Ibid
3. E Kbller, V Encyclique du 8 décembre,,,, un vol. in-ia, a« édition, Paris, 1866, p. 268-^90.
/j. A, DE MtN, Ma vocation sociale, p. i3.
5. Association catholique, année 1882, I, p. 2 46. Cf. Mgr d'Hulst, le Droit chri' tien et le Droit moderne, un vol. iu-12, Paris, 1886, p. 7-8.
DE l'encyclique Quanta cura au coîicile du vATicA!t 5oi
que la somme du nombre », et que « la doctrine de l'Eglise n'est point opposée au bien et aux intérêts de la société humaine » ? Tel était le sens des propositions 58, 69, 60, 89, 4o, 6/4, du Syllabns ^
1. Les théologiens se sont demandé <)uelle est l'autorité doctrinal» du Syllabus. Quelques-uns, consiiiéraiit que le document n'est point signé du pa[)e, sont allés jusqu'à lui refuser le caractère d' " acte du Saint-Siège ». '^>olte opinion doit être écartée. Le cardinal Antonelli a envo}é le Syllabus aux évéques au nom du pa[»e. Pie I\ et ses successeurs ont toujours considéré le Syllabus comme un *ctc du Saint-Siège. Léon XIII, en particulier, le considère comme tel, lorsqu , dans fon encyclique Immortale Dei, il en cite les propositions 19, 34 ^o et 7Q 'Voir BouDiNHON dans la Revue calholujue des Eglises, de mars igoô). Mais le Syllabu. estil un acte ex cathedra ? L'opinion qui soutient l'aiïirmative s'a|tpuie : i» su le fait que ce catalogue d'erreurs fait corps avec l'encyclique Quanta cura^ laquei •», l'adressant au monde catholique pour condamner des erreurs, a lei caractère.* d'un acte ex cathedra ; a" sur le fait que l'Eglise entière a accepté l'autorité doctrinale du Syllabus, soit qu'elle l'ait considéré comme faisant corps avec l'encvciique, ioit qu'elle l'ait regardé comme un acte du « magistère ordinaire » du pape. Parmi ceux qui ont mis en doute le caractère ex cathedra du Syllabus, on peut citer : le P Newman, de l'Oratoire, lequel, ayant écrit, le 12 mai 1879, ^^^^ une lettre publique au duc de Norfolk : t Le Syllabus n'a pas de force dogmatique », cl6 créé cardinal peu de temps après par Léon XIII ; Mgr Fessier, évêcjue de Saint- Hippolyte en Autriche et secrétaire général du concile du Vatican, qui a préstnté la même thèse comme probable dans son livre la Vraie et la Fausse InfailubilUé, (trad franc., un vol. in-ia, Pari», 1873, p, i3a-i35) ; et le savant canoniste de Angelis. professeur au collège de l'Apollinaire. Le principal argument de ces auteurs est celui-ci : Pour qu une collection, même faite sur l'ordre du pape, ait une autorité spéciale comme collection, il ne suffit pas que cette collection ait été faite par l'ordre du pape ou acceptée comme authentique par le peuple chrétien ;il faut, luivantla doctrine acceptée par tous les canonistes, que le pape l'ait « faite sienne» ou par sa signature ou par son sceau ou par une déclaration formelle. Ainsi les Dccrétales collectionnées, sur l'ordre du pape, par saint Raymond de Pennafort, n'ont eu une autorité propre que par la Constitution Rex pacijicus de Grégoire IX, qui a approuvé expressément la collection ; au contraire le viic Livre des Décrétales, bien que rédigé par l'ordre du pape, n'a pas d'autorité propre. Il en est de même du décret de Gratien, qui a été unanimement accepté comme texte officiel dans les écoles, mais qu aucun pape n'a « fait sien » par un acte exprès. Tel est, dit on, le cas du Syllabus. Il a bien été rédigé et envoyé par l'ordre du pai)e, comme le VIT Livre des Décrétales ; il a été reçu et accepté par l'E ;Ji<e, comme le décret de (iratien ; mais, n'ayant été ni signé, ni scellé, ni approuvé expressément comme son acte propre, par PielX, il ne peut avoir d'autorité propre Les propositions dont il se conqjose ont tout juste 1 autorité des documents d'oii elles sont extraites, comme elles ont tout juste le sens que leur donne le contexte de ces documents. Le R P. Choupin cite, à propos du Syllabus, une parole qu'aurait prononcée le pape Pie X, dans une audience particulière accordée à M. (Iharles A Brigii;s. ^'oici les paroles de M. Briggs : « The Holy Father himself assured me that it \the Syllabus of Pius IX) did not corne under the categoij of infaiUlillity » (Ch Brigcs The Papal Commission and the Pentateuch, London, 1906, p 9). (L. CiiOLriN, Valeur des décisions doctrinales et disciplinaires du Saint-Si^ge, in-vol , Paris, 1907, p 132". Au fond, la controverse dont nous venons de parler a moins d'iniporlance pratique qu'il ne le semblerait an premier abord ; car ceux qui défendent le caractère ex cathedra du Syllabus concèdent que chaque proposition doit être prise dans le sens donné par la pièce d'où elle est extraite ; et ceux qui refusent de reconnaître au Syllabus la même autorité qu'à l'encyclique, sont bien forcés d admettre que cette dernière contient tous les principes des assertions données par '« Syllabus. — On a publié divers commentaires du Syllabus. Nous n'en connaissons
Boa
La situation
religieuse en ÏUli«.
La c question romaine »,
Vains efforts
de la diplomatie
pour la résoudre.
Le gouvernement italien avait d'abord, comme le gouvernement français, prohibé la publication de l'encyclique et du Syllabus. Bientôt il revint sur cette décision. Le 8 février i865, il donna Yexequalur aux deux documents.
Retenait-il à une politique plus conciliante ? D'aucune façon. Par la G invention du i5 septembre, la cour de Turin avait en main un actiî qui ouvrait la voie à toules ses ambitions ; elle pouvait, pour le Dxoment, s'abstenir de toute manifestation contre l'autorité du Saint- Siège. « Nous pourrons marcher lentement, disait le général La Marmora, chef du cabinet ; mais nous ne reculerons plus jamais *. » Le but de cette marche était connu : c'était Rome capitale. Et, Rome une fois devenue la capitale du royaume d'Italie, c'en était fait du pouvoir temporel de la papauté. « Privé des baïonnettes étrangères, disait le ministre des relations extérieures, Visconti- Venosta, le pou voir temporel ne peut plus durer longtemps ^. « La Convention accordait deux ans au gouvernement français pour retirer ses troupes de Rome. Pendant ces deux ans, la diplomatie multiplia les démarches, fit des efforts suprêmes pour résoudre pacifiquement la « question romaine ». L'Autriche et lEspagne reprirent le projet d'une « garantie collective » pour le maintien du domaine pontifical. Mais Napoléon n'entra pas dans ces vues ; il espérait toujours arriver à la solution par un double effort : effort sur le Saint-Siège pour l'amener à des concessions territoriales, effort sur le gouvernement italien pour l'empêcher de se laisser entraîner à une agression violente.
Aucune de ces tentatives n'aboutit. L'Autriclie, quelles que fussent ses sympathies pour la papauté, hésitait à pousser trop loin son intervention dans l'Italie, dentelle sentait l'hostilité irréductible ; l'Espagne était trop faible pour exercer une initiative prépondérante ; et
pas de plus sûr que le simple Recueil des allocutions consistoriales, encycliques et autres lettres apostoliques des souverains pontifes cités dans l'encyclique et le Syllabusdu 8 décembre 186à, un vol. in-8, Paris, i865 Ce volume contient le texte lalin et la traduction française de l'encyclique, du Syllabus et de tous les autree documents.