui imposer.

Il est secondé,

dans cette politique,

par

ion secrétaire

d'Etat,

le cardinal

Délia Somaglia.

Autres

tentatives

de domination

ou d'entraves.

Le pronostic se réalisa point par point. La première manœuvre du parti avait été d'obtenir du nouveau pape, quelques heures à peine après son élection, et sous prétexte de soulager sa santé défaillante, la constitution d'une « Congrégation d'Etat », composée de cardinaux pris dans les trois ordres et oiî l'on avait eu soin de ménager une foile majorité de Zelanti. Mais, peu de temps après, Léon XII, voyant le piège, déclara : 1° que les séances de la Congrégation ne seraient pas périodiques, et 2" que, dans tous les cas, les affaires importantes seraient préalablement examinées et rapportées par le secrétaire d'Etat. Puis le secrétaire d'Etat lui-même, cardinal Délia Somaglia, notifia, avec une sorte de publicité, au corps diplomatique, que la susdite Congrégation n'était pas un Conseil d'Etat, qu'elle ne serait qu'une assemblée consultative, et qu'on y appellerait, dans les occasions, tels et tels autres cardinaux que ceux qui en faisaient officiellement partie. « Toutes ces explications, dit un rapport diplomatique du 2 décembre 1828 adressé au vicomte de Chateaubriand, alors ministre des affaires étrangères, toutes ces explications furent données du ton d'un homme qui était aussi jaloux de son autorité ministérielle qu'aurait pu l'être Consalvi *. »

De semblables tentatives de domination se renouvelèrent. A Rome, le cardinal Severoli, poussé par la faction dont il avait été naguère le candidat, abusa de la confiance que la chevaleresque générosité de Léon Xll lui accordait, pour faire prévaloir les idées et les rancunes zélantistes. Le pape dut mettre fin aux agissements de ce compromettant collaborateur 2. En France, les partisans du comte d'Artois, généralement plus dévoués à la cause catholique que les gens de l'entourage du roi, mais qui comptaient parmi eux nombre d'esprits exagérés et bruyants, lièrent partie avec les Zelanti de Rome, De concert avec ces derniers, ils entreprirent d'indisposer le pape contre la politique de Louis XVIII, qu'ils lui représentèrent comme systématiquement inspirée par des sentiments d'hostilité envers le Saint-Siège et le catholicisme. L'attitude du gouvernement de la Restauration n'était pas, nous l'avons déjà vu, à l'abri de tout reproche ; mais les faits sujets à critique furent grossis, dénaturés, généralisés par l'esprit de parti. Léon XII fut d'autant plus peiné de ce qu'on lui raconta, que le roi de France, au lendemain même de

Page 1