‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 320 sur 374 · G Gqyau. Bismarck et V Eglise, t. I, p · texte numérisé non relu

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2. Parfois, il est vrai le Kulturkampf paraîtra être la lutte contre le parti du Centre, ou la lutte contre la Constitution de i85o ; maison s'aperçoit bien qu'au fond tout se ramène à la lutte contre le romanisme.

3. Kannengieser, Catholiques allemands, un vol. in-ia, Paris, 1892, p. 25.

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des cultes. Ce premier pas fait, les mesures de violence se succédèrent

rapidement. La première loi persécutrice fut votée par le Reichstag.

Elle permettait aux tribunaux de condamner à la peine de la prison ^-^

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OU de la forteresse les prêtres qui « abuseraient de la chaire pour de la chaire ». mettre en danger la paix publique * ». Sous cette formule, la voie la plus large était ouverte à l'arbitraire.

La seconde loi persécutrice émana du Landtag prussien. Mais Bismarck, en la présentant, entendait bien qu'elle devînt une loi pour l'Allemagne entière. Cette loi avait pour objet l'organisation scolaire. Après la création de l'Empire, il s'agissait de dresser les esprits dans Técole, comme on dressait les corps dans la caserne. Le 19 novembre 1871, le ministre déposa sur le bureau de la Chambr-e un projet de loi qui rendait l'Etat maître absolu de l'école. L'Etat La loi scolaire s'arrogeait le droit d'enseigner le catéchisme aussi bien que le calcul ^^ ^^^^^ jg^^ et l'orthographe 2. La loi fut votée le 1 1 mars 1872, après une discussion des plus mouvementées. Elle fut l'occasion du premier grand duol oratoire entre le chancelier de fer et un député hanovrien jusquelà peu connu en dehors de sa petite patrie, Louis Windthorst.

Celui qu'on appelait déjà « la petite Excellence » était tout petit Louis

de taille. Avec son crâne énorme, ses petits yeux foui Heurs et sa figure coupée en deux par une large bouche, que le moindre accès de rire écarquillait encore, on cûtdit une caricature vivante détachée de quelque dessin deCallot. Né, le 17 janvier 1812, en terre saxonne, d'un paysan-avocat, qui se livrait à la fois au travail des champs et à la jurisprudence, Louis Windthorst avait d'abord exercé. Ses onginea comme soq père, la profession d'avocat. En 1887, les persécutions exercées contre l'illustre archevêque de Cologne l'avaient profondement indigné ; le machiavélisme de la bureaucratie prussienne, dont il fut le témoin, laissa en lui des souvenirs qui l'obsédèrent toute sa vie. Entré au parlement de Hanovre en i8'/i8, il y avait pris aussitôt une place importante. En i85i, le roi lui confia le ministère de la justice. En 1870, il crut d'abord, comme Ketteler, que la défaite de la France favoriserait le développement du catholicisme en Allemagne. Sa désillusion fut profonde. Il ne cessa pas d'aimer sa patrie allemande; mais, entré au Landtag, il y devint bientôt un des orateurs les plus actifs de ce Centre catholique, qui se proposait, tont

I. ^'oi^ la loi dans Chantrel, p. 696 ; Gotau, op cit., p. aog. Cette loi e«l connue en Allemagne sous le nom de « paragraphe de la chaire », 2 CiuriTREL, p. 6i5-6i8.

Son éloquence.

S.1 tactique Labituelle.

Son intervention

dans

ta discussion

de la loi

scolaire.

Boponse de Bismarck.

en restant sur le terrain conslilulionnel, de défendre l'Ef^i se contre tout empiétement du pouvoir civil.

Celui qui devait être bientôt le chef incontesté du Centre catholique au Reichstag n'avait rien de l'éloquence ample et sonore qu'on admirait alors en France chez un Montalembert et un Berr^er. Ce n'était pas, non plus, le logicien rigide, déduisant d'un principe solidement établi des conséquences rigoureusement enchaînées. Plus discuteur qu'orateur, plus tacticien que dialecticien, ses interventions dans un débat étaient des manœuvres. On craignait ses bons mots, ses ripostes spirituelles, ses allusions touchant le point sensible. Il fut un des plus grands interrupteurs du parlement germanique ; mais ses adversaires l'interrompaient le moins possible ; ils savaient qu'au lieu de le déconcerter, ils exciteraient au contraire l'âpreté de ses ripostes ^

Dès ce premier grand débat, Windthorst se révéla avec toutes ses qualités de verve et de merveilleux à-propos. Le matérialiste Virchow, le juriste Gneist, le radical Lasker et le ministre sectaire Falk venaient de s'efforcer de prouver que toutes les fractions du parlement devaient se coaliser pour défendre l'Etat contre les entreprises d'un ennemi extérieur, de l'Eglise. L'Etat, les intérêts de l'Etat, la défense de l'Etat : tels étaient les mots qui revenaient sans cesse sur les lèvres des orateurs. Windthorst, de sa petite voix grêle, mais qu'on sentait implacable, demanda importunément : « Cet Etat, sur quel principe repose~t-il ? Est-ce sur le principe monarchique, jusqu'ici respecté ? Est-ce sur un principe inverse, dernièrement découvert par le chancelier ? » C'était faire comme une trouée dans la majorité si péniblement composée par Bismarck ; c'était même opposer Bismarck au roi lui-même. Le député hanovrien continua son discours, plein d'allusions pénibles, de personnalités lointainemeut visées. On dit qu'à l'entendre, le chancelier faillit perdre l'assurance dont il se départait si rarement. Quand il se leva pour répondre, ce fut pour se dérober par l'outrage, par l'invective violente, excessive, aux indiscrètes questions du député catholique. Il déclara que le clergé avait plus à cœur les intérêts de la religion catholique que le développement de l'empire allemand ; il essaya de brouiller Windthorst avec le Centre, en le présentant comme un ora-

i.Guizot, qui l'avait observé, disait: «C'est le premier discuteur de notre éuouue. »

LE CONCILK DU VATICAN A LA MORT DR PIE IX DqC)

leur compromettant. Bref, la loi fut volée avec une majorité de 02 voix ; mais Bismarck comprit qu'il avait désormais à lutter contre une puissance qui, à chaque empiétement sur les droits de l'Eglise catholique, se dresserait devant lui.

Le i5 mai 1872, ce fut eu plein Rcichstag que Bismarck dut, Le « Centre

p . ,,,. 1 , ^1 T , catholique »

encore une lois, se mesurer aVec Windllioist. (^omme au Landtag au Reichsia". prussien, les députés catholiques du Ueichslag, parlement de l'empire, s'étaient réunis en un groupe dénommé Centre, et le député do , ^^^ .

__ . 'l'Ai •» 1 TT -II- d'expulsion

Hanovre y avait conquis bientôt la première place. Un piojet de loi contre demandait que les jésuites fussent expulsés de toute l'Allemagne. ^«^ jésuites Suivant sa tactique, Windthorst démasqua le but secret du chance- (18-a). lier. (( Je vois votre dessein, s'écria-t-il. Vous avez essayé de fonder, avec Dœlhnger, une Eglise nationale. Vous avez échoué, mais pour reprendre un projet plus odieux : vous voulez détacher les catholiques allemands de l'obéissance au Saint-Siège pour les soumettre au knout de votre police. » Les démocrates et quelques progressistes votèrent avec le Centre ; mais la loi qui exilait k-s jésuites fut adoptée par i83 voix contre loi et publiée le l\ juillet 1872 '.

Combien Windthorst avait vu juste, les événements ne tardèrent Les

pas à le montrer. En 1872, Bismarck préparait déjà cette Constitution civile du clergé d'Allemagne, si tristement fameuse, sous le nom de Lois de Mai. On a su, depuis, que le chancelier de fer avait été puissamment aidé dans cette préparation par la franc-maçonnerie « C'était un maçon très fidèle et très pratiquant, dit Georges Goyau, que Guillaume I"^ ; un maçon même qui, s'il faut en croire Bismarck, protégeait volontiers, dans leur carrière de fonctionnaires, certains de Intervention ses frères 2. >) Tout indique que le ministre Falk, principal maçonnerie auteur des Lois de Mai, fut, dans sa campagne, le porte-voix des loges et l'exécuteur de leurs desseins. D'ailleurs la presse maçonnique d'Allemagne n'a pas craint de s'en faire gloire. ^ Nous croyons, écrivait, à la date du 26 octobre 1878, le Hérault Rhénan, pouvoir légitimement affirmer que c'est l'esprit de la franc-maçonnerie qui, dans le dernier procès qui s'instruit contre l'ultramontanisme, a prononcé sa sentence 3. «Quelques jours après, la Freimaurer Zeitung,

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