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Granderath, op.cit

LE CONCILE DU VATICAPf b'2'J

mais qu'ils ne seraient pas invités à prendre part aux délibérations.

Le cardinal Antonelli lut chargé d'expliq-ier aux représentants du

corps diplonnatique que a le Saint-Père n'avait nullement l'intenlioa Explication 1 1 • , 1. f • < 11" -1 -l'â ' 1 donnée

de tenir les princes a 1 écart, mais que, a cause de 1 »nipossibilile ae |g cardinal convoquer indistinctement tous les souverains de la catholicité, l'ua Aninn^iii. d'eux étant sous le coup d'une excommunication, il se bornait à demander, en termes généraux, leur concours bienx cillant » ^.

Cette décision parut d'abord satisfaire les esprits appartenant aux partis les i)lus opposés. Le lo juillet i868, un député libéral, Emile î-mile 011i>ier OlUvier, disait a la Chambre des députes : « Messieurs, je ne connais ^^ fait à pas, depuis 1789, d'événement aussi considérable; c'est la séparation •» Chambre de l'Eglise et de l'Etat opérée par le pape lui-même. L'Eglise, ^'■^

pour la première fois, dit aux pouvoirs laïques : Je veux être, je veux agir en dehors de vous et sans vous. J'ai une vie propre, que je tiens de mon origine divine. Cette vie me suffit ; je ne vous demande rien que le droit de me régir à ma guise. Messieurs, je trouve ce langage d'une audace imposante ; il me frappe de respect et d'admiration 2 ». Le lendemain, on put lire dans le journal l'UniverSj sous la signature de Louis Veuillot, les lignes suivantes: I-ouis Veuil'ot « On entrevoit l'organisation chrétieniiC et catholique de la démo- dans leionrnal cratie. Sur les débris des empires infidèles, on voit renaître plus l'Univers. nombreuse la multitude des nations, égales entre elles, libres, formant une confédération universelle dans l'unité de la foi, sous la présidence du pontife romain, également protégé et protecteur de tout le monde ; un peuple saint, comme il y a eu un saùit empire. Et cette démocratie baptisée et sacrée fera ce que les monarchies n'ont pas su ou n'ont pas voulu faire : elle abolira partout les idoles, elle fera régner éternellement le Christ » ^.

Ces perspectives optimistes furent loin de se réaliser, Une agita- Agitation tion diplomatique, organisée en vue du concirle, ne tarda pas à se ^»plo"ia^'4"<^' produire. Le^romoteurde cette agitation fut un docteur allemanddout le nom reviendra plusieurs fois au cours de cette histoire, le doc- EHe est teur Da41inger, professeur à Munich. Blessé, dit-on, de n'avoir provoquée

, , par le dor'.oui

point été choisi pour faire partie d'une des commissions prépara- U.Lilinger.

1. E. Olliviér, l'Eglise et l'Etat au concile du Vatican, 2 vol. in- 12. Paris 18-0 t. T, p. 5o8.

2. Moniteur universel du 1 1 juillet 18C8 ; E. Olliviér, op. cit., t. I, p. 4oi.

3. Univers du 11 juillet 18O8 , Louis Veuillot, Home pendant le concile, éd de

187a, t. I, n. LXV-LIVI.

b'jS

HISTOIRE Gé.'lÉRA^LE DB l'ÉGLISB

Dépêche

communiquée

par le prmc*^

de Hohcnlohe

aux divers

cabinets

européens

(g avril iSOqL

Le» gouvernements se décident

pour

une attitude

d' «<\pcctative

meuaçanlc ».

toires du concile *, il devait entretenir, hors du concile, une agitation incessante. Sa première démarche fut de suggéi»jr au prince Clovis de Hohenlohe, ministre de Bavière, l'idée d'intervenir auprès des divers cabinets européens pour les mettre en garde contre le péril dont les menaçait le futur concile. 11 ne s'agissait de rien de moins, disait-il, que de déclarer les propositions du Syllabus dogmes de foi, c'est-à-dire d'y proclamer l'absolue sujétion des Etats à l'autorité du pontife de Rome. Effectivement, sur les sollicitations pressantes de Dœllinger, le prince de Hohenlohe communiqua, le 9 avril 1869, à tous les cabinets de l'Europe une dépêche conçue en ce sens, et leur soumit l'idée d une conférence internationale en vue de conjurer Je danger.

Le résultat voulu ne fut pas complètement atteint, La conférence projetée n'eut pas lieu. Bismarck déclara qu'une intervention des puissances dans les affaires de l'Eglise catholique lui paraîtrait se rattachera un état de choses à jamais disparu. Il ajouta cependant que la curie romaine rencontrerait de sa part une énergique résistance du jour où elle se permettrait des empiétements sur le temporel. Le prince de la Tour d'Auvergne, ministre des affaires étrangères en France, déclara, de son côté, que l'empereur était disposé à juger les actes du concile dans un esprit large et libéral, mais qu'il était résolu à défendre avec énergie, s'il en était malheureusement besoin, les droits dont la confiance de la nation française l'avait rendu dépositaire.

Cette attitude d' « expectative menaçante » fut à peu près celle de tous les cabinets européens *.

I. Le a8 décembre 1868, il écrivait à l'évêque d'Orléans : « Vous me demandez si on m*a invité à Rome pour prendre part aux travaux préparatoires. Je répond* que non... Depuis quelques années, je suis tombé en disgrâce... On me regarde à Rome comme un homme trop peu ultramontain, et vous savez que cela ne se pardonne pas » Cette lettre se terminait par cette phrase, qui pouvait déjà faire craindre une défection : « Ce n'est pas sans un -sentiment d'admiration mé/^ d'envie que je vous contemple... résolu de défendre tout ce qui sera décidé à Rome. » (Lettre inédite, Arch. du séminaire de Saint-Sulpice.)

3. Ces incidents diplomatiques ont été largement exposés par Emile Ollivib» dans son ouvrage VEgliseet l'Etat au concile du Vatican, ch. v, t. I, p. /io3 536. D<» curieux documents ont été publiés par Emile Ollivibr dans ce chapitre ; mais lu» appréciations de l'auteur donnent lieu à bien des réserves.

LE CONCILE DU YATIGA.ÎI

ce

d'uu concile œcuriicnifjue.

Dans le monde catholique, 1 annonce dua conçue universel avait Joie du mowvk

' 1^" III f A 11 catholique

d abord excite une joie unanime. « D mnombrables evcques de tous ^ l'annonc pays parlèrent à leurs troupeaux de la future assemblée. On remarqua spécialement une très belle lettre de Mgr Dupanloup, évoque d'Orléans ^ qui eut un grand nombre d'éditions, et fut, au lendemain de sa publication, traduite en allemand, en espagnol, en anglais, en italien, en polonais, en hongrois et eu flamand '^. »

Mais cet accord universel ne pouvait durer longtemps. Les grandes polémiques soulevées naguère à propos du journal l' Avenir ^ de la campagne pour la liberté d'enseignement, de la question des classiques, de tant d'autres questions philoso[)hiques, sociales et politiques, n'avaient pas disparu sans laisser, dans les esprits des combattants, tles irritations prêtes à se trajisforuier en nouvelles controverses. Les encycliques Mirari vos et Quanta cura avaient pu faire l'unité daus la foi et dans la discipline ; elles avaient laissé subsister la diversité des tendances. Un Veuillot, un Manniug n'envisageaient doctrinales, pas les questions au même point de vue qu'un Dupanloup ou un Newman. Or, ce qui les distinguait les uns et les autres, c'était, avec un égal désir de servir l'Eglise, une ardeur dans la lutte, une impétuosité dans l'attaque et dans la riposte, que de récents combats contre l'incrédulité avaient avivées, et qui allaient malheureusement se dépenser en querelles intestines. Toutes les questions controversées, d'ailleurs, n'avaient pas été résolues par les dernières décisions ponlilicales. Le programme du concile allait en soulever de nouvelles, de plus brûlantes encore. Ce que Pie IX avait appelé la période de lutte contre les puissances infernales était à peu près fini ; mais la période des luttes suscitées par les passions, les malentendus et les iicompréhensions réciproques des hommes, allait s'ouvrir.

La publication dans la Civiltà callolica d'une correspondance

Présages

de

controversi^

I. Lettre sur le futur concile œcuménique, brochure de 6/j pages in-8, Paris, 1SO8.

a. Gra.kdekath. Hist. du conc. du \'atican, t. I, p. 169 « Celle lellre, écrivait le P. \ iclor de Duck, est [)roljablomcnt le meilleur écrit qui ait paru dans ce siècle. Voilà comment il laut parler de Tb^glise »-. (Lettre inédite du P. V. do Buck, du aS novembre iStîy, Archives du Séminaire de Saint Sulpice.)

Hisl -en. (lelEj^liw». - VIII 34

530 HISTOIRE GÉXKRALE DE l/f.GLISE

anonyme, qui fut regardée comme un manifeste des ultramontains, la controverse qui s'éleva en Allemagne entre le D' DœJJin' er et le D' Ilergenrœther^ l'apparition d'un livre de Mgr Maret sur le Concile et la paix religieuse^ la publication dans le Correspondant d'iio arj. ticle où l'on vit le programme des libéraux, et l'entrée en campagne

de Mgr Dupanloup par la publication d'une brochure intitulée : 06ser valions sur la controverse soulevée relaHvement à la définition de r infaillibilité : tels furent les principauoc incidents de cette période de luttes.

Premier Le 6 février i86q, la Civikà catlolica, revue italienne rédigée par

l'arUcle de la ^^^ Peres delà Compagnie de Jésus, publia, sur le futur concile, CiviUà cattohca une longue correspondance française, dans laquelle on lisait : « Nul 6 février 1869. n'ignore que les catholiques de France sont malheureusement divisés en deux parts : les uns simplement catholiques, les autres qui se disent catholiques libéraux... Les catholiques proprement dits... croient que le futur concile sera fort court, et ressemblera, sous ce rapport, au conci-le de Ghalcédoine,... en sorte que la minorité, si éloquente qu'elle puisse être, ne pourra fournir une longue opposition. . Au point de vue dogmatique, les catholiques désirent la proclamation, parle fuiur concile œcuménique, des doctrines du Syllabus... Ils accueilleraient avec bonheur la proclamation par le futur concile de l'infaillibilité dogmatique du souverain pontife... On ne se dissimule pas que le pape, par un sentiment d'auguste réserve, ne voudra peut être pas prendre lui-même l'initiative de la proposer... Mais on espère que l'explosion unanime de l'Esprit- Saint, par la bouche des Pères du futur concile œcuménique, la définira par acclamation ^. »

Pro(opi.?tîons L'apparition de l'article de la Civiltà eut un immense retentissepar cet^articl ncieot et SOU le va les protestations les plus vives. « De quel droit, disaiton, la feuille romaine, ayant à parler de deux fractions de catholiques qui font également profession de soumission à TEglise et au Saint- Siège, se permet-elle d'appeler les uns, à l'exclusion des autres, les catholiques proprement dits ? » Au surplus, la manière dont s'exprimait l'auteur de l'article lorsqu^il parlait des désirs des a catholiques proprement dits », ne donnait-elle pas à ses vœux des

I. CoUectio lacensis, t. VII, col. ii55-ii57. Voir le texte italien ibid., col. ii58-

2 Lettre inédite du P. Victor de Buck à Mgr Dupanloup, du 9 mars 18G9, (Archives du Séminaire de Saint-Sulpice.)

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allures de sommation ? Enfin, les objets de ces vœux, si impérativement l'ormulés, étaient-ils bien dans l'esprit de l'Eglise ? En souhaitant que le concile fût a fort court », et même que les votes se fissent « par acclamation », oubliait-on que, « si Bellaimin et autres théologiens ont rejeté le concile de Constance définissant la supériorité du concile (sur le pape), c'est précisément parce que ce décret a été porté sans discussion suffisante ^ ? » Avait-on bien réfléchi que « l'Esprit-Saint n inspire pas l'Eglise, mais C assiste », et que, « si Dieu, qui mène tout, devait vouloir que quelque chose fût défini par le concile sur l'infaillibilité du pape, cette définition devrait se faire, non par acclamation ou avec précipitation, mais après mûre considération de l'opportunité, du fond et de la forme-? »

Dans un article du 17 avril 1869, la Civiltà se défendit d'avoir Explicatlont « osé fixer la durée du concile et de l'avoir extrêmement limitée, p^^. 1, civUtà, afin de rendre ainsi impossible un examen approfondi des questions ». « Il faudrait pour cela, ajoutait-elle, que nous ne connaissions pas même les premiers éléments de la théologie 2. » La Revue romaine déclarait d'ailleurs qu' « en accueillant la correspondance incriminée elle n'avait pas entendu faire sien tout ce qu'elle contenait » *. Mais ces explications n'amenèrent point la paix. Les esprits étaient irrités. Une polémique s'engagea, au cours de laquelle le journal allemand Intervention Allgemeine Zeitung, avec une acrimonie insolente, et le journal le ® Zeuln^^^'^ Français, avec une modération relative, maintinrent leurs accusations contre la Civiltà cattolica. La feuille allemande n'hésita pas à rendre responsables de ce qu'elle appelait a un attentat aux droits de

I, Lettre inédite du P. Victor de Buck à Mgr Dupanloup.

a.V.DEBccK, Lettre à Mgr Dupanloup du 27 avril 1870 (Arch. rfa St'm. S^Sli/pjctf.)

3. Geccom, 111,283. Voirie texte italien dans la Collectio lacensis, VII, col. 1171- 1172. — Théologiens et jésuites, les rédacteurs de la Civiltà ne pouvaient, en efTel, onl)lier la doctrine si magistralement exposée par Bellarmin : « Patres in conciliis debent rem ipsam quœrere, id est^ conclusiones investigare, diaputando, legendo^ <'''>gitando. Unde Actor. î 5 legimus in primo concilio niagnam. conqaisitionem fuisse faclam. Idem tcstalur de Nicœno concilio RuJJinus, lib. X,cap. 5 Hist. Eccles., quocirca Actor. 15 dlcunl Patres concilii : Visum est Spiritui Sancto et nobis, id est Spirilu Sancto nostrani industriani et diligentiam adjuvante. At Scriptores sacri soli Deo tribuunt ea quae scribunt^ ac propterea tam sxpe repetebant prophctœ illud : dicit Dominus. a (Bellaumin, Controversia generalis de conciliis, lib. II, cap. xii.) On ne pouvait s'attendre à de pareilles précisions de la part d'un laïque, Louis Veuillol, confondant la révtla'hn, V inspiration ei Vassistance, écrivait ironiquement : « Le Correspondant veut que l'on discute et que le Saint-Esprit prenne le temps de se former une opinion. » [Univers du"] novembre 1869). « Il est à remarquer qu'au cénacle aucune discussion ne précéda l'invasion de l'Esprit-Saint {Univers dn 21 novembre 18(19).

t\. m Ne vale il dire che avendo ammessa nel nostro periodico la corrisponden:af avevamo con ciô fatto nostro proprio tutto ciôche quivi si scrive. » Coll. lac.. VII, 1170.

(i799-i8ôo;.

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l'Église », la Compagnie de Jésus, la cour de Home, le souverain pontife lui-même. « On n'exagère pas, disait-elle, en su[)posant que les idées de la Civiltà concordent avec celles du Chef suprême et des autres têtes delà cour de Rome ^ »

Ou sut plus tard que l'auteur des violents articles publiés sous le voile de l'anonymat datis VAllgemeijie Zeltany était le docteur Ignace von Dœllinger, professeur à la Faculté de théologie de Tpnace Munich, Entre Ignace von Dœllinger et Félicité de La Mennais, iTûQ^i'lûo certains points de ressemblanee sont frappants. « DœlHnger avait jadis pris une part insigne au réveil de l'Allemagne catholique ; il avait lutté, comme publiciste et comme parlementaire, contre le despotisme religieux de l'Etat. 11 avait figuré en i8/|8 parmi les « fossoyeurs du joséphisme ; et, dans ce temps-là, on lui avak fait un renom d'ultramonlain, qu'il avait accepté ^. »

L'université de Munich vénérait en lui une gloire ; et l'histoire ecclésiastique, un maître. Il avait des disciples enthousiastes. « Depuis vingt-cinq ans, dit un historien allemand de la théologie, on le tenait pour un des premiers théologiens de l'Allemagne ^. » Il avait conscience de sa valeur, de sa renommée, de son ascendant, et peu4;-être en exagérait-il la puissance. Sa parole était vive, colorée, nerveuse, tranchante. Un de ses contemporains Fa dépeint en ces termes : a Sa tête

1. Cité par Grandbrath, I, 2o5. U est inutile de faire remarquer combien de pareilles accusations étaient gratuites. Les adversaires de la C'willà n'étaient pas dans le vrai quand ils l'accusaient d'avoir soulevé la première des questions irritantes à propos du futur concile. Dès 1867, plusieurs articles anonymes de Y Allgemeine Zeitung et de la Neue Freie Presse avaient abordé les mêmes questions, accusant (,( Manning, par exemple, de se donner à la théorie de l'infaillibilité avec le zèle ardent d'un converti ». (Gra.]ndekath, I, 2ii.) Friedrich n'est donc pas excusable lorsqu'il prétend que la curie romaine a soulevé délibérément une polémique sur l'infaillibilité « parce qu'elle avait besoin qu'on attaquât cette doctrine pour pouvoir dire qu'elle était contrainte d en proposer la définition >k (Friedrich, Gescldchle des Vatikan Konzil, t. II, p. 3). Tout ce qu'on peut dire, avec le P. Grauderath, c'est que, « sans aucun doute, la correspondance française de la Revue romaine a notablement accentué le mouvement hostile au concfle » (Granuerath, I, 2i3.) Qiu-l était l'auteur de la fameuse correspondance ? Ni Granderath, ni Cecconi, ni Emile OUivier, ni aucun historien, à notre connaissance, ne l'a nommé. Dans une lettre inédite, adressée le 20 juillet 1869 à Mgr Dupduloup, le P. Victor de Buck. écrit le nom de l'abbé Darras, l'auteur d'une Histoire de l'Eglise alors très répandue, mais très critiquée par les Bollandistes. Le P. de Buck, en relation au moins indirecte avec le P. Piccirillo, directeur de la Civiltà (lettre du i5 avril 1869/ et avec plusieurs autres jésuites de Rome, était à même d'être bien renseigné. — Sur les origines de cette lettre et sa publication dans la Revue des Pères Jésuites, voir Gra>derath, Ï, 199-212 ; Cegconi, II, 354 374.

2. G. GoTAU, l'Alleinayne religieuse, le catholicisme, t. IV, p. 24o.

3. K. Wermek, Geschichte der Katholichten Tiicologie selt dem Triealcr Konzil, p. 470.

LE CONCILE DU VATICATf

est forte, grave ; l'œil a la limpidité froide et la pcaétration impassible du collectionneur d'idées et de faits ; le rictus ironique de la lèvre exclut toute passion, si ce n'est celle du savoir ^ » Ce savoir était immense. Dœllinger était, avant tout, un savant. Ce titre semblait tout dominer chez lui, même, osons le dire, car ce fut l'impression de ceux qui rapprochèrent, celui de prêtre. Sa formation théologique était incomplète. Il n'avait jamais bien compris le rôle du magistère de l'Eglise, et se faisait une idée fausse de la fonction du théologien. Dans un discours fameux, prononcé en i863, au congrès scientifique de Munich, il s'était écrié : « De même qu'au temps des Juifs, à côté du sacerdoce, il y avait le prophélisme, de même dans l'Eglise, à côté du pouvoir ordinaire, il y a un pouvoir extraordinaire, qui est l'opiflion publique. Par elle, la science théologique exerce l'influence qwi lui revient et à laqucWe, à la longue, rien ne résiste 2. » Comme La Mennais, Dœllinger rêvait d'un accord entre l'Eglise et les idées modernes. Entouré de protestants, le rapprochement des Eglises obsédait sa pensée, a II s'y intéressait comme catholique, a-t-on dit, et plus encore peut-être comme Allemand ^. » « En i85o, à l'assemblée catholique de Linz, il avait tracé l'architecture d'une Eglise nationale allemande, qui, dans la vaste unité romaine, aurait sa vie propre, son organisation propre, ses conciles, sa littérature, et dont l'institution serait une première étape vers la réunion des confessions chrétiennes *. »

V^ers la fm de 1869, Dœllinger, de plus en plus confiant en la puissance victorieuse de sa science, résolut de réunir en un petit volume les cinq articles parus dans FAllgemeine Zeitiing. « Je rassemble, écrivait-il le 29 novembre, les témoignages, les explications nécessaires pour décider définitivement la question de l'infaillibilité 5. » Le volume parut sous ce titre : le Pape et le Concile, et sous le pseu-

Son portrait.

Sa science.

Les lacunes de son esprit.

Ses doctrines.

Sa conceptioQ

dune Eglise

nationale

allemande,

fojcr d'action chrétienne.

Deuxième

incident :

l'apparition

du vohime

de Janus.

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