Insignis impudenlia
8. Déliramentum.... libertas perditionis,... humanse sapientise loquacitas. — V l'exemple de la plupart des historien!, nous donnons, de l'encyclique, la traduction contemporaine de l'apparition du document, celle qui a éU donnée tant par Ut catholiques que par les libres penseurs.
Cause de «on
retentissement
exceptionnel :
i' la vivacité
des termes
employés par
le souverain
pontife.
ao les
applications
qu'il en uit
ou qu'il en suggère
à des
événements
récents,
30 L'état surexcité -les
esprit;-
au moment
où appar.iît
le document
pontifical.
f\o Le eatalogiie • ou Syllabus
qui j est annexé.
l'occasion des congrès de Malines, avaienl, chez les gouverrianls comme parmi le peuple, dans le monde catlolique comme da. s le milieu libre penseur, surexcité les esprits.
Une dernière circonstance mit le comble à cette surexcitation. L'encyclique du 8 décembre était accompagnée, nous l'avons déjà constaté, d'un catalogue ou Syllabus des principales erreurs modernes. Ce catalogue contenait 80 propositions, extraites de diverses <( allocutions consistoriales, encycliques et autres lettres apostoliques )).0r, de quelques-unes de ces propositions, isolées des documents d'où elles avaient été tirées, et habilement interprétées par les ennemis de l'Eglise, il semblait résulter que le pape condamnait en bloc tous les progrès de la civilisation moderne et tout particulièrement la liberté de la philosophie, l'indépendance des pouvoirs civils et la liberté de conscience des citoyens. C'étaient les conséquences que l'on prétendait déduire de la 8o% de la i4% de la 42* et de la i5® des propositions condamnées, lesquelles étaient ainsi conçues : Prop.80: le pontife romain peut et doit se réconcilier et se mettre d'accord avec le progrès, avec le libéralisme et avec la civilisation moderne ; Prop. i4 i on doit s'occuper de philosophie sans tenir aucun compte de la révélation naturelle ; Prop. 4 2 : en cas de conflit entre les deux pouvoirs (civil et religieux), le droit civil prévaut ; Prop. i5 ; Il est libre à chaque homme d'embrasser et df professer la religion qu'il aura été amené à regarder comme vrai( par les seules lumières de la raison.
Emotion produite
dans le camp de la
libre pensée.
Napoléon III
interdit
la publication
de l'encyclique
en cbaire.
Dans le miUeu de la libre pensée, ce fut, suivant une énergique expression de Mgr Dupanloup, comme « un abominable hallali de tous les aboyeurs de la presse contre le vieillard désarmé duVatican»*. Le journal le Siècle vit dans le Syllabus le « suprême défi jeté au monde moderne par la papauté expirante ». Le gouvernement de Napoléon III déclara l'encyclique et le Syllabus u contraires aux principes sur lesquels reposait la Constitution de l'Empire » *, et
I. La.gra.nge, Vie de Mgr Dupanloup, k. II, p. 45o. a. Gha.ntrel, Annales, p. 569.
DE l'encyclique Quanla cura au concile du Vatican 4 97
dcféra comme d'abus au Conseil d'Etat le cardinal arclievcque do P»i sançon, Mgr Malliieu, et révêque de Moulins, Mgr de Dreux- Diezé, pour avoir fait lire l'encyclique en chaire *.
Les catholiques se soumirent tous à l'enseignement pontifical ; mais, pour ceux qui avaient applaudi aux discours prononcés par Montalembcrt au congrès de Malines, l'apparition de l'encyclique iLit, suivant l'expression de l'un d'eux, comme a un coup de foudre » ^, qui les déconcerta tout d'abord. « Jamais, écrivait vingt-deux ans plus tard Mgr d'Ilulst, je n'oublierai la surprise, l'émotion, l'in- (juiétude où me jeta la lecture de ce document doctrinal. Je vis clairement qu'il y avait quelque chose à changer dans ma conceplion de la société... Le souvenir de cette évolution intérieure sera inrfTa(;able dans mon âme. Commencée dans la tristesse et dans le iiouble, elle s'acheva dans la joie et dans la paix. Mais, depuis lors, il m'a été impossible d'admettre que l'erreur libérale n'eût jamais existé ; car j'avais à la fois conscience et de l'avoir constatée en moi-même et de ne l'avoir pas inventée ^. » Plusieurs catholiques furent donc à modifier leurs idées. D'autres ne soufl'rirent que par .suite de regrettables malentendus. Mgr Dupanloup s'efforça de faire ilisparaître ces malentendus, en rédigeant à la hâte et en faisant paraître, à la date du 26 janvier i865, sous le titre de la, Convention (la 15 septembre et C Encyclique du 8 décembre 186-^/, un commenluire des deux documents pontificaux *. S'appuyant sur la distinction, désormais admise par les théologiens, de la thèse et de . lypoihèse, il montra que l'encyclique donnait l'idéal d'une société complètement chrétienne, mais qu'elle laissait les fidèles libres d'agir conformément aux conditions de la société politique actuellement existante ^. Replaçant, d'ailleurs, chaque proposition du Syllabus dans son contexte, il fît voir que le sens qui devait y être attaché était toujours juste et raisonnable.
Emotion
produite parmi
les
catholique»
libéraux.
Mgr Dupanloup s'efforce de «. iisiper
malentendu»
propagés
par
les ennemis
de r£giist.