‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 261 sur 374 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

«. Ibid., p. 636.

^. Ibid., p. 638.

DE l'enctclique Quanta cura au concile du yatica:* 5i3

avait été assignée pour résidence, et aborda sur le continent. Le 21, il lança, de Florence, une proclamation pleine de violences *. Quelques jours après, il franchit, sans rencontrer de résistance, le cordon de troupes piémontaises placées sur la frontière, et fit envahir par ses soldats, en plusieurs points, les Etats de l'Eglise. Sa tactique était d'attirer l'armée pontificale hors de la ville de Rome, qui resterait ainsi dépourvue de défenseurs, et d'y susciter aussitôt une révolution. Efi'ectivement, dans la nuit du 22 octobre, dans plusieurs quartiers de la ville à la fois, des bandes dinsurgés attaquent les postes et les casernes, tentent de pénétrer au Capitole pour y sonner la cloche d'alarme ; mais partout les soldats pontificaux restés dans Rome, zouaves, carabiniers et gendarmes, repoussent victorieusement les émeutiers.

Cependant le bruit se répand que Garibaldi s'avance vers Rome. Le danger est grave, en effet. Heureusement, l'héroïque résistance que trois cents légionnaires opposent au condottiere à Mon le-Rotoudo, entrave sa marche, met dans son armée un trouble qui le déconcerte. Il s'attarde près de deux jours à délibérer, et laisse le temps aux troupes françaises de le devancera Rome.

La France en effet venait de se décider à intervenir. Le premier article de la Convention de Septembre, portant que l'italie s'engageait à empêcher, même par la force, toute violation du territoire pontifical, n'était-il pas ouvertement violé ? Le 3o octobre, les soldats pontificaux postés sur les hauteurs du Janicule entendirent un bruit de clairons et de tambours. C'était l'arrivée de l'avant-garde française. Elle fut bientôt suivie de deux divisions, commandées par le général de Failly.

C'était le salut. Le général Kanzler, commandant en chef de» troupes pontificales, dans un entretien avec Failly, fit prévaloir son j)ian stratégique, aussi hardi que prudent : aller aux bandes garibal- (hennes et les écraser promptement. C'était le moyen le plus sûr de localiser la lutte, d'empêcher un conflit dans lequel quatre armées, animées de vues diverses et mal définies, pouvaient se trouver élrangciiicut impliquées : l'armée de Garibaldi, celle de Victor-Emmanuel, celle de Napoléon III et celle de Pie IX. L'armée papale, appuyée par une partie de l'armée française, se dirigea vers les troupes révolutionnaires, qu'elle rencontra, le Snoveuibre, campée»

Invasion

dei

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Inierventioa des troupes

françaises.

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Kanzler,

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des troupes pooUâcalee.

K CuAJiTHKL, AnnaleSf p. 679.

Hist {{en. ilelb^Itse \ .11

5l4 HiSTOiHE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISB

dans une position habilement choisie, sur un plateau défendu par de nombreux accidents de terrain, et où deux anciens châteaux, cehi» de Montana et celui de Monte Rotondo, jouaient le rôle de véritables forteresses.

Bataille Les zouaves réclamèrent l'honneur de marcher les premiers à

de Mentana v . .

(3 novembre ' assaut, et S emparèrent des premiers mamelons, dans un élan où 1867). s'illustra le lieutenant-colonel de Gharette. La. vigoureuse intervention des troupes françaises acheva la déroute des garibaldiens, qui laissèrent sur le champ de bataille un millier d'hommes, blessés ou tués, et quinze cents prisonniers valides. Ceux qui échappèrent furent arrêtés à la frontière et désarmés. L'armée révolutionnaire n'existait plus.

Le conflit La bataille de Mentana avait sauvé Rome ; mais elle avait ravivé

franco-italien. .

le conflit entre Napoléon III et Victor-Emmani:eI. A la parole du général de Failly : « Nos chassepots * ont fait merveille », le roi d'Italie ripostait : « Ces chassepots ont brisé mon cœur de roi » ; et, quand, le 5 décembre suivant, le ministre frar.çais Rouber, voula- t sceller l'alliance de son gouvernement avec les catholiques, s'écria: « Jamais l'Italie ne s'emparera de Rome ; jamais la France ne le supportera », Victor-Emmanuel murmura ; « Nous lui ferons voir son jamais. »

Le 1" janvier 1868, Pie IX bénit la France, son empereur et son armée, qu'il remercia d'être « venue avec tant d'empressement au secours de la papauté » ^ ; mais l'Italie demanda à la France l'évacuation de Rome par les troupes françaises dans le délai de deux mois ^. En ne craignant pas de s'aliéner le roi Victor-Emmanuel pour soutenir le pape et la foi des traités, l'empereur dcg Français méritait la reconnaissance des catholiques ; mais, en entrant en conflit avec l'Ilalie après l'avoir aidée à devenir une puissance redoutable, il se préparait des difficultés que seul un dévouement absolu Atiîindfi au Saint-Siège, fondé sur une foi catholique profonde, lui aurait inflpcise dn pgrjy^is du surmonter. Or, l'âme indécise et flottante de celui qui représentait alors la « fille aînée de l'Eglise », ne possédait pas un tel sentiment.

I. Nom donné à des fusils d'invention récente^ ainsi appelés du nonoi de leur inventeur.

a. Chantrel, Annales, p. 7^8, 3. Ihid.y p. 74 1.

DE LfîîiCTCLiQUE Quanta cura \v conctt.e du vatihvv 5i5

L'empereur l'Autriche, roi apostolique de Hongrie ^ ne dormait pas jIqs lie satisfaction au Saint-Père. Au cours des années 1867 et i368, la Chambre des Députés et la Chambre des Soigneurs votèrent, sur la proposition du gouvernement autrichien, une série de lois dites confessionnelles, qui annulaient, sans en faire mention, les principales clauses du concordat de i855. L*une d'elles instituait le mariage civil ; une autre mettait renseignement public et privé sous la direction de l'Etat ; une autre réglementait les relations entre les membres des diverses confessions religieuses et le droitdechanger de religion^. En vain, le 28 septembre 1867, au moment où ces lois avaient été présentées aux Chambres, les évoques autrichiens avaient-ils protesté contre elles par une lettre adressée à l'empereur^. Faisant remarquer que ces lois étaient destinées à régir une nation catholique, ils terminaient leur missive par ces graves paroles : « Pinson proclame hautement que la volonté du peuple est l'unique source du droit, moins on respecte les vœux et les conviclions de la très grande majorité.. . Sire, il s'agit non seulement de l'Egli^o catholique, mais encore du christianisme... Les évêques soussignés, vos fidèles sujets, sont profondément convaincus qu'en prenant en main la défense des droits de l'Eglise, ils combattent pour Dieu, pour votre trône et pour votre peuple*. » L'empereur autrichien passa outre. Les lois anticoncordataires furent promulguées la 25 mai 1868. En rendant compte des débats, commencés le 19 mars, V Univers écrivit : « Le libéralisme va plus loin en Autriche quo dans les autres Etats de l'Europe^. » Le 16 décembre, le premier ministre de la cour de Vienne, le baron de Beust, écrivait à l'ambassadeur d'Autriche à Rome : « Nous ne cédons pas à des tendances antireligieuses. Nous constatons seulement la nécessité de mt ttre les rapports de l'Eglise et de l'Etat eu harmonie avec les institutions nouvelles dont l'Autriche est dotée ^. »

La catholique Espagne, gouvernée par le maréchal Serrano, président du gouvernement provisoire, supprimait, le 18 octobre 1868, « tous les monastères, couvents et autres maisons de

L'emperrnr d'Aulricho promulgue

des lois

attentatoires

à la liberté

de l'Eg'i^o

(23 mai i8(J8).

Mesures persécutrices en Espappo et ea Suiâ6e.

I. Le 8 juin 1867, l'empereur François-Joseph avait été couronné roi de lloiigrie.

a Ghantrfl, Annales^ p. 46o et suiv.

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