‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 284 sur 374 · Correspondant du 2.5 avril iqo.t, p. a68 et s · texte numérisé non relu

Correspondant du 2.5 avril iqo.t, p. a68 et s

Mgr Darboy,

archevêque de Paris.

Le cardinal de

Bonnechose.

archevêque de Houcn.

Le cardinal

Mathieu,

ar( hevêque

de Besançon.

et bâti uac catiiédrale avec le produit de la vente d'une partie de ses forêts, était aussi en correspondance avec le ministre Gladstone et le prince Michel de Serbie, qui traitaient avec lui comme avec une puissance. Au concile, presque toujours en opposition avec la majorité de l'assemblée, il se fera toujours écouter par elle, tant sou éloquence sera naturelle, prenante, toujours adaptée. Après avoir condensé ses idées en quelques notes, il improvisera ses discours dans un latin des plus purs K « Audacieux, souple, ému, spirituel, dit Emile OJlivier, Mgr Strossmayer est toujours éblouissant ^. »

Mgr Darboy représentait, dans Topposition, la diplomatie. « La pénétration et la sérénité, la fierté douce, avec un air d'insinuation qui captivait, voilà, — écrit un homme d'Etat bien placé pour connaître l'archevêque de Paris, — ce qu'on lisait sur le visage de Mgr Darboy. Pieux, régulier, très dévoué à ses devoirs épiscopaux, il tenait toutefois plus de Richelieu que de saint Vincent de Paul. Son âme puissante animait un corps frêle, qu'elle faisait pJoyer ; mais il apportait dans son commerce quelque chose d'aisé, d'entrant, d'enchanteur à quoi on ne résistait pas... L'empereur, à qui il inspirait une confiance entière, suivait volontiers ses indications sur les matières ecclésiastiques ^. t

Le cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, et le cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, étaient des esprits de moindre envergure que ceux dont nous venons de parler. Mais, moins en vue par leurs talents, ils exercèrent, sur les deux groupes dont ils eurent la direction, et, par là même, sur le concile tout entier, une influence très efficace. Le cardinal de Bonnechose avait porté la toge du magistrat avant de revêtir les livrées du sacerdoce ; prêtre, il avait exercé pendant cinq ans, à Rome, les fonctions de supérieur de Saint-Louis des Français. Il avait gardé, de sa première profession, le culte de la justice, le sens des alTaires, le goût des exposés méthodiques et clairs. L'archevêque de Besançon, ( pesant de corps et délié d'esprit », possédait, dans les discussions, un avantage trop rare parmi ses compatriotes : il maniait la langue latine avec une dextérité et une élégance qui ne lui laissaient rien à envier à Mgr Stross-

1, « Il y avait une raison, disait-il avec esprit en 1906, pour que je ne m'entendisse pas, au concile, avec la majorité des évêques : ils parlaient an si mauvais laiin 1 » (Correspondant du 30 avril iQoS, p 270.)

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