Ibid., p. a
La plus grande
liberté
est laissée
à la discussion.
Principales
modifîcatioDs
apportées
au projet
par les
amendements
de la
minorité.
du mémorandum, nous lui avions répondu : Non, nous ne prenons parti pour personne. Nous adressâmes la même réponse à la minorité ^ »
Cent dix-huit orateurs s'étaient fait inscrire pour prendre la paro'e sur le quatrième chapitre 2. Mais, au cours des discussions précédentes, la lumière s'était faite peu à peu. « Pour moi, écrit le cardinal Manning, je puis déclarer en conscience que tous les arguments généraux avaient été épuisés depuis longtemps. On avait, en outre, tellement anticipé sur la discussion spéciale des détails, que pendant plusieurs jours on n'entendit rien de nouveau. La répétition devenait fastidieuse 3. » De plus, les chaleurs étaient accablantes. Soixante et un Pères renoncèrent à leur droit de parler.
Les amendements présentés par les orateurs eurent cependant d'heureuses conséquences. La commission, après en avoir pris connaissance, présenta, cinq jours plus tard, un texte notablement amélioré. Au titre primitif ; De romani poniificis infaUihiiUale , elle avait substitué celui-ci : De romani poniificis injallibili magisterio, afin de bien marquer qu'on entendait parler d'une assistance accordée à la fonction, au magistère. Elle avait, de plus, introduit la formule cum ex cathedra loquitur, formule qui avait l'avantage d'être traditionnelle, car elle était en usage dans les écoles théologiquc^s *. En troisième lieu, elle avait qualifié le privilège d'infaillibihté de charisma, ce qui éveillait l'idée d'une grâce gratis data, c'est-à-dire donnée pour le bénéfice des autres, et non d'une grâce gralum /(Xciens, c'est-à-dire qui sanctifie celui qui en est l'objet, et qui aurait pu suggérer l'idée dimpeccabilité dans celui à qui elle aurait été attribuée. Enfin, le savant rapporteur, Mgr Gasser, évêque de Brixen, expliquait que l'infaillibilité du pape, telle qu'on proposait delà définir, n'avait pour objet, comme l'infaillibilité de l'Eglise, que la conservation et l'explication du dépôt de la foi révélée. Celte dernière remarque était de nature à rassurer ceux qui s'effarouchaient à la pensée de voir le pape proclamer des « dogmes nouveaux ^ ».
1. Voir la lettre de Mgr Darboy, dans Oluvier, op. cit., t. II, p. a36-a38.
a. Granderath, t. III, 2^ partie, p. 89.