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3, Les prélats ainsi appelés protestèrent toujours contre cette dénomination. Ils qualifièrent à leur tour leurs adversaires d'« opposants à répiscopat », et se donnèrent le nom de u modérés ». Mais ces qualifications ne prévalurent pas. Finalement ils acceptèrent celle de « membres de la Minorité ».

4. C'est dans ï Univ§rs du la janvier 18G9 que Louis Veuillot emplova pour 1»

liisl g«n, de l"Eglise. — VlU to

HISTOIRE GÉ?IÉRA.LE DE l'ÉGLÏSE

« opposants français.

Les

c opposants >♦ allemands.

Le tiers parti.

La polénaique en dehors du concile.

Les Français qui suivaient cette ligne se réunirent chez le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon. Mgr Dupanloup, évêqne d'Orléans, et Mgr Darboy, archevêque de Paris, furent les membres les plus influents de ce groupe. Presque tous acceptaient le dogme de l'autorité infailHble du pape, mais ne croyaient pas opportun de le définir, au moins immédiatement. Les « opposants » allemands, qui allaient généralement plus loin que les Français et dont quelques uns mettaient en doute la doctrine même de l'infaillibilité pontificale, reconnaissaient pour président le cardinal Schvvarzenberg, archevêque de Prague. Les plus marquants parmi eux étaient MgrHéfélé, évêque de Rottenbourg, Mgr Haynald, archevêque de Colocza, Mgr Rauscher, archevêque de Vienne, Mgr Slrossmayer, évêque de Diakovar K Un quatrième groupe fut qualifié de groupe du tiers parti, parce que, moins vivement opposé à la définition que les amis de Mgr iDupanloup et du cardinal Schvvarzenberg, il la poursuivait avec moins d'ardeur que les amis de Mgr Dechamps. Il était présidé par le cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, et comptait parmi ses membres Mgr Guibert, archevêque de Tours, Mgr La\igerie, archevêque d'Alger, Mgr Bernadou, archevêque de Sens, Mgr Forcade, évêque de Nevers 2.

Il était indispensable de signaler, avant d'aborder le récit des débats conciliaires, l'existence et les tendances de ces quatre groupes, car ils représentaient exactement les quatre mouvements d'idées dont le monde catholique était alors le théâtre. Tandis, en effet, que, hors du concile, les uns défendaient le dogme de l'infaillibilité

première fois ce mot d'opportuniste ou plutôt de non-opportuniste^ en ajoutant : « Je vous demande pardon du mot ». (L. Veuillot, Rome pendant le concile, t. 1,

p. io4.)

1, Mgr Strossmayer, évêque titulaire de Bosnie, de Sirmium et de Diako\ar, avait sa résidence ordinaire à Diakovar ou Diakovo. D'où le titre d'évêque de Diakovar qu'on lui donnait communément.

2 . D'autres réunions furent ébauchées, qui n'eurent pas la m*me im[)orlance que celles que nous venons d'énumérer. Vers la fin de janvier 1870, Mgr Spalding, archevêque de Baltimore, essaya, dans un dessein d'union, d organiser un tiers parti, dont le programme serait la définition équivalente de l'infaillibilité, sans employer ce mot même. (Icard, Journal, p. i52-i53 ) D'autre part, Mgr Dupanloup et Mgr Darboy tentèrent d'organiser une « commission internationale » ayant pour but de régulariser l'action des divers groupes opposants. Mais le cardinal Mathieu et le cardinal de Bonnechose ayant refusé d'entrer dans celte voie, ce projet n'eut pas le succès qu'on s'était promis. (Icard, Journal, p 76, Ollivier, op. cit., t. II. p, 7.) Ces deux derniers cardinaux auraient patronné un autre projet : celui de réunir en un seul groupe les évêques français. Le cardinal Antonclii, au nom du pape, s'y opposa ; et, en présence de cette opposition, le projet n'eut pas de suite. (1c4.rd, Journal, p. 89, 5o, ôS-ôg.)

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pontificale et la dcfinltion immédiate avec une ardeur telle, qu'ils semblaient parfois oublier le droit divin des évêques et vouloir étouffer leurs délibérations ; tandis que d'autres soutenaient l'inopportunité d'une définition avec de tels arguments, qu'ils donnaient parfois à douter de leur croyance à la doctrine elle-même; des chrétiens, moins nombreux peut-être, ou plutôt qui paraissaient l'être moins parce qu'ils étaient moins bruyants et moins agités, avaient confiance que, par l'assistance de l' Esprit-Saint, les Pères réunis au Vatican sauraient trouver, pour définir le magistère suprême du chef de l'Eglise, la formule sereine qui proclamerait l'autorité absolue du pape sans paraître absorber en elle celle des évêques, la parole lumineuse et calme qui éclairerait, sans les aigrir, nos frères séparés. A ce résultat, par la grâce de Dieu, tous collaborèrent, les uns en faisant ressortir avec force le caractère absolu du dogme, les autres en rappelant à propos la maternelle sollicitude de l'Eglise, toujours attentive à dispenser son enseignement sous la forme la mieux adaptée aux besoins des âmes.

Parmi les prélats éminentsque nous venons d*6numérer, plusieurs ^es principaux DOiis sont connus déjà : Mgr Dupanloup, par le rôle décisif qu'il dégroupe, avait rempli dans la campagne pour la liberté de l'enseignement et par plusieurs des œuvres de son apostolat ; Mgr Manning, par l'éclat de sa conversion et par la haute situation qu'il avait aussitôt occupée dans l'Eglise catholique d'Angleterre ; Mgr Guibert, par la grande sagesse dont il avait fait preuve au milieu de controverses délicates. Sur un théâtre plus élevé, tous trois allaient déployer, le premier dans le groupe des « opposants », le second dans celui des « infaillibilistes », le troisième dans le « tiers parti », leurs éminentes qualités. Mais, à côté d'eux, et dans chacun de ces trois groupes, Mgr Dechamps de Malines, Mgr Pie de Poitiers, Mgr Héfélé do Rottenbourg, Mgr Strossmayer de Diakovar, Mgr Darboy de Paris, Mgr de Bonnechose de Rouen et Mgr Mathieu de Besançon, devaient exercer une telle action sur la marche des délibérations conciliaires, que l'histoire a le devoir de retracer, ne fût-ce que par quelques traits fugitifs, leurs physionomies caractéristiques.

Frère du ministre belge Adolphe Dechamps, qui avait pris une

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part active aux congrès deMalines, un moment disciple de La Men- MgT IV nais, puis prêtre, religieux rédemptorisle, évêque de Namur en i865, archevêque archevêque de Malinesen 1867, Mgr Auguste- Victor Dechamps était de MalioM. depuis longtemps connu par l'ardeur de son patriotisme, par la vivacité conquérante de son zèle apostolique, par la puissante originalité de ses doctrines apologétiques *. Unissant, ainsi qu'il disait, le « fait interne » et le « fait externe », il soutenait: i" que l'étude attentive de u l'homme tel qu'il est », fournit une preuve absolue de la nécessité de la révélation chrétienne ; 2** que la tradition vivante de l'Eglise catholique constitue par elle-même une preuve absolue de la vérité de cette même révélation 2. La première de ces propositions l'avait fait taxer de ijaïanisme ; la seconde l'avait fait soupçonner de fidcisme. Mais le concile du Vatican devait le venger de cette double accusation en déclarant i** que « du fait que Dieu a appelé l'homme à une fin surnaturelle », il résulte que « la révélation lui est absolument nécessaire » ^, et 2® que « l'Eglise est, par elle-même, un témoignage irréfragable de sa divine mission ». * Dès que la question de l'infaillibilité du pape fut posée, Mgr Dechamps en prit la défense. 11 y voyait la réponse pérempfeoire à l'erreur gallicane, qu'il avait combattue dès sa première jeunesse dans les journaux libéraux et ultramontains de Belgique ^. Mgr Dupanloup lui répondit, en s'excusant de contredire « son saint ami », et une vive polémique s'ensuivit entre les deux prélats 6.

Parmi les membres du groupe qu'il présidait, Mgr Dechamps Mgr Pie, n'avait pas d'auxiliaire plus actif dans sa campagne pour la définieveque ^j^j^ ^j^ l'infaillibilité, que Mgr Pie, évêque de Poitiers. D'une naissance très humble, né d'un cordonnier de village et d'une humble fille du peuple, mais d'une dignité de manières qui se révélait dans la gravité de sa physionomie et dans son port majestueux, Mgr Pie professait, en politique, le culte de la monarchie des Bourbons, et, dans les controverses religieuses, les idées les plus favorables au papo par rapport aux évêques, à l'Eglise par rapport à la société civile, à la

1. P. Sajhtraiii, Vie du cardinal Dechamps ^ archevêque de MaHnes, un vol in-S», Tournai, i884.

2. Voir Decha-mps, Lettres théologiques sur la démonstrat'on de la foi, ç. -96 et 3.

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