‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 260 sur 374 · I. La. Gorge, op. cil ., V · texte numérisé non relu

I. La. Gorge, op. cil ., V

i. La grande-duchesse de Gerolslein,

DE l'enctcltque Qiianta cura a.u co^icile du Vatican 5 1 1

Trente, c'est-à-dire depuis trois siècles, l'Eglise n'avait pkrs tenu une pareille assemblée. Jamais elle n'avait laissé s'écouler, entre deux conciles généraux, un si long intervaHe.

Au commencement du mois de mars 1 865, une commission de Travam

T • f , - ' f Ta i • 4- préparatoirei

cmq cardmaux avait ete instituée pour discuter certaines questions ^j^^^ i865). préliminaires. Vers la fm de ce mois, trente-cinq évêques du rite latin avaient été invités à faire parvenir à la commission cardinalice un résumé des points de dogme et de discipline qn ils désireraient voir traités dans l'assemblée. Au début de l'année suivante, une pareille invitation avait été adressée aux évêques chi rite oriental. Les uns et les autres avaient répondu à l'appel fait à leurs lumières ^.

Les résultats de ces enquêtes ne furent pas communiqués au public ; mais l'opinion catholique ne pouvait pas se désintéresser de cette grande entreprise. Le pape Paul III avait écrit, en convoquant le concile de Trente, que « dans les grands périls de la chré- Te que

tienté, il n'v avait pas de meilleur remède qu'un concile œcumé- po . Jit ^^tr» . ... . . , *e futur

nique » 2. Au iv* siècle, en pleine crise arienne, le concile de Nicee concile.

avait proclamé l'absolue égalité des trois Personnes divines et l'absolue Divinité du Christ ; au xvi* siècle, au milieu de la rivolulion protestante, le concile de Trente avait défini les conditions de la justification de l'homme par la grâce divine ; au xix" siècle, en face de l'erreur révolutionnaire, non moins envahissante et non moi-os redoutable que l'hérésie protestante, on pressentait que l'épiscopafc allait relever k notion de l'autorité dans l'Eglise et dans la personne du pape. Le 3 juin 1867, la CivMà caitolica prit l'initiative d'un mouvement en faveur de l'infaillibilité pontificale, proposant aux catholiques de se lier par un vœu à la profession publique et à la défense de cette croyance ^.

Cependant la Révolution, justifiant par ses actes les alarmes des Menées ré \ocatholiques, dirio;eait contre le pape ses plus violentes attaques, jutïonnaircs

/* ^ . . y ^ ^ . ^, dans les Elnts

Dans le courant du mois de juin 1867, le « Comité insurrection- pontificaux. nel » de Rome faisait circuler la proclamation suivante : « Romains, la révolution qu'accomplira l'Italie ne peut avoir son complet déve-

1. Sur ces préliminaires du concile, voir Th. Gratïderath, S. J., Histoire da eoni'ile du V'alican, traduction française, 5 vol. in 8, Bruxelles, 1907- 191 3,

2. Paul III, dans sa bulle Inilio noslri. ^. Gn^^TnBL, Annales, p. 56o-56i.

de Garibaldi « E\ome doit

loppement qu'à Rome ; elle ne peut triompher qu'au Capitole » *, Le 21 juin, le maréchal Niel se plaignit qu'un certain nombre de soldats de la légion romaine, « désertant honteusement le drapeau (pontifical) qu'ils avaient librement choisi, abandonnaient leurs chefs pour suivre de misérables embaucheurs étrangers » *. Les grandes fêtes célébrées, le 29 juin 1867, à Rome, à l'occasion du dix-hui- Uième centenaire du martyre des apôtres saint Pierre et saint Paul, les ovations dont le pontife fut l'objet ce jour-là, ne firent qu'exaspérer la haine des ennemis de la papauté 3. Le 19 juillet, Garibaldi, haranguant la foule à Pistoia, s'écria : « Rome doit être à nous * I » Le 28, le gouvernement français fit déclarer par le Moniteur qu'il être à nous ». s'en remettait au gouvernement de Florence ^ du soin de protéger la frontière pontificale ^. Cette déclaration fut un nouveau sujet d'inquiétude pour les catholiques. Le 3i, l'évêque d'Orléans jeta un cri d'alarme. « Je suis inquiet, s'écria-t-il ; jenecroisguèreà labonne foi italienne ; puis-je oublier l'expédition de Garibaldi en Sicile, les désaveux et les comédies de M. de Gavour "^ ? x> Le 1 2 septembre, le troisième congrès de Malines déclara, en clôturant ses délibérations, qu'il « voyait, dans l'occupation des Etats de l'Eglise, non seulement un crime sacrilège, mais aussi un préjudice très grave porté au droit, à la liberté et au bien-être de toute la chrétienté » ^. La semaine précédente, le conspirateur Mazzini avait refusé d'assister à un congrès dit de la paix que tenaient à Genève plusieurs de ses amis libres penseurs, rangés autour de Garibaldi, parce que, disait-il, il lie pouvait renoncer à la guerre contre l'Eglise et la papauté ^. Le 8 octobre, le journal l'/Za/ia, organe du ministre Ratlazzi, déclara que « la solution de la qucfctiou romaine était devenue une nécessité », queu le moment était arrivé où, à tous risques et périls, il fallait trancher le nœud gordien» ^^. Le 19 octobre Garibaldi, profitant des embarras d'une crise ministérielle, quitta l'île de Gaprera, qui lui

Déclarations de Mazzini.

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