Wiseman, Souvenirs sur les quatre derniers papes, p
3. « Si dira quel cht si dira ; si ha da far il Giubbileo » (Artaud, I, 369).
vÉny xri 76
il demandait aux peuples d'accepter avec empressement son invitatation paternelle. Il se tournait enCin. vers ceux qui n'appartenaient pas à son bercail, vers ceux-là même qui avaient offensé et persécuté le Saint-Siège, et il les exhortait, dans les termes d'une ardente charité, à s'approcher de lui» ^.
Le jubilé eut lieu, au milieu des cérémonies les plus touchantes Célébration
.1 , T OT iiT If.- 'i. '^'"'^s solennelU
et les plus grandioses ^. Le pape maladit, que les factions avaient du jubilé d'abord rêvé de soumettre à leur influence, n'avait pas seulement déjoué leurs espoirs, il triomphait maintenant d'une opposition où s'étaient trouvés engagés les plus puissants hommes d'Etat et plusieurs même de ses ministres. « Léon XTf, dit Crélineau Joly, n'avait pas douté delà foi des peuples; les peuples lui tenaient compte de celte paterneFle confiance » ^.
En dehors de ces premières difficultés, d'un intérêt général, L'EgH?e
Léon Xll, dans ses rapports avec les diverses nations, s'était trouvé, ^* o ique ' t^t- 'en tranc3.
dès le début de son pontificat, en présence de multiples questions délicates à résoudre.
Le fatal malentendu qui s'était manifesté, en juin et juillet 182/i, Léon XJI entre le pape et le roi de France, avait eu pour heureux résultat de j^ rapF°<^ • leur faire sentir, à l'un et à l'autre, le prix de leur alliance. Tous deux eurent l'occasion de méditer ces paroles que le cardinal de Bernis écrivait le 17 août 1774 > « J ai étudié profondément la France; je l'ai considérée en grand et dans ses détails ; et j'ai pensé qu'il était essentiel, pour le bien de l'Etat comme pour celui de la religion, que le roi très chrétien se maintînt en bonne intelligence avec le chef de l'Eglise ». Le 25 août 1824, à l'occasion de la fête de saint Louis, roi de France, Léon Xll, quoique très souffrant, voulut, en signe de complète réconciliation, aller en personne prier devant l'autel du saint roi, dans l'église Saint-Louis des Français, où il lut reçu avec magnificence. « Le pape, dit à ce propos le diplomate à qui incomba le devoir, en sa qualité de chargé d'affaires
I, VV18KMAN, op. cit., p. i56-a57.
a Voir le récit de ces fêtes cl«tijs Wiseman, op. cit., p. 3Ô1-371 ; Abtald, l, 4i3- 4 •>
3. Grétinbau-Joly, l'Eglise romaine en face de la Révolution, II, p. 7/1.
Trois questions particulièrement irritantes troublent l'Eglise de France.
La question
du gallicanisme
Persistance
du
;,'allicanisme
parlementaire.
Persistance
du gallicanisme cclésiaslique.
de France, de faire les honneurs au pontife, le pape se montra très satisfait de tous les soins qu'on avait pris pour le recevoir ; et, il me semble que par sa bouche le gouvernement pontifical disait, comme le personnage de Tacite : « Si cunctatione deliqui, virlate corrigam » *. A partir de ce moment, les questions litigieuses inévitables qui s'élevèrent entre la cour de Paris et la curie romaine furent abordées et résolues avec un désir réciproque de bonne entente. Mais la meilleure volonté de part et d'autre ne pouvait supprimer trois questions irritantes, toujours prêtes à provoquer des conflits : celle du gallicanisme, perpétuellement vivant au cœur des vieux parlementaires et de certains membres du clergé ; celle du libéralisme, qu'une jeunesse ardente acclamait avec ivresse; enfin la question des jésuites, dont la pénétration et la réorganisation en France étaient suivies avec autant d'enthousiasme par des amis dévoués, qu'elles étaient épiées avec méfiance par des adversaires passionnés.
Par le seul fait que la Révolution avait renoncé au principe du u catholicisme religion d'Etat », et que la Charte de i8i4 ne l'avait pas restauré, la « défense des vieilles libertés gallicanes », telles que Pierre Pithou les avait codifiées, et que les parlements les avaient professées, devenait, semble-t-il, sans objet. L'Etat « sécularisé » n'avait plus à recourir à de telles armes pour se défendre.
Ses prétendues « franchises » devenaient désormais « aussi inutiles qu'un garde-fou après qu'on a comblé le précipice au bord duquel il a été élevé » ^. Le gallicanisme parlementaire cependant n'avait point disparu. Parmi les hommes politiques qui entouraient le trône restauré des Bourbons, les uns n'avaient pas renoncé à l'espoir de voir renaître les traditions absolutistes de l'ancien régime, d'autres se flattaient peut-être de désarmer l'opposition libérale en s'associant à ses ressentiments à l'égard du Saint-Siège.
Quant au gallicanisme ecclésiastique, qui opposait moins l'Etat à l'Eglise que l'épiscopat à la papauté, le régime moderne ne l'avait pas directement atteint. C'était surtout pour protester contre les prétendus empiétements de Rome sur les droits des évêques de France, que la Petite Eglise s'était constituée. Sans aller jusqu'au schisme, certains gallicans se faisaient les ardents apologistes des quatre articles