I. Du Concile général, t. I, p. xvin
S Mgr Manning, dans un mandement publié au mois d'octobre, avait, en parlant du pape infaillible, employé l'expression aparl from, séparément des évêques : ce qui pouvait, au pied de la lettre, s'entendre de deux laçons : sans les évoques, sans leur concours direct ; ou bien contre les évèques, en opposition possible avec les évêques ; et c'était dans ce dernier sens que VUnivers avait paru interpréter l'expression anglaise.
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élévation, qu'il rc[)renail lout ce qui, dans ses œuvres, se trouverait en désaccord avec la définition conciliaire de l'infaillibilité ^
Mais le chef français de l'école à laquelle s'attaquaient la Civillà et Ç"^.^"*^"^® r^mWr.s n'était pas Mgr Maret ; aux yeux de tous, partisans et l'article dû adversaires, c'était Misrr Dupanloup. Depuis son intervention décisive Coneshoidait dans la campagne menée pour la conquête de la liberté a enseï- ,^(3^
gnement, la situation de Mgr Dupanloup n'avait c^ssé de grandir. Ses luttes pour l'indépendance du pouvoir temporel du Saii.t- Sicge lui avaient valu les pins chaudes félicitations de Pie ÏX. « D'extraordinaires rpialités d'intelligence, dit le P. Granderath, un savoir singulièrement profond, n'étaient pas les seules raisons do sa prééminence ; ce qui dominait en lui et le caractérisait, c'était une activité sans relâche *., » Après avoir été l'inspirateur de VAmi de la religion et du Journal des Villes et des Campagnes, il avait fondé, au commencement de l'année 1868, le journal le Français^', et les rédacteurs du Correspondant avaient habituellement recours à ses conseils. Dans les articles du Français, qui répliquèrent à la correspondance française de la Civiltà, amis et adversaires avaient reconnu
sa plume* ; dans une sorte de manifeste que publia, le 10 octobre , Analyse
^ • • • • K T-. , de cet article.
1869. le Correspondant , on vit son ins[)iration ^. En un langage très
élevé, sous des formes prudentes au dire des uns, habiles au jugement des autres, l'auteur de l'article exprimait ses espérances relativement au futur concile. Il ne pouvait se figurer que la convocation des Etats généraux dé l'Eglise pût aboutir à la proclamation d'une monarchie despotique. Une telle issue serait également contraire aux lois de l'histoire et aux traditions de l'Eglise. L'auteur espérait que les évéques, bien loin de consacrer certaines propositions absolues, dont le sens mal saisi avait troublé l'Eglise, s'attacheraient à les expliquer ou à les écarter.
Ce manifeste souleva de nouvelles polémiques. Louis Veuillot
1. Grahdbrath, t. I, p. 3i3. — Voir Bazix, Vie de Mgr Maret, a vol. in 8, Paris, 1891.