‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 27 sur 374 · Ami de la Religion, du 8 juillet 182^, p · texte numérisé non relu

Ami de la Religion, du 8 juillet 182^, p

LEON XII

sar la tolérance des opinions, avait signalé ces hommes qui, « intoléranU sur tout autre objet, réclament une tolérance absolue sur les opinions ou croyances religieuses » ^. M. Boyer, dans le Traité de la Religion qu'il professait £^u séminaire de Saint-Sulpice en 1809- 1810 ^ ; l'abbé Frayssinous, dans les conférences qu'il donnait, à la même époque, à un nombreux public de fidèles ^ ; l'abbé Teysseyre, dans ses instructions catéchistiques *, avaient insisté sur le péril de rinc'ifférence religieuse ; et, plus récemment, l'abbé de La Mennais, s'injpirant de tous ces travaux ^, avait, dans un livre éloquent, donné un retentissement nouveau à ces cris d'alarmes. L'erreur était d'aitant plus redoutable qu'elle se cachait sous toutes les formes. hei partisans de la liberté politique l'associaient à leurs revendicatiolis ; mais ne la retrouvait-on pas, plus subtile et plus cachée, dais la doctrine des deux chefs, alors les plus en vue, de la réaction colservatrice ? Quand Talleyrand, prenant la défense des grands principes religieux et sociaux au congrès de Vienne, avouait qu'il s'^i faisait seulement « l'avocat utilitaire » ^, et quand Metternich, aulre défenseur de la légitimité et du droit, laissait clairement entei(dre que, pour lui, « la sécurité dans la possession présente » CQistituait tout le droit, l'un et l'autre, par leur dédain superbe de to te vérité dogmatique et morale dans leur conduite politique, ne pnfessaient-ils pas, à leur manière, le principe de l'indiflerence religiuse, tout en paraissant la condamner par leurs mesures de sévère ré ression "^ ?

L'indifTérence

religieuse,

fruit

des doctrines

philosophiques

de TAncien

Régime

et de

la Révolution.

L'indifférence religieuse

parmi

les chefs

de la réaction

conservatrice.

L DE BoNALD, Mélanges littéraires , politiques et philosophiques , 3 ' édit.. un vol. in-^, Paris, i852, p. lag. — L'étude de Bonaid avait d'abord paru dans le Spec/a/eur f renais de juin 1809.

3 Archives de Saint-Sulpice . M. Christian Maréchal, dans son livre sur la Jeunesse 4e Li Mennais, un vol. in-80, Paris, 1918, p. 58i-583, a analysé le travail de M. Eoyer.

•>. Mmiéchal, op. cit., p. 584-59 (.

4. Pagufllb de Follenat, Monsieur Teysseyre, un vol. in-i8, Paris, 1883, p. 080- 4io,

•» Maki. :ii.\L, op. cit., p. 5y8 et s., ei passim.

6. Correipondauce du prince^de Talleyrand et de Louis XVIII, Préface, p. 6.

7. Le scepticisme religieux et moral de Talleyrand est assez connu. Mctlernich ne mam|uait pas, dit-on, de qualités morales dans la vie privée, et il faisait profession de loi catholique ; mais, comme l'a reconnu un auteur très sympathique à sa personno et a son œuvre, « la physionomie imperturbable du ministre semblait recouvrir un cœur qui ne battait point. Il se rendait compte de cette impression ; il en donnait une explication qui revient fréquemment dans ses lettres. Il dislingue en lui doux moi, entre lesquels les affaires élèvent une barrière infranchissablo. « Ma vie, l'crit-il. est composée de deux parties, que mon caractère me permet de conduire parallèlement l'une avec l'autre, et qui jamais ne se confondent. » (Ch. db Lacombe, le Prince de Metternich, dans le Correspondant du 10 déc. 1882, p. 913.)

Bulle du 27 mai 183^,

convoquant le monde chrétien

& un jubilé.

Op[)osition

des divers Etats.

Le pape passe outre.

Résumé de la bulle.

La condamnation de riiidiflcrenlisme et du libéralisme par Tcncyclique du 3 mai 1824, prélude des célèbres encycliques Mlrari vos et Quanta cura, de 1882 el de i864,qui devaient si profondément remuer l'opinion, ne souleva aucune opposition notable; il n'en fut pas de même du projet tout pacifique de convoquer à Rome les fidèles du monde entier pour y célébrer les fêtes jubilaires, dont une tradition trois fois séculaire fixait la périodicité à tous les vingt-:inq ans. Le désir du pontife était d'autant plus naturel que Pie VII n'avait pas cru devoir, à cause des troubles qui persistaient encore en 1800, ouvrir le jubilé à cette dernière date. Mais le seul bruit pe le pape préparait une bulle à ce sujet, mit l'opinion en émoi. Sms compter les sectaires avérés, qui propagèrent la vieille calomnie protestante faisant du jubilé un trafic de biens spirituels en échange de profits pécuniaires, les puissances non catholiques de l'Allemagnene dissimulèrent pas leur hostilité. L'Autriche, toujours influencée jar le joséphisme, se montra froide, et le gouvernement de Naples, ion content d'objecter toutes sortes de difficultés, fit des démarches pcir engager les représentants des puissances à faire une oppositon active *. D'autre part, le Conseil du gouvernement pontifical n'entrait qu'avec réserve et appréhension dans le dessein du pape. « Le secrétaire d'Etat craignait l'introduction, dans les provinces et daas Rome, de conspirateurs politiques et démembres de sociétés secrèfcs, qui, sous l'habit du pèlerin, pourraient se réunir en sûreté et lamer à leur aise toute sorte de complots. Le trésorier s'épouvantailde la brèche que des dépenses extraordinaires allaient faire dans on budget ; il protestait contre les embarras financiers qu'il prévaait devoir s'ensuivre » 2. Mais aucune de ces objections n'arrêtai' le pontife dans sa résolution. « On dira ce qu'on voudra, répélailiil ^ le jubilé se fera ^. » Il avait choisi la fête de l'Ascension pour publier sa bulle. « Elle fut, dit le cardinal Wiseman, claire, forte et retentissante comme le son d'un clairon d'argent. Rarement il est émané du Saint-Siège un document à la fois plus noble et plus imposant, plus tendre et plus paternel. Le pape s'adressait d'abord à toutes les classes d'hommes qui reconnaissaient sa souveraineté spirituelle. Il engageait les rois à ne mettre aucun obstacle dans le chemin des fidèles pèlerins, mais à leur donner aide et protection. Puis

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