‹ Histoire générale de l'Église (volume 4)Chapitre 331 sur 374 · Ibid , p · texte numérisé non relu

Ibid , p

diaire d'une agence générale dépendant du ministre d'Etat *.

Entre temps, l'Etat, manquant à ses engagements les plus formels et à ses obligations les mieux établies, négligeait, sous prétexte d'embarras financiers, de payer au clergé les traitements fixés par la Constitution du 6 juin 1869. « Voici bientôt deux ans et demi, disait une Adresse de l'épiscopat espagnol datée du 22 octobre 1872, que le clergé n'a pas reçu un centime de ce qui lui est dû *. i; L'abdication du roi Amédée, et la proclamation de la République espagnole par la Chambre, le 11 février 1878, aggravèrent la situation. Un certain nombre de catholiques espagnols mirent leur espoir dans le triomphe du prétendant Don Carlos, qui, en juenant les armes pour la conquête du trône, avait dit : « Ma mission est de combattre la Révolution, et je la tuerai. » Les libéraux d'Espagne lui opposèrent le (ils d'Isabelle, qui prit le nom d Alphonse XIl. Ce fut ce dernier qui l'emporta. Pie IX, sollicité de part et d'autre d'intervenir, s'était contenté de répondre qu' u il donnait bien des bénédictions apostoliques, mais non des bénédictions politiques ». Alphonse XII inaugura son règne par plusieurs mesures favorables à l'Eglise. Il ordouna de rendre aux autorités ecclésiastiques les archives, les bibliothèques et les objets d'art dont l'Etat s'était emparé, à fexception de quelques objets d'art ou manuscrits précieux, qui furent attribués à des établissements publics. Il rétablit en grande partie la dotation du clergé et annula les dispositions les plus fâcheuses du décret du 20 juin 1870 relatif au mariage religieux ^.

Les dispositions sévères de la loi du 29 juin 1870 contre les carlistes irritèrent vivement les catholiques espagnols, car plusieurs de leurs chefs se trouvèrent atteints par ces mesures. Le roi Alphonse chercha à en atténuer l'eftet en montrant que le but visé par la législation était uniquement politique. Il insista auprès du Saint-Père pour obtenir Tenvoi d'un nonce à Madrid ^ ; et le nonce, Mgr Simeoni, énergiquement secondé par l'épiscopat, agit si bien que le gouvernement espagnol renonça à admettre sur le même pied les sectes dissidentes de la religion catholique et la religion catholique elle-même ^.

Proclamation

de la

République

espagnole

(i I février

Avènement

d'Alphonse XII

(39 décembre

II atténue

la rigueur

des mesures

prises contre

l'Eglise,

Rétablissement de la nonciature de Madrid.

Chantrel, p. 601,

Ibid., p 697.

Itnd., p. 345.

Ibid , p. 399.

luid.^ p. 3Jo.

ibid., p. 609.

6rG

TTISTOITVK GENFRALF DK L EGMSB

constitution

de 1876

proclame

le catliolicisn)c

religion

d'Etat.

L'opposition

carliste dépose

les armes.

La Lonslilutioii de 1876 proclama le catholicisme religion d'Etat, en maintenant toutefois la liberté de conscience, et imposa d'une manière générale « le respect dû à la morale chrétienne ». Autour de cette Constitution, le gouvernement d'Alphonse XII fmit par grouper une sérieuse majorité. Le i*"" mars 1876, Don Carlos avait solennellement déposé les armes. « Son drapeau, disait-il, resterait plié, jusqu'à ce que Dieu fixât l'heure suprême de la rédemption de l'Espagne catholique et monarchique ^ » Peu à peu l'épiscopat et le clergé, dans leur ensemble, allaient se rallier à la cause d'Alphonse XII.

YIÎ

L'Eglise

catholique

en Angleterre.

Irritation produite dans

la Haute- Eglise par la

définition du dogme de l'infaillibilité

pontificale.

Une motion

du Parlrmiii

demande

une enquête

-ur les biens

des

monastères

Comme l'Espagne catholique, la protestante Angleterre, au lendemain du concile du Vatican, avait pris une attitude d'abord hostile à l'Eglise, mais qui se modifia peu à peu dans la suite en un sens moins défavorable.

L'irritation produite dans la Haute-Eglise d'Angleterre par la définition du dogme de l'infaillibilité se manifesta d'abord par le titre de docteur de l'Université d'Oxford conféré à Dœllinger, puis par la participation de deux évêques anglicans et d'un certain nombre de clergymen au congrès tenu en 1872 à Cologne parles Vieux-catholiques -. Dans les sphères gouvernementales, le mécontentement déterminé par le mouvement de renaissance de l'Eglise catholique s'était traduit, le 29 mars 1870, par l'adoption au Parlement d'une motion invitant les pouvoirs publics à faire une enquête sur l'organisation intérieure des institutions monastiques et sur l'origine de leurs propriétés. Sur la proposition de Gladstone, les Chambres britanniques atténuèrent, par un vote du 2 mai, cette décision trop dure, et statuèrent que l'enquête serait faite exclusivement sur les sources des biens monastiques, et non sur leur discipline intérieure ; mais même avec cette restriction, la mesure parut tyrannique aux catholiques ^. D'autres mesures analogues furent prises, au cours de la même année *. Les catholiques, désormais formés à la vie publique, orga-

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