‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 277 sur 374 · Lagrange, op. cft , t. ni, p. i · texte numérisé non relu

Lagrange, op. cft , t. ni, p. i

5 Lettre de Falloux à Montalembert, du 3i octobre 1869. {Areh. de Saint-Sulpice.) Le prince Albert de Broglie écrit à l'évêque d'Orléans : a Je garderais de l'écrit ce qui est pacifique ; j'enlèverais ce qui est militant. » (Lettre du 5 novembre 1869, ^''c/i. de St-Sulpice). Augustin Gochin donne un avis semblable. Mgr Dupanloup parait n'être entré dans la polémique qu'à son corps défendant. Le 17 septembre 1869, il écrit dans son journal intime : « Apparition du livre de Mgr Maret. Complication des plus fâcheuses ; peut être calamité. Je m'étais fait un eldorado d'un concile de charité, de zèle, d'amour. Et voilà que tout à coup, par cette imprudence absolument aveugle, en apparaît un de querelles affreuses. » En novembre, les « querelles affreuses » étant ouvertes, l'évêque d Orléans crut qu'il était de son devoir d'y prendre paît.

LE CONCirE DU VATICAN BSq

cialeur si habile et si lieureux, ne put pas jouer le même rôle dans rassemblée des évêques. « MgrDupanloup s'est noyé », disait à M. Icard, le 28 novembre 1869, l'ancien évêque de Luçon, Mgr Baillés, en rencontrant à Rome le directeur du Séminaire de Saint-Sulpice ^ ; et ce dernier, théologien de l'archevêque de Sens, constatait, dès son arrivée à Rome, que l'évêquc d'Orléans, par la publication de sa lettre et par la situation troublée qui en était résultée, avait perdu à jamais et l'ascendant que son talent et sa piété lui eussent pu donner sur ses collègues, et le calme même dont il aurait eu personnellement besoin dans ses discours et ses démarches *.

L'écrit de Mgr Dupanloup exposait les principales raisons qu'on pouvait faire valoir, selon lui, contre Vopporlunilé d'une définition de l'infaillibilité pontificale. Or, parmi ces objections, il en était qui portaient sur le fond même de la question, sur les difficultés que rencontraient certains esprits à concilier l'infaillibilité du pape avec certains faits historiques ; et ces objections étaient présentées sous une forme si vive, si saisissante, qu'on y trouva prétexte à l'accuser d'attaquer la doctrine elle-même ^. A tout le moins pouvait on dire qu'une pareille lettre pastorale révélait le polémiste plus que le pasteur des âmes.

Le 18 novembre, Louis Veuillot écrivit dans YUnivers : « Cette lettre donne une tête épiscopale à cette prise d'armes... L'opposition a désormais son chef. » Là fut le malheur. L'évêque d'Orléans arriva à Rome avec la renommée d'un chef de parti, d'un chef d'opposition *. 11 n'était pas permis d'oublier cependant que, dans la lettre d'adieux qu'il adressait à ses fidèles, le prélat avait écrit que, « obéissant, et obéissant jusqu'à la mort, il adhérerait fidèlement aux décisions du chef de l'Eglise et du concile, quelles que fussent ces décisions, conformes ou contraires à sa pensée particulière ^ »,

1. Icard, Journal de mon voyage et de mon séjour à Rome, p. 10 (Archives du Séminaire de Saint-Sulpice).

a. Ibid , p. I. 2, 3, 8, 9, 10, II, i3, a5 et passim.

3. Des anti-infaillibilistes, comme lord Acton, avaient U même interprétation. (Lettre inédite du 9 février 1870.)

4. Le ai novembre 1869, Mgr Dupanloup communiqua à son clergé un écrit véhément, intitulé : « Avertissement à M. Louis Veuillot ». L'évêque d'Orléans accusait le rédacteur en chef de IC/nà'tfrsd' « usurpations sur l'épiscopat », d' « intrusions perpétuelles dans ses plus graves et plus délicates alîaires » Dans VUnivers du 22 novembre, ^'euillot répondit : « Nous dirons le moins possible, ne voulant pas risquer do perdre tous les avantages que nous fait un adversaire troj) irrité. »

5. Lettre pastorale du 10 décembre 1869. La IcUre pastorale aux fidèles, datée du 10, et la kltre pastorale au clergé, datée du 11, parurent en même temps.

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HISTOTRE GliMiRAT-E DE L lîGTJSE

Appels \

la paciflr-ilinn,

adressés

aux fidèles

et an clergé par

Aigr Darboy

et

Mgr Manning.

A mesure que la tinte fixée pour la réunion de rassemblée approchait, des voix pacificalrices se faisaient entendre. Le 28 octobre 1869, rarchevéque de Paris, Mgr Darboy, publia une Lettre pastorale, dans laquelle, après avoir brièvement exposé la nature des conciles œcuméniques, il cherchait à calmer les inquiétudes excitées par certaines rumeurs malveillantes ^ Le i®"" novembre, Mgr Manning, archevêque de Westminster, conviait à son tour les fidèles de son diocèse à attendre avec confiance les décisions du futur concile *. Quelques jours après, le rédacteur en chef du Correspondanl, Léoa Lavedan, écrivait : « Le respect, le devoir, la confiance nous imposent à l'envi le silence et la paix : c'est la Trêve de Dieu ^. »

Les esprits étaient encore trop excités pour conclure une trêve durable. D'ailleurs, comme à Trente, comme à Nicée, de nouveaux sujets de divergences allaient surgir du sein même des débats couciliaires. Mais désormais, au milieu des agitations des hommes, l'Esprit Saint, planant au-dessus de l'assemblée œcuménique par sa divine assistance, allait réaliser l'œuvre de Dieu.

L'ouverture Le 8 décembre 1869, après une journée d'abstinence et dejei^ne,

du concile q^e \q Saint-Père avait prescrite à l'univers catholique, le XIX*^ con- (8 déceinîiie . , , , . , . t. '

1869). ci^® générai de l'Eglise catholique s'ouvrit à Rome *. Plus de se^ l

cents évêqnes, abbés et généraux d'ordres ^, prirent place dans la salle

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