I. Geccoiii, II, aa3-aa
a. Gra:*dera.th, ï, SgS ; Revue du monde catholique, 1869, t. I, p. agg.
3. E. de Presse :»8é, le Concile du Vatican, un vol. in 13, 3« édition, Paris, 1879, p 197. L'Alliance évangélique demanda des prières à ses adhérents « au moment où Home allait mettre le sceau à son œuvre... en condamnant les progrès et les libertés sans lesquelles la société moderne ne subsisterait plus ». (Cbcconi, III, i5i.)
4 Voir Us documents dans Gbggoni, IV, 689-693,
LE COÎIGILE DU VATICAH
l'hoslililé des pouvoirs civils à leur égard, persuadés d'ailleurs que, du moment que l'E^'lise anglicane ne serait plus Eglise d'Etat en Irlande, les jours de l'Eglise anglicane comme Eglise d'Etat en Angleterre étaient comptes; et, voyant parla se briser un des liens qui faisaient leur cohésion et leur force morale, ils se tournaient vers Kome avec confiance. Au mois de février 1869, un anglican ritualiste, John Stuarl, archiviste général d'Ecosse, qui était en rapports scientifiques avec les Bollandistes de Bruxelles, mit l'évêque Forbes en relations avec le Bollandiste Victor de Buck, lequel avait publié, peu de temps auparavant, dans les Etudes des Pères de la Compagnie de Jésus, plusieurs articles empreints de sympathie pour le mouvement puscyiste ^ Le savant jésuite n'était pas seulement un grand érudit ; il avait aussi la réputation d'un homme de haute doctrine; le P. Général de la Compagnie de Jésus l'avait nommé, le mois précédent, son théologien au concile général *. Mais, dès les premières lettres échangées avec le prélat anglican, le jésuite s'aperçut qu'un homme multipliait les obstacles à l'entente. Cet homme était Pusey. Forbes concertait avec lui ses réponses. Or Pusey ajoutait sans cesse aux premières objections soumises par l'évêque écossais, des objections nouvelles. Il se montrait blessé de ce que les évêques anglicans n'avaient pas été personnellement invités comme ceux des Eglises orientales non unies ; plus blessé encore d'être traité comme un hérétique. Il avouait cependant ne pas admettre certains points du dogme catholique relatifs à la transsubstantiation et à l'autorité du pape. Quant au concile, sous prétexte que les évêques anglicans n'y avaient pas été personnellement convoqués, il niait son œcuménicité. « Pusey arrête tout », écrivait le P. de Buck 3 ; et un ritualiste de Cambridge, en faisant savoir au Père j'suite que « Pusey élevait toutes les difficultés imaginables pour empêcher qu'on ne fît rien par rapport au concile », ajoutait: « Parlez-moi de l'infaillibilité du Saint-Siège I Ce n'est rien en comparaison delà nécessité de faire abandon absolu de foi, de raison et
Pourparlers
entrepris enlr«
l'évêque
anplicaii
de Brecltin
elle
R. P. Victor
de Buck,
de la
Gomua|/nle
de Jésus.
Ohslacle> mis à l'entente par Pusej.
L'autorita-
ri«rn« de Pusey.
1. \ oir Etudes, année 1866, t. IX, p. i3a et s ; p, a6i et s. ; p 878 et s. ; t. XI, p. 898 et s.; année 1868, t. I, p. 54 et s. De petits articles, signés M. N. 0., étaient aussi du P. Victor do Buck.
a. Les détails donné» ci-dessus sont empruntés à la correspondance inédite du P. Victor de Buck avec Mi^r Dupanloup, correspondance conservée aux archives du séminaire de feint-SuIpioe, notamment aux lettres écrites par le P. de Buck le 3o janvier 18G9 el le 9 mars 18G9.
3. Y. DE BicK, Lettre du 39 juillet 1869, adressée à Mgr Dupanlonp.
HISTOiaE GÉNÉRALE DE l'ÉGLISE
Rupture
(les
pourparlers.
de toute chose entre les mains du grand docteur Pusey en personne, qui règne comme chef suprême parmi nous, an-licans >) *. Tel fut le premier obstacle aux négociations. Il s'en rencontra un second. Le P. de Buck, ne se croyant pas autorisé à traiter l'alTaire en personne, avait décidé de la mettre entre les mains de Mgr Diipauloup, intermédiaire volontiers accepté parles anglicans^ ; mais le cardinal Bilio exigeait que les négociations fussent conduites par Mgr Manning, avec qui les ritualistes ne voulaient traiter à aucun prix. Bref, le P. de Buck s'ctant rendu à Rome, la Congrégation du Saint-Office, par une décision du i5 novembre 1869, lui enjoignit de rompre ses pourparlers avec les anglicans 2.
La lettre pontificale ne reçut pas un meilleur accueil parmi les protestants de Suisse, de Hollande, d'Autriche et d'Amérique *, et les négociations en restèrent là, négativement résolues.
ne
convoq au concile
Pour la Une autre question, non moins délicate, était celle de la représen-
prerniere fois, lation, à l'assemblée œcuménique, des princes catholiques. Depuis les princes -i i at- ' ^ t
catholiques le concile de Nicée, ou 1 empereur Constantin avait occupé une sont point place d'honneur, les empereurs et les rois chrétiens avaient pris part,
>nvoques . ^ . ir r »
soit par eux-mêmes, soit par un ambassadeur, à tous les conciles généraux. Mais les rapports de l'Eglise et des Etats se trouvaient si profondément changés depuis la chute de la Chrétienté, qu'on so représentait difficilement un souverain moderne mêlé dans la salle des délibérations au corps épiscopal. Après mûr examen de la question par la Congrégation préparatoire du concile, il fut décidé qise les princes catholiques pourraient assister aux sessions solennelles,
. V. DE Buck, Lettre du 29 juilet 1869, adressée à Mgr D«panlouj\ . Voir ses lettres passtm.
3. Feria 4^, die 17a noverabris 1869, EE. DD. decreverunt quod^ ptr médium Rev. P. Generalis Socielatis Jesu, sub secreio Sancti Ofjicii, scribatur opportune P, de Buck, ut ab incœpto conciliationis tractatu cum nonnullis heterodoxis caiglicanis omnino désistât (Gecconi, t. II, i. 298, note 3). Gecconi [ibid , p. 294, 296) conjecture que le motif de rinterdiction prononcée par le Saint-Office aurait été le suivant : on aurait craint que les négociations entreprises avec le parti unionite^ parti peu nombreux, puisque, sur 18 000 ecclésiastiques anglicans, il n'en comptait pas plus de 4oo, et parti détesté par l'Eglise établie, ne compromissent le mouvement général de l'Eglise d'Angleterre vers 1 Eglise romaine. Les raisons ci-dessus exposées, d'après la correspondance inédite du P. de Buck avec Mgr Dupanloup, nous paraissent plus vraisemblables. Les membres du Saint-Office furent sans doute guides par le peu d'espoir qu'ils avaient en la réussite des négociations et peut-être aussi parle peu de confiance que leur inspirait le négociateur proposé. Mgr Dupanloup venait en effet de publier, le 11 novembre, à propos du concile et de l'infaillibilité pontificale, une lettre dont à Rome on s'était beaucoup ému,