‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 241 sur 374 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

6. Ce n est pas que Renan n'emploie plusieurs fois le mot de « révélation >; • mai* li . •nleuddans un sens tout diirérent (Vtc; de Jésus, introduction, p. ux.^ '

Inconsistance de

SCS doctrines et de ses méthodes.

Scandale

produit par

l'apparition

de

la Vie de Jésus

Vive protestation de Mgr Pie.

nature. Est-il matérialiste ou idéaliste ? On ne sait, car, s'il admet que le monde est « le règne de la mécanique », il professe qu' « une conscience obscure pousse le possible à exister » . Est-il athée ou déiste ? On l'ignore, car « si Dieu n'est pas encore, il sera peut être un jour ». Sa méthode d'exégèse est elle naturaliste comme celle de Pauhis, mythique à la manière de Strauss ? Gela dépend ; car il est prêta adopter l'explication la plus commode, la plus poétique, ou la plus pittoresque, peu lui importe, pourvu que le surnaturel soit exclu. Finalement, est-il religieux? Il répond lui-même: oui et non ; car ce disciple de la pensée allemande semble avoir pris pour devise le distique de Schiller : « Quelle religion je professe ? Aucune de celles que tu nommes. — Pourquoi aucune ? — Par

religion. »

Le scandale produit par l'apparition de la Vie de Jésus fut immense. De nombreuses éditions se succédèrent en i863. En i864, une édition populaire fut publiée, dont 5o.ooo exemplaires furent vendus en peu de temps. Après les classes cultivées, les masses populaires furent atteintes par le venin. Les impies se réjouirent ; les vrais croyants s'affligèrent. Sans doute « il se trouva, parmi ceux qui ne partageaient pas la foi chrétienne, des esprits élevés qui sentirent l'inconvenance d'un tel écrit ; mais il se rencontra aussi nombre de chrétiens frivoles à qui les grâces du style, le charme des peintures, la molle séduction d'une pensée flottante, firent illusion sur le caractère du livre ^ . »

Les prêtres en chaire, les évêques dans leurs mandements, les écrivains catholiques dans des articles de journal et des brochures 2, signalèrent aux fidèles et réfutèrent l'œuvre sacrilège, que la Congrégation de l'Index ne tarda pas à condamner 3. La protestation la plus véhémente fut celle de Mgr Pie, évêque de Poitiers, qui, non content de flétrir, lui^ successeur de saint Hilaire, les blasphèmes du nouvel Arius *, fit tomber une part de la responsabilité du scandale

1 Mgr d'Hulst, m. Renan, dans le Correspondant du 25 octobre 1892, p. 2o5.

2 louis Veuillot, alors empêché d'écrire dans un journal, opposa à la Vie de Jéiius une Vie de Notre- Seigneur Jésus-Christ, « celui de tous ses écrits qui fait le plus d'honneur à son caractère et à safoi » (A. Nicolas, VArt de croire, 3e édition, 2 vol. in-8, 1867, t. Il, p. 24o). Cf. Eugène Veuillot. Louis Veuillot, t. III, p. 671-482.

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