Ibid., p
4. Sur les derniers moments et la mort de Victor-Emmanuel, voir Guanthel, Annales ecclêsiasliqups^ au 9 janvier 1878, p. 691-698.
LE CONCILE DU VATICAN A LA MOUl DE PIE IX
Dans toutes ces épreuves de la papauté, quelle avait été la part de responsabilité des gouvernements de la France P
Le gouvernement autrichien ayant, le 20 juillet 1870, suggéré au gouvernement français l'idée d'une entente qui aurait pour bul délivrer Rome aux Italiens S le garde des sceaux du gouvernement impérial, Emile Ollivier, avait aussitôt déclaré cette idée « pitoyable et impraticable )) 2, et Napoléon III s'était pleinement rangé à l'appréciation de son ministre ^. Le gouvernement pontifical fut néanmoins informé que, la France ayant besoin de toutes ses forces dans la guerre qu'elle avait à soutenir contre la Prusse, l'empereur se voyait dans la nécessité de retirer ses troupes de Givita-Vecchia. Etait-ce là le vrai motif P Dans une dépêche adressée le 3i juillet par le ministre français des affaires étrangères à son ambassadeur à Rome, M. de Banneville, un autre motif était invoqué. « Assurément, disait la dépêche, ce n'est pas par une nécessité stratégique que nous évacuons TEtat romain... Mais la nécessité politique est évidente... Nous devons nous concilier les bonnes intentions du cabinet italien *. »
De cette politique de Napoléon III on pouvait dire, une fois de plus, qu'elle était au moins équivoque. Beaucoup de catholiques la jugèrent avec plus de sévérité, quelques-uns murmurèrent les mots de lâcheté et de sacrilège. Louis Veuillol, envisageant les éventualités de la guerre, écrivit : « Nous avons une belle armée et de belles forteresses ; mais si nous abandonnons Rome, et si Dieu se demande à quoi lui sert la France... ^ »
Pic IX se montra vivement aiïligé de l'attitude du gouvernement français ; mais sa tristesse ne l'empêcha point de s'intéresser au sort delà France, Le i3 novembre 1870, il écrivit au roi de Prusse pour le conjurer d'arrêter l'effusion du sang chrétien ^. « Je ne passe pas un seul jour, disait-il, sans prier Dieu pour la France, dont l'image se
I. Voir la dépêche dans Chamkel. p. SgS. '» I-^ Oi.LiviER, op. cit.^ t. Il, p. 474. 3. Ibid.
l\. CllAMHEL, p. 894.