‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 25 sur 374 · Id., I · texte numérisé non relu

Id., I

LEON XIT

son avènement au siège de saint Pierre, l'avait assuré de son désir « d'accroître le bien de noire sainte religion » et « de perpétuer l'honneur du Saint-Siège » ^ De pareils actes, après de semblables déclarations, ne constituai.ent-ils pas une odieuse hypocrisie ? Ne pouvant contenir en lui-même son émotion, Léon XII écrivit le 4 juin 1824, et fit aussitôt parvenir au roi Louis XVIII une lettre où, après lui avoir reproche de « ne pas protéger suffisamment le clergé catholique », de laisser « subsister une législation offensant la religion sous de nombreux rapports», de remellre en vigueur les appels comme d'abus, d' « assimiler les temples protestan s aux églises », et de « craindre la trop grande influence du clei ré », tandis qu' « une foule d'écrivains lançaient impunément leurs tiaits contre la religion », il l'invitait à u choisir pour ses coopérateurs Jes hommes éprouvés par leurs talents politiques comme par leur piété » 2.

Cette lettre parvint à la cour de France « comme un coup de foudre » ^. Le passage où le roi était invité à choisir d' « autres collaborateurs » fut regardé comme une insulte, insulte d'autant plus gratuite, disait-on, que le ministère visé par la lettre du pape était celui que présidait M. de Villèle, et que ce ministère sélait surtout signalé par sa lutte contre les libéraux. Par une lettre du 20 juillet 1824, le roi de France témoigna, d'un ton aigri, « sa surprise de l'inexactitude des rapports que Sa Sainteté paiaissait avoir reçus de France, et qui, dictés par un zèle imprudent et peu éclairé, avaient trompé la religion du Saint-Père sur le véritable état des choses * ». Une crise redoutable était S'jr le point de s'ouvrir. Il était à craindre qu'un Etat étranger ne profitât d'un conflit entre Paris et Rome pour prendre la place de la France dans ses relations avec le Saint-Siège. Les diplomates français et les diplomates romains comprirent en même temps ce que l'une et l'autre y pouvaient perdre. Le chargé d'afl'aires français qui joua le principal rôle dans l'apaisement de ce diflérend s, nous a laissé le récit ému des démarches qui aboutirent

Trompé

par quelque»

esprits

exagérf^s,

Léon XH

écrit

à Louis xvin

une lettre

d'une excessive

Revérité.

Irrilatioa

du roi de L ranc«

Danger

de

la situation.

I. Lettre de Louis XVIII à Léon XII, en date du i4 octobre iSaS (^Artaud, I, io0-ic)7>

a Voir le texte entier de la lettre dans Artaud, I, 234, a3q.

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