‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 32 sur 374 · BuMNicHON, op. cit., t. I, p · texte numérisé non relu

BuMNicHON, op. cit., t. I, p

3. Thureau-Dangin, le Parti libéral sous la Restauration, p. 386. Cf. Chateaubrta:nd, Mémoires d' Outre-tombe, édition Biré, t. II, p. i56-i58.

4. Député aux Etats généraux par un bailliage d'Auvergne, et, par suite, membre de l'Assemblée Constituante, Montlosier y prononça, dit-on, lors de la discussion sur la Constitution civile du clergé la fameuse phrase sur « la croix de bois qui a sauvé le monde ». C aleaubriand a rapporté ainsi cette phrase : « Je ne crois pas,

LEON XII

la Chambre, les révolutionnaires d'exlrême gauche voisinaient parfois avec cet « ultra ». Ils se rejoignaient par plusieurs points, comme la Constitution civile du clergé avec les maximes sur le» Libertés gallicanes de Pierre. Pithou, comme l'absolutisme de la Convention avec celui des mauvais jours de l'Ancien régime.

En août 1825, le comte de Montlosier publia, dans le journal le Drapeau blanc, deux lettres retentissantes contre les jésuites. Au mois de février 1826, il fit paraître un ouvrage intitulé : Mémoire à consulter sur un système religieux et politique tendant à renverser la religion y la société et le trône ^.

Le livre était lourdement écrit, maladroitement charpenté ; il fourmillait d'erreurs et de contradictions ; mais il était véhément, agressif, plein de révélations mystérieuses, de personnalités violentes, d'affirmations déconcertantes, d'allusions suggestives. On y voyait la Compagnie la Compagnie de Jésus, grâce à a un système d'application, le plus perfectionné depuis Pythagore », « portant au delà des mers le joug tantôt fleuri, tantôt sanglant de sa domination » 2. On y lisait, sans que la moindre preuve, d'ailleurs, fût apportée à l'appui de ces assertions, que l'affiliation de Louis XIV à la célèbre Compagnie était « à peu près certaine » ^, que « Saint-Sulpice, comme chacun sait », était « une création et une affiliation des jésuites » *, qu* « au moyea d'une association dite de Saint- Joseph, tous les ouvriers étaient enrégimentés » ; qu' « il y avait, dans chaque quartier, une espèce de centenier », que « le général en chef était l'abbé Loeven, jésuite secret^, » que les marchands de vin ^, les domestiques, "^ étaient pareillement organisés ; que la chambre des députés comptait « au moins

Le Mémoire

à consulter

(février 1826).

{Attaques

violentes

contre

Messieurs, quoi qu'on puisse faire, qu'on parvienne à forcer les évêques à quitter leur siège. Si on les ciiasse de leur palais, ils se retireront dans la cabane du pauvre qu ils ont nourri. Si on leur Ole une croix d'or^ ils prendront une croix de bois ; c'est une croix de bois qui a sauvé le monde. » Plus tard, dans les Mémoires d' Outre-tombe, Chateaiibriand est revenu sur cet incident. « Montlosier, écrit-il, était resté à cheval sur la renommée de sa fameuse phrase de la croix de bois, phrase un peu ratissée par moi quand je l'ai reproduite, mais vraie au fond. » (Ghatea.ubriaîïd, Mémoires d'Outre- tombe, édition Biré, t. II, p. i56). La phrase, en effet, porte bien la manjuc de (Chateaubriand : le style rocailleux du gentilhomme auvergnat a dû être ratissé par l'harmonieux écrivain. Cf. Hemuoh, Vie du P. Loriquet, ch. xvi.

I, BuRHicuoN, op. cit., t. ler^ p. 347-887. a. Mémoire, p. 10-2 1.

Page 1