Coll. lac.f col. 473 et s
3 « Ces définitions du pontife romain sont irréformables par elles-mêmes, non en vertu du consentement de l'Eglise. »
4. Gr\nderath, op. cit.f t. III,' 26 partie, p. 126. On voit combien est fausse l'accusation portée par Friedrich et rapportée par E. de Pressensé (te Concile du Vaùran, un vol. in-12, 2® édition, Paris. 1Ô79, p. 3i6. — Cf. Ollivier, op. cil., t. Il, p 337.) Dans des vues de pacification, on avait aussi retranché la condamnalion expresse de la doctrine qui attribue au pape une part pré[)Ondcrante, mais non la plénitude de la puissance suprême Mais Mgr Freppel, qui avait fait admettre cette formule, insista, et obtint la réinsertion dans le texte de ces mots : aut eum habere lanlum potiores partes, non vero iolam pUnitudineni hujus supremae potestatis. Par là on coupait court à certains subterfuges du gallicanisme, dont on a> ait trouvé des traces dans l'ouvrage He Mgr Maret. Voir Cornut, Mgr Freppel d aprèj des documents authentiques et inédits, un vol, in-80, Paris, 1893, p. iC6.
membres D'avaient plus de choix qu'entre l'acceptation et le refus. D'après les usages, ce vote devait être renvoyé au dimanche suivant, en session publique. La nouvelle du grave conflit qui venait d'éclater entre la France et la Prusse détermina les Pères à avancer cette Spcuînn date. La session publique fut fixée au surlendemain, 18 juillet. Le
du iS juillet président de l'assemblée lut ensuite un monitum du Saint-Père ï87o. déclarant que les Pères qui auraient des raisons de s'absenter, soit pour des motifs de santé, soit pour des motifs d'affaires, pourraient retourner dans leur diocèse jusqu'au 1 1 novembre, fête de saint Martin, à la seule condition de prévenir de leur départ le secrétaire du concile *.
Qu'allaient faire les membres de la minorité ? Laissons la parole à l'un de ces prélats. « La veille du jour où le schéma de l'infaillibilité devait être lu en séance générale, raconte Mgr Dupont des Loges,
Cinquante- évêque de Metz, nous nous réunîmes, les évêques de la minorité,
cinq membres . , . , .11.1 • /> 1 1.
de la pour examiner la conduite a tenir. Notre avis fut de dire : Non
minorité placet. Ms^T Dupanloup arriva en retard. On lui fit connaître la résodecident de ne t . . xi t .-i • i ,
pas assister lution prise, il nous dit qu il ne pouvait se rendre a notre manière
a la séance ^q yoir : que nous ne pouvions pas dire placet, on ne nous croirait pour ne pas ^ . f. / i 1 1 ,.
attrister P^s ; quc nous ne pouvions pas dire non placet, le monde catholique
le Saint-Père ^g qous comprendrait pas et peut-être se scandaliserait ; qu'il fallait par un , . . . ,
non placet. s'abstenir. Son avis prévalut *. » Une lettre au Saint Père fut aussitôt rédigée et signée par les cinquante-cinq évêques adhérant à la décision. La lettre, conçue en termes respectueux, annonçait au pape que, pour ne pas avoir la douleur de dire, « en face de leur Père, dans une question qui le touchait de si près : non placet », ils allaient retourner dans leurs diocèses ^. Plusieurs quittèrent Rome le soir même.
Le lendemain, 18 juillet, à neuf heures du matin, la session publique eut lieu, suivant le cérémonial ordinaire, dans la grande salle du concile. Au moment du vote, un orage, qui grondait sourdement
I^vote. sur Rome depuis le matin, éclata subitement « Les placet des Pères, dit un témoin protestant, luttaient avec l'ouragan, au milieu du grondement du tonnerre, à la lueur des éclairs, éclatant à toutes les
1, Coll. lacensis,\u, col. 761.
a. Ce récit de Mgr Dupont des Loges, fait à M. 1 abbé Bourdon, chanoine de tiennes, a été publié par M. Brancherbau dans une note du Journal intime de Mgr Dupanloup, un vol. in-12, Paris, 190a, p. 3ii.
3. Voir la lettre dans E Ollivibr, op. cit., t. II, p. 344-346.
LE CONCILE DU VATICAN
fenêtres, illuminant le dôme et toutes les coupoles de Saint-Pierre... Ceci dura sans interruption pendant une heure et demie. Jamais je n'ai assisté à une scène plus grandiose et d un effet plus saisissant*. » Cinq cent trente-cinq Pères étaient présents. On entendit seulement deux non place t. Ce furent ceux de Mgr Riccio, évêque de Cajazzo, dans les Deux-Siciles, et de Mgr Fitzgerald, évêque de Little-Rock, dans les Etats-Unis. Ces deux prélats n'avaient pas assisté à la réunion des évoques de la minorité, et on avait oublié de leur faire connaître la décision prise. Ils se soumirent l'un et l'autre aussitôt après la définition du dogme. On rapporte qu'au moment où le pape sanctionna de «on autorité suprême la Constitution dogmatique, un grand calme se produisit dans l'atmosphère, et qu'un brillant rayon da soleil illumina le visage du pontife. C'était le symbole de l'œuvre entière du concile, qui s'était ouvert et pouisuivi au milieu de tant d orages, et qui se terminait dans la lumière et dans la paix.
Le lendemain, 19 juillet 1870, le chargé d'affaires de France à Berlin portait à ki chancellerie une déclaration de guerre à la Prusse. Le 2 août, l'empereur Napoléon III déclara que, la guerre qui venait de s'ouvrir réclamant toutes les forces de la France, il était disposé à retirer ses troupes de Rome.
Or, déclare l'historien allemand du concile du Vatican, « c'est grâce à la protection armée de la France que le concile avait pu durer jusque-là ^. » On avait désormais tout à craindre de la violence des troupes révolutionnaires et de la complicité de la cour de Florence.
On espéra un moment, à Rome, que l'Autriche prendrait dans la Ville sainte le poste d'honneur abandonné par Napoléon III ; mais on apprit bientôt qu'au contraire le comte de Beust, premier ministre de l'empire austro-hongrois, proposait à l'empereur des Français de faire l'abandon de Rome à la monarchie de Savoie*. Le roi de Prusse, sur qui quelques catholiques italiens avaient aussi compté ^, informait Victor-Emmanuel que « les sympathies de la Prusse pour la personne du Saint-Père avaient leurs bornes naturelles dans les bons rapports
La
Constitution Paslor aelernus
est votée
par 533 voix
sur 535.
Les deux
opposants se
soumettent
aussitôt.
Déclaration
de guerre
entre la Franoe
et la Prusse
(19 juillet
Les troupes
françaises
quittent
RoQoa.
L'Autriche et la Prusse
se montrent favorables à une intervention de Victor- Emmanuel à Rome.
1. Cité par Brugère, Tableau de l'histoire *t de la littérature de l'Eglise^ p. 1176-