Artaud, I, 335. — Tacite, Ann.^ XV, a
2. C'est la comparaison employée par Emile Ollivier dans V Eglise et VEtat au concile du Vatican^ a vol. in la, Paris, 1879, t. I, p. a8i.
LEON XII
de 1682, critiquaient les interventions du Saint-Siège dans les prétendues églises nationales et attaquaient vivement les jésuites *. D'autres enfin, parmi les plus recommandables par leur vie privée, parmi ceux-mêmes qui avaient courageusement résisté à la persécution révolutionnaire, restaient attachés, comme à un héritage qu'ils jugeaient digue de respect, à certaines maximes, à certains usages courants dans l'Eglise de France. L'abbé Frayssinous, qui se rattachait à ce dernier parti, écrivait : « Je dirai sans détour qu'on ne doit chercher nos libertés gallicanes, ni dans des factams d'avocats, plus jurisconsultes que théologiens, ni dans une jurisprudence qui tendait autrefois à tout envahir et qui ne faisait que donner des chaînes au ministère ecclésiastique » ^. Et il citait, en les prenant pour règle, ces paroles de Bossuet ; « Dans mon sermon sur l'unité de l'Eglise, je fus obligé de parler des libertés de l'EgHse galhcane ; et je me proposai deux choses ; l'une de le faire sans aucune diminution de la véritable grandeur du Saint-Siège, l'autre de l'exphquer de la manière que l'entendent nos évêques » ^. Les abbés de la Luzerne et de Bausset, et le grand journal ecclésiastique de l'époque, Y Ami de la Religion et du roi, dirigé par Michel Picot, soutenaient à peu près les mêmes idées. Le livre de Joseph de Maistre, Du pape, avait, il est vrai, porté un grand coup au gallicanisme, même modéré ; et l'abbé de La Mennais, rendant compte de cet ouvrage, en 1820, s'était écrié: « Qu'on juge de la déclaration de 1682 par ses fruits. Qu'a-t-elle produit, que du mal P Jansénistes, constitutionnels, tous les sectaires qui ont paru dans ces derniers temps, s'en sont prévalus pour autoriser leur rébellion. Flétrie dès sa naissance du double caractère de la pression et de la servilité, quel catholique, instruit par l'expérience, oserait la défendre aujourd'hui? » * Toutefois, le clergé, dans son ensemble, subissait sans trop protester, parce quelles émanaient d'un pouvoir favorable à l'Egîise, certaines mesures dictées par l'esprit gallican, telles que k défense faite à l'é-
Le
gallicanisme
modéré
de
Fray&sinous.
principaux adhérents.
I. MaUhieu-Mathurin Tabaraud, prêtre de l'Oratoire, né à Limoges en 1744, mort dans la même ville en 1882, avait publié, entre autres ouvrages : une Hbtoire critique de l'assemblée du clergé de France en 1682, des traités sur l'Appel comme a abus, ei sur l InaniovibilUé des pasteurs du second orJre, et plusieurs' ouvrages spécialement dirigés contre les jésuites : Essai sur l'état des jésuites en France, Du pape et des jésuites.
3. Frayssinous. les Vrais principes de l'Eglise gallicane, dans les Œuvres de Frayssinous, MiGNE, Orateurs sacrés, 2' série, t. X, un vol in-4°, Paris, 1861, col. 1026.