‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 278 sur 374 · îbid., p. 206 et suiv · texte numérisé non relu

îbid., p. 206 et suiv

l\. Ou le XXe(IvRAUS, Hisl. de V Eglise, t. IH, p. 882), pour ceux qui considèrent comme un concile œcuménique 1 assemblée réunie à Pise, en i4o9 pour mettre fin au schisme d'Occident par l'élection d'un pape [Hist. Gén. de l'Eglise, t. V, p. iSî) Les huit premiers conciles avaient été tenus en Orient ; ce sont tes conciles de Nicée I en 325, de Constantinople en 38i, d'Ephèse en 43î, de Chalcédoiae en 45i,de Constantinople JI en 553, de Constantinople III eu 680, de Nicée II en 787,1! de Gonslantino^jle IV en 869. Les onze conciles suivants avaient été tenus en Occident : ce sont les conciles de Latran I en H23, de Latran il en 1189, de Latran lit en 1179, ^^^ Latran IV en I2i5, de Lyon I en i2/|5, de Lyon II en 127/j, de Vienne en i3ii-i3i2, de Florence en i/|38, de Latran V en i5i2-i5i7, de Trente en i545-i5G3, du Vatican en 1869.

5 II n'est pas possil)le d'indiquer à une unité près, le nombre des Pères présents a la première session (^Fessler, secrétaire du concile, das Vatikanische Konziliuni, ac édil.j Viennr^, 1871, p. i3 et s.). D'après l'opinion commune, à .Nicée on avait coKiplé 3oo Pères ; à Constantinople, 18(3 ; à Ephèse, plus de 25o ; à Chalcédoine, 5ao suivant les uns, 63o suivant les autres ; à Constantinople II, i65 ; à Coni-

LE CONCILE DL VAT1GA.H

conciliaiie, disposée dans le bras gauche de la croix laline que forme la basilique de Saint-Pierre. Dans cette vaste eacciule, large de 23 mètres sur t\'] mètres de long, toutes les nations étaient représentées : les jeunes Eglises d'Amérique à côté de celles de la vieille Europe ; l'Eglise latine avec ses pasteurs revêtus de la chape blauche et portant, suivant les prescriptions liturgiques, une mitre de simple lin, et l'Eglise orientale, avec ses prélats habillés de somptueuses tuniques et coillcs de riches tiares. Les évoques missionnaires aux vêlements simples et pauvres, les évêques réguliers, unissant aux insignes de leur prélature les livrées de leur profession religieuse, les abbés et les généraux d'ordres, étaient facilement reconnaissablés ^.

Unis dans la même foi et soumis à un même chef, ces représentants de toutes les civilisations et de toutes les races ne différaient pas moins entre eux par leurs habitudes nationales que par leurs costumes. Les évêques orientaux, élus par le clergé et par le peuple, et sacrés par des patriarches, qui eux-mêmes prenaierU le gouvernement de leurs patriarcats avant d'avoir reçu la confirmalion de leur autorité par le pape, étaient, on le savait à Rome, d'autant plus jaloux de leur pouvoir, de leur indépendance, de leurs coutumes nationales, qu'ils comptaient parmi leurs fidèles un bon nombre de schismatiques récemment convertis dont ils tenaient à ménager les susceptibihlés. On n'ignorait pas, non plus, au Vatican que les évêques des Etats-Unis croyaient devoir garder à l'égard de leiirs peuples des ménagements semblables ; que, dans cette pensée, ils avaient parlé le moins possible du Syllabus ; que plusieurs apporteraient sans doute, dans les délibérations, les habitudes démocratiques de leur pays. L'épiscopat slave et hongrois n'inspirait aucune crainte relativement à l'orthodoxie ; mais des évêques comme celui de Diakovar, Mgr Strossiuaycr, chefs de peuples en mémo temps

Les l^gllaes

du monde

entier

>'j. tr-.juvcnl repréiealées.

Teodaaces

diverses

de ces Egli'^es,

dans i'iiailé

de U loi.

lanlinople III, 170; à Nicée 11, 367 ; au Lalran I, de 600 à 4oo ; au Lalran II, 1000 ; au Latrau III, plus de 3oo ; au Latrau IV, environ i3oo ; à Lyon I, environ 3oo ; à L)on II. près de 1600 ; à Florence, de uoo à l^oo ; au Lalran V, lao ; à Trente, ai3. (îcs calculs sont conjecturaux. Trois conciles ont été plus nombreux que le concile du Vatican : le second de Lyon, le second et lu quatrième de Lalran. Mais il faut remarquer que ces trois cùnciles avaient admis à leurs délibérations un grand nombre de personnages qui n'étaient point évêques

I. 0 On vit arriver au temps lixé, les év»^(pies de la Calift)rnie, du Mexique, du Brésil, du Pérou, du Chili, de la Nouvelle-Cjrenade, des Phili{)pines et de T Vui- Iralie ; les vicaires aposUiliqucs des Inde» Orientales, de Siam, du loukin, de U Chiui^ et du Japon ». (Fesslkr, ie Coticile du V'a/ioan, Irad. Gosqlih, 1 vol. in-12, Paris, 1877, p. 21).

IIISTOIHE GENERALE ÏVE L EGLISE

La question

du règlement

du concile.

Pie IX 1 e fait rédiger sous sa direction et l'impose au concile.

A nal Yse

de ce

rc^'lcmfcut.

que pasicais desc^mcs, à la manière des grands évêques du v* siècle, pouvaient apportera l'assemblée des initiatives gênantes pour le bon ordre général. Parmi les prélats allemands, n'avait-on pas à craindre de rencontrer quelques esprits imbus des témérités disciplinaires et doctrinales de Dœllinger? Quant aux évêques français, ils artivaient à Rome, nettement divisés en trois partis, dont les polémiques, amplifiées par la presse, étaient encore retentissantes.

En de pareilles conjonctures on comprend que le souverain pontife, ayant à décider l'importante question du règlement du concile, se soit demandé s'il était prudent de le laisser élaborer, suivant les usages constants des* précédentes assemblées conciliaires, par le concile lui-même. On pouvait légitimement redouter que cette élaboration ne devînt l'occasion de malentendus pénibles et, par là même, de discussions interminables. D'autre part, imposer à rassemblée, contrairement aux traditions constantes de l'Eglise, un règlement tout fait, pouvait susciter de vifs mécontentements. Après avoir mûrement pesé le pour et le contre, Pie IX se décida pour ce dernier parti * . Le règlement du concile, préparé par la Commission préparatoire sous la direction de Pie IX, fut porté à la connaissance des Pères dans la séance présynodale du 2 décembre, par l'acte connu sous le nom de Lettre Multipliées ^.

L'émoi fut grand. Le pape, en vue de simplifier et d'accélérer les délibérations du concile, avait accentué le caractère centralisateur du règlement. D'après sa Lettre apostolique, en effet : i°le droit de proposer une question au concile appartiendrait exclusivement au Saint- Siège ; les Pères étaient autorisés cependant à faire des motions, mais à la condition de les faire privatim, en leur propre nom, et après une communication préalable à une congrégation nommée par le pape ; 2° les projets, élaborés depuis deux ans par des commissions de théologiens, seraient d'abord proposés aux congrégations générales qui précéderaient les sessions ; ces congrégations générales auraient pour présidents les cardinaux de Luca, Bilio, de Reisach, Bizzarri et Gapalti, directement désignés par le pape ; 3" le pape.

1. Pour justifier le droit que s'arrogeait le pape d'imposer un règlement au concile il n'est nullement nécessaire de le fonder, avec Hinsghius [das Kirchenrecht der KaloUken.. , lll, 61 a), sur cette idée fausse que le concile n'est qu'un conseil du pape Ce droit, très compatible avec le pouvoir législatif et judiciaire de l'assemblée œcuménique, est impliqué dans la plénitude de puissance dévolue au souverain pontife.

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