Ibid., p
Momlosier
cherche à montrer les jésuites
comme
des ennemis
des rois
et de la société.
Les libéraux applaudissent
aux attaques de Montlosier.
Les jésuites sont dénoncés
la cour royale
de Paris
et
à la Chambre
des pairs.
cent cinq congréganistes » ^ liés par serment à la terrible Compagnie ; que jadis même « un ministre du roi avait été trouvé, à sa mort, revêtu des insignes consacrés par l'affiliation » 2.
Après avoir exposé ces prétendus faits, l'auteur du Mémoire à consulter prétendait préciser le but caché de toutes ces entreprises, tl le définissait ainsi : « Employer la religion comme moyen politique, et la politique comme moyen religieux ; faire obéir à Dieu par ordre du roi, et avec l'autorité du roi étendre l'autorité des prêtres. » Mais les rois devaient être les victimes de pareilles combinaisons, car, ajoutait Montlosier, d'un ton tragique, « on connaît l'existence frêle et viagère des princes... Gomment pense-t on qu'ils pourront lutter avec une puissance qui ne naît ni ne meurt... qui a sa milice, un général, avec lequel elle décide quand et comment elle doit obéir au souverain ? »
Le Mémoire à consulter paraissait à son heure, au lendemain de deux procès retentissants intentés au Constitutionnel et au Courrier français. Ces deux journaux le comblèrent d'éloges. Le Journal des Débats appela Montlosier « le flambeau de la France d. On exalta sa personne et son rôle. On feignit d'oublier les palinodies dont il avait donné le spectacle sous l'Empire. On affecta de ne voir en lui que le noble émigré de Coblentz et de Londres, l'ami de Chateaubriand, le catholique intrépide qui avait fermé la bouche aux incroyants par son éloquente tirade sur la croix de bois des évêques ; et on loua ce royaliste, ce croyant, d'avoir été assez indépendant et assez courageux pour dénoncer le grand péril qui menaçait à la fois l'Eglise et la société, h' Ami de la religion, le Mémorial catholique, la Quotidienne relevèrent facilement les calomnies du pamphlet. Le vicomte de Donald le réfuta dans une brochure spéciale 3. Mais Montlosier, se sentant soutenu à la fois par les gallicans du royalisme, par les jansénistes, que Tabaraud et Lanjuinais conduisaient à la bataille, et par les libéraux, dont le Constitutionnel et les Débats excitaient les rancunes, redoubla d'audace. 11 adressa à la cour royale de Paris une dénonciation en forme contre la Compagnie de Jésus. Quarante avocats du barreau parisien souscrivirent à ses conclusions, qui demandaient l'application aux jésuites de tous les moyens de
I. La Chambre comptait exactement cinq membre» de la Congrégation (G. de. Grandma.ison, la Congrégation, p. 3i2.) 3. Mémoire, p. .27.