‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 269 sur 374 · Ibid., t. II, p. 76, note i · texte numérisé non relu

Ibid., t. II, p. 76, note i

LE CONCILE DU VATICAN

libilitc des conciles œcuiiicDiques, mais qu'à leurs yeux de tels conciles étaient viciés par le fait seul que le pape n'y prenait pas rang comme un simple patriarche, égal aux autres ». C'était, par un simple sophisme facile à réfuter, préjuger précisément la question à résoudre. En somme, les fins denon-recevoir opposées à l'invitation de Pie IX par les Eglises orientales non unies, doivent être attribuées au despotisme de leurs chefs religieux et civils.

L'opposition que l'appel du pape rencontra dans les Eglises protestantes fut de nature diverse. Aussi bien l'organisation de ces Eglises était-elle moins uniforme.

En Allemagne, un protestant qui devait plus tard abjurer l'hérésie, Reinhold Baumstark, écrivit une brochure en faveur du concile, dans lequel il voyait le moyen de réaliser l'union entre tous les fidèles du Christ *. Mais sa voix pacifique se perdit au milieu des clameurs hostiles de ses compatriotes luthériens. Le 20 octobre 1868, le nonce de Munich écrivait au cardinal Antonelli : « La lettre du pape a suscité les articles les plus violents dans la presse protestante... Ces articles tendent à représenter cet acte paternel du Saint- Père comme une insulte et un défi, comme une sollicitation mal déguisée à retourner à la corruption du moyen âge et à la domina lion universelle des papes » *. Le sentiment national, si étrangement exalté et perverti, se joignait à l'esprit hérétique, dans cette irritation de l'opinion publique. Le peuple allemand était encore frémissant des fêtes grandioses célébrées à Worms, le 18 juin de cette même année, à propos de l'érection d'une statue colossale de Luther. Au moment oii le roi de Prusse, Guillaume P' , était apparu, entouré d'im brillant état-major, les cris de * Luther ! Luther ! » avaient été subitements couverts par ceux de <* Hourrah au roi Guillaume ! Houriah à la Prusse ! » Un groupe de manifestants avait même escaladé la tribune royale, et crié de là : u llourrah à l'empereur d'Allemagne! d Et le roi de Prusse avait visiblement salué d'un geste approbateur, à ce cri significatif. Ce fut au pied même du monument de Luther que le congrès de la Fédération générale protestante (^protestaiilcnverein) voulut rédiger une réponse au ponlife romain. « Nous, protestants, disaient-ils, assemblés aujourd'hui à Worms .., au pied du monument de Luther, nous plaçant sur le

Les protestants

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