‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 273 sur 374 · GoYAU, op. cit., IV · texte numérisé non relu

GoYAU, op. cit., IV

4 Ihid.f 24 1. Plusieurs manifestations inspirées par un esprit non moins téméraire furent faites en Allemagne sous forme de manifestes (Granderath, t I, p 245 et 8.). ('itons seulement l'adresse d'un certain nombre de catholiques de Bade, puMiée par \e Journal des Débais 6\i 2 ^mWci i86ç).

5 Lettre inédite \Arch. St'in. St-Sulpice). La suite de la lettre respire une telle fatuité scientifique et caractérise si bien le malheureux professeur allemand, qu'elle est fi riter : « Mes citations des éditions, volumes, pages, seront si exactes, si scrupuleuses, que chacun pourra (les) vérifier tout de suite. . Si on peut persuader à un certain nombre d'cvéqtics d'entrer sérieusement dans la discussion... la victoire de la vérité est presque assurée ».

L*Anii Janus.

La critique

de

Frahscham

mer.

Troisième

iacident :

l'apparition

de l'ouvrage

de Mgr Maret:

Du Concile

général H de la paix

religieuse

(leplcmbre

doiiyme de Janus. L'auteur ne se contentait pas de dire, comme l'avait fait le rédacteur du Français^ que la proclamation de l'infaillibilité du pape lui paraissait inopportune ; il attaquait à fond la thèse elle-même. Il allait plus loin encore, et soutenait que le concile, quoi qu'il décidât, n'aurait aucune autorité, parce qu'il ne serait pas libre. « Peut-on en effet, disait-il, appeler libre une assemblée d'hommes à qui on fait vm devoir de conscience, juré sur l'honneur, de considérer comme but principal de leurs efforts le maintien et l'accroissement de la puissance du pape ? Une réunion d'hommes qui vivent dans l'effroi d'attirer sur eux le déplaisir de la curie, qui redoutent les entraves que Rome peut apporter à l'exercice de leurs fonctions* ? »

Un docteur d'une érudition égale à celle de Dœllinger, et d'une science théologique de meilleur aloi, le futur cardinal Hei^enrœther, prit la plume, et, dans un ouvrage qu'il appela YAnti-Janus, soumit le pamphlet à une critique sévère, convainquit son auteur d'avoir plus d'une fois altéré les textes, de les avoir pkis souvent arbitrairement choisis et systématiquement groupés, enfin d'en avoir tiré des conclusions fantaisistes par des procédés où la logique était terriblement malmenée. Un prêtre allemand déjà révolté, et qui devait plus tard se séparer de l'Eglise par une complète apostasie, Frohschammer, fit suLir à l'œuvre de DoeMinger i*ne critique en un sens pkis terrible. Il démontra sans peine que Janus, s'il voulait être conséquent avec ses principes, devait aller plus loin, nier non seulement l'infaillibilité du pape, mais celle de l'EgHse, par suite se séparer d'elle et abandonner la foi chrétienne.

Pendant que les diverses phases de cette discussion se déroulaient en Allemagne, une controverse avait siwrgi en France, à propos d'un ouvrage publié en septembre 1869 par le doyen de la Faculté do théologie de Paris, Mgr Maret, évêque in partibus de Su«a. Le livre avait pour titre : Du Concile général et de h paix religieuse *.

L'auteur, se plaçant sur un autre terrain que le journal le Français, lequel ne combattait que l'opportunité de la définition de l'in-

I. Le Pape et le Concile, par Jakus, trad. Giraud-Teulow, un vol. in-ia, Ptris, 1869 On a quelquefois prétendu que Mgr Dupanloup faisait cause commune avec Dœllinger. La correspondance de ce dernier, aussi bien que les écrits de l'évêque d'Orléans, dément cette assertion trop absolue. Voir les lettres de Dœllinger publiées parla Revue internationale de théologie, 1899, p. 236, 238. Cf. Gotau, op. cit.,

t. lY, 344.

a. Pari», 2 vol. in-8. Un troisième volume était annoncé.

de l'ouvrage.

LE CONCILE DU VATICAN 535

faillibilité pontificale, et que le D*" Dœllinger, lequel baltait en Anaijse brèche la thèse môme de rinfaillibilité, prétendait ne conibaLlre qj;c la doctrine de ce qu'il appelait l'infaillibilité personnelle et séparée. « L'infaillibilité pontificale, disait-il, peut être entendue de diverses manières. Celle qui semble prévaloir dans l'école qui appelle de ses vœux la définition conciliaire, est la plus absolue de toutes. Dans m système, l'infaillibilité dogmatique est un privilège entièrement et exclusivement personnel au pontife : c'est-à-dire un privilège du pontife enseignant seul et sans aucun concours nécessaire de l'épiscopat. Ainsi entendue, l'infaillibilité est identique à la monarchie pure, indivisible, absolue du pontife romain ^. »

L'auteur résumait sa propre doctrine dans les lignes suivantes : « Le pape est, de droit divin, le chef suprême de l'Eglise; les évêques, de droit divin, participent, sous son autorité, au gouvernement de la société religieuse. La souveraineté spirituelle est donc composée de deux éléments essentiels : l'un principal, la papauté ; l'autre subordonné, l'épiscopat. L'infaillibilité, qui forme le plus haut attribut de la souveraineté spirituelle, est nécessairement aussi composée des éléments essentiels de la souveraineté 2... Celte doctrine me paraît facilement conciliable avec les doctrines les [)lus modérées de l'école qui porte le nom d'ultramontaine. L'infaillibilité n'y est pas niée, mais ramenée à sa vraie nature^. » En dehors de cette thèse principale, l'évêque de Sura préconisait la tenue périodique des conciles généraux, et disait que, « sans se porter solidaire de toutes les doctrines qualifiées de gallicanes, sans se porter solidaire d'aucune assL-mblée, d'aucune déclaration, et en professant tout le respect qui est dû aux décisions et bulles de Sixte IV. d'Alexandre VII, de Clément XI et de Pie VI n, « le gallicanisme théologique, legallicanisme de l'épiscopat français lui paraissait contenir un fond de vérité éternelle et nécessaire * ». Prévoyant qu'on l'accuserait de discuter publiquement une des questions qui allaient être soumises aux délibérations conciliaires, il se prévalait de son litre d'évêque, de la liberté qui lui semblait devoir appartenir à la pn'paration du concile comme à ses débats, et du fait que plusieurs de

I. Du Concile général^ t. lll, p. iJ6y et s. a Ibid.y t. I, p. xvm.

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